Africa-Press – CentrAfricaine. Une affaire digne d’un polar international secoue la République centrafricaine (RCA). Les gendarmes ont interpellé Marouf Farhan Khalif, citoyen américain d’origine somalienne, en possession d’un diamant brut de 0,74 carat et d’une enveloppe contenant deux millions de francs CFA. Un incident banal? Loin de là.
Marouf est à l’image d’un entrepreneur aux allures ordinaires, des déplacements suspects L’histoire débute en novembre dernier, lorsque Khalif débarque en RCA pour ouvrir une épicerie à Bria, ville réputée pour ses riches gisements de diamants. Un commerçant sans histoire, semblait-il.
Mais ses voyages réguliers entre Bria, Bambari et Bangui ont éveillé la curiosité des autorités locales. Que faisait donc cet Américain dans une zone stratégique du commerce minier?
Lors de son interrogatoire, Khalif a affirmé avoir « trouvé la pierre par terre », prétendant ignorer sa valeur. Une version difficile à croire. Pourquoi transporter un tel diamant avec une somme d’argent conséquente? Et surtout, quelle destination visait-il avec ce précieux chargement?
La Police des Mines n’a pas tardé à réagir. En RCA, la possession ou l’extraction de diamants sans licence est un crime lourdement sanctionné. Le dossier a été transmis au parquet, qui entend aller au fond de cette affaire. Plus l’enquête avance, plus les interrogations se multiplient. S’agit-il d’une opération isolée ou de la partie émergée d’un réseau?
Dans un climat de réformes profondes impulsées par le président Faustin Archange Touadéra pour assainir le secteur minier et éradiquer le commerce illicite, cette affaire revêt une dimension symbolique. Chaque scandale lié aux diamants ravive les souvenirs douloureux du commerce « sanglant » et menace les efforts de stabilisation de la région.
C’est une cupidité individuelle ou intrigue internationale?
L’enquête n’en est qu’à ses débuts. Mais déjà, l’affaire Marouf Khalif met à l’épreuve les nouveaux mécanismes de contrôle du secteur minier centrafricain. Faut-il y voir la trace d’un simple aventurier cupide ou celle d’un réseau plus vaste aux intentions opaques?
La réponse pourrait bien redessiner les contours de la lutte contre le trafic des pierres précieuses en RCA.
Source: Ndjoni Sango
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