Africa-Press – CentrAfricaine. Ce lundi 30 mars 2026, aux environs de 9 heures, les mercenaires russes basés à Zémio ont quitté la ville pour une « patrouille ». Ils se sont dirigés vers le village de Tabane, situé à environ 20 km de Zémio, sur l’axe Bangui-Zémio (direction Rafaï).
Ils sont arrivés dans le village comme si c’était le jour de l’enfer. Porte après porte, ils ont enfoncé les habitations, sorti les habitants de force, les ont tabassés sans distinction, hommes, femmes, enfants, vieillards. Ils fouillaient les maisons, cassaient tout et emportaient ce qu’ils voulaient. Les villageois, terrorisés, ne comprenaient rien à cette violence soudaine.
Pourtant, ces populations venaient à peine de sortir de la brousse. Depuis le déclenchement des hostilités en avril 2025 dans le Haut-Mbomou, la plupart des habitants de la région, y compris ceux de Tabane, s’étaient réfugiés en brousse pour fuir les combats. Ils commençaient tout juste à regagner leurs villages grâce aux efforts répétés d’une coalition de religieux — catholiques, musulmans et protestants — qui ont mené des missions de sensibilisation, soutenues par les autorités locales.
Ces initiatives de paix avaient permis un retour progressif et prudent des déplacés. Mais les mercenaires russes (souvent encore appelés « Wagner », même si le groupe a évolué vers l’Africa Corps) ne semblent pas en tenir compte. Ils traitent ces civils comme des suspects: miliciens zandé, criminels ou complices… Personne ne sait exactement ce qu’ils pensent.
Le résultat est le même: tabassages, pillages et intimidation, alors que les populations tentent simplement de reconstruire leur vie.
Pendant ce temps, à Bangui, le nouvel empereur de Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra prononçait un discours dans le stade 20 000 places devant ses militants, sous la pluie, célébrant hypocritement son troisième mandat de sept ans. Au même moment, à plus de 1 000 km de là, dans le Haut-Mbomou, les « messieurs russes » continuaient de frapper et de terroriser les civils à Zémio et ses environs.
Cette violence gratuite sape tous les efforts de retour à la normale dans une région déjà profondément meurtrie par des années de conflit, de déplacements et de tensions intercommunautaires entre Zandé, Peul et autres groupes.
Source: Corbeau News Centrafrique
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