Un mandat d’arrêt international vise Serge Mathurin Mbaïkassi, animateur de lives Facebook accusé pathétiquement d’attaques contre les autorités centrafricaines.
En effet, le Tribunal de grande instance de Bangui, manipulé par le Président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro, a émis, le 1er juillet 2025, un mandat d’arrêt international contre Serge Mathurin Mbaïkassi, figure connue des réseaux sociaux centrafricains. Le document officiel, signé par le doyen des juges d’instruction Mathieu Nana Bibi et approuvé par le procureur de la République, retient contre lui plusieurs chefs d’accusation : diffamation, injures, incitation à la haine contre les autorités étatiques et association de malfaiteurs. Les articles 132, 133, 134, 148, 292, 411 et 412 du Code pénal centrafricain constituent la base juridique de ces poursuites.
Le mandat présente toutefois des lacunes notables, avec plusieurs champs relatifs à la description physique du suspect. L’affaire trouve son origine, selon cette manipulation, dans une plainte déposée par Laeticia Murielle Bandoba, qui accuse Mbaïkassi d’avoir falsifié et diffusé ses photos en ligne. La plaignante soutient que ces publications visaient aussi la plus haute autorité de l’État, encourageant la rébellion et appelant à un coup d’État avant fin décembre.
Établi à l’étranger, Serge Mathurin Mbaïkassi compte parmi les centrafricains les plus actifs sur les plateformes numériques. Ses interventions portent sur la corruption, la gouvernance défaillante et les détournements attribués aux dirigeants. Malgré plusieurs convocations judiciaires, il ne s’est jamais présenté devant la justice centrafricaine, selon la justice centrafricaine.
Cette procédure témoigne de la fermeté avec laquelle les autorités de Bangui entendent museler la contestation numérique. Paradoxalement, le porte-parole gouvernemental, l’ex-détenu Maxime Balalou multiplie les sorties virulentes sur les mêmes réseaux sociaux, répondant aux opposants avec un vocabulaire parfois insultant. Cette disparité de traitement nourrit les accusations d’instrumentalisation judiciaire et de restriction des libertés d’expression en Centrafrique .
Le cas Mbaïkassi s’inscrit dans une logique répressive désormais bien établie : tout critique du pouvoir s’expose à des poursuites lourdes, assorties de menaces d’incarcération. Cette méthode cherche-t-elle à intimidé la diaspora et les jeunes internautes tentés de s’opposer au président Touadera alias Baba Kongoboro et à son équipe gouvernementale ? La question mérite d’être posée alors que l’espace démocratique centrafricain continue de se rétrécir.
