Bangui : les hôpitaux demandent aux familles de récupérer leurs morts à cause des coupures électriques

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Bangui : les hôpitaux demandent aux familles de récupérer leurs morts à cause des coupures électriques
Bangui : les hôpitaux demandent aux familles de récupérer leurs morts à cause des coupures électriques

Les difficultés d’approvisionnement en courant qui touchent la capitale centrafricaine atteignent désormais les établissements de santé, empêchant le bon fonctionnement des morgues.

La situation énergétique qui frappe Bangui depuis plusieurs semaines vient de franchir un cap critique. Les établissements hospitaliers, pourtant censés disposer de générateurs de secours, subissent eux aussi les conséquences du délabrement du réseau électrique. L’Hôpital Communautaire, la clinique de MSF croulent déjà sous l’afflux de patients, mais voici qu’un nouveau danger émerge : l’impossibilité de conserver correctement les dépouilles.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, les directeurs des hôpitaux de la capitale ont lancé un appel urgent aux familles. Le message est direct : venez récupérer vos morts rapidement. Les coupures répétées de courant rendent impossible la réfrigération des corps entreposés dans les morgues. Sans électricité pour alimenter les chambres froides, la décomposition des cadavres devient inévitable.

Cette annonce confirme l’ampleur du naufrage du système de santé centrafricain. Les hôpitaux, censés représenter des îlots de sécurité même dans les pires crises, se retrouvent paralysés par un problème aussi basique que l’accès à l’électricité. Les équipements médicaux essentiels, les blocs opératoires, les couveuses pour nouveau-nés, tout dépend du courant. Quand celui-ci manque, c’est l’ensemble de la chaîne de soins qui s’effondre.

Les familles endeuillées se retrouvent maintenant dans une course contre la montre. Beaucoup n’ont peut-être pas les moyens d’organiser des obsèques dans l’urgence, d’autres vivent loin de la capitale. Certaines attendent l’arrivée de proches pour procéder aux rites funéraires selon leurs traditions. Mais la réalité technique ne laisse plus de choix : il faut agir vite, avant que les corps ne se dégradent.

Cette crise sanitaire s’ajoute à une longue liste de dysfonctionnements. Les infrastructures vieillissantes n’ont jamais été vraiment rénovées. Les décisions politiques tardent, les investissements manquent, et pendant ce temps, ce sont les citoyens ordinaires qui payent le prix fort. Les malades s’entassent dans des établissements surchargés, et maintenant, même les défunts ne trouvent plus de repos décent dans l’attente de leurs funérailles.

Les autorités n’ont pour l’instant communiqué aucun calendrier de rétablissement du courant. Les générateurs, quand ils existent, nécessitent du carburant que les hôpitaux peinent à se procurer régulièrement. Le cercle vicieux se poursuit : pas d’électricité, pas de soins appropriés, pas de conservation des corps. Dans un pays déjà fragilisé par des années d’instabilité, cette nouvelle défaillance vient rappeler combien les services publics les plus élémentaires restent précaires pour la population de Bangui​​​​​​​​​​​​​​​​

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