
Les forces censées ramener la paix à Ngarba viennent de basculer dans le banditisme. Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 janvier 2025, vers 23 heures, Deux soldats FACA accompagnés de trois miliciens d’autodéfense de Ngarba ont dévalisé un commerçant tchadien.
Quelques jours auparavant, jeudi 16 janvier, cette localité de la préfecture de Bamingui-Bangoran avait connu une série d’attaques menées par des bandits venus du Tchad. Une cinquantaine de jeunes s’étaient alors regroupés pour former un dispositif d’autodéfense et avaient réussi à capturer deux assaillants présumés. Ces malfaiteurs franchissaient régulièrement la frontière aux premières heures pour dévaliser les habitants, les conducteurs de motos-taxis, les pêcheurs et les vendeurs ambulants.
Les volontaires avaient saisi deux armes lors de cette arrestation : un fusil DKM et un lance-roquettes RPG. Ce groupe s’était formé après que les autorités ont cessé depuis plusieurs années de s’occuper de la sécurité dans cette zone frontalière. Les braquages se répétaient presque quotidiennement. Les bandits installaient des barrières improvisées sur les axes de passage et rançonnaient tous ceux qui tentaient de vaquer à leurs occupations.
Face à cette situation, les jeunes avaient réclamé l’intervention de l’armée régulière pour renforcer la surveillance du secteur. Ils avaient demandé au commandant des Forces armées centrafricaines stationné à Ndélé de leur envoyer des renforts. Les FACA ont effectivement répondu à cet appel et ont déployé des éléments dans la zone. Personne n’imaginait alors que ces mêmes défenseurs deviendraient à leur tour des bandits armés.
Le braquage nocturne du 22 janvier vers 23 heures a rapporté aux assaillants plus de deux millions de francs CFA. Le commerçant tchadien, installé légalement dans la localité pour ses activités, s’est retrouvé dépouillé par ceux qui étaient venus garantir sa sécurité. Les auteurs ont pris la fuite avec le butin dans la nature.
Cette affaire jette un éclairage inquiétant sur la situation sécuritaire dans cette région frontalière. Les habitants de Ngarba se retrouvent coincés entre les raids transfrontaliers et les exactions de leurs propres protecteurs. Le commerce risque de péricliter si les marchands étrangers fuient la zone par crainte de nouveaux pillages