Nectars Floraux Contenant de l’Alcool Consommés par Abeilles

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Nectars Floraux Contenant de l'Alcool Consommés par Abeilles
Nectars Floraux Contenant de l'Alcool Consommés par Abeilles

Africa-Press – CentrAfricaine. Au fur et à mesure des études menées, les scientifiques tracent les contours d’une consommation d’alcool assez répandue chez les animaux non humains. Difficile de l’éviter alors que l’éthanol se trouve dans de nombreux fruits, sèves et nectars. Ainsi, les colibris et les abeilles n’échappent pas à ce bonus lorsqu’ils se nourrissent dans les fleurs.

En effet, un nectar riche en sucres peut subir une fermentation s’il a été colonisé par des levures, le conduisant à se gorger d’alcool. Mais une question demeurait: les fleurs sont-elles nombreuses à être alcoolisées? C’est l’objet d’une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés dans la revue Royal Society Open Science. Elle révèle que l’éthanol est largement présent dans le nectar des fleurs, même si c’est en petite quantité.

Une dose journalière d’alcool « considérable »

Des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley (Etats-Unis) ont mesuré la concentration en éthanol de 147 échantillons de nectar provenant de 29 espèces de fleurs présentes dans le jardin botanique de l’université. « Parmi tous les échantillons, 48 % contenaient des concentrations détectables d’éthanol, et au moins un échantillon de 26 des 29 espèces végétales présentait des concentrations d’éthanol supérieures à la limite de détection du kit », relate l’étude publiée le 1er mars 2026.

L’évaluation de la quantité d’alcool a permis de conclure que les échantillons positifs à l’éthanol contenaient des concentrations moyennes de 0,016 %, avec une moyenne maximale de 0,032 % et une concentration maximale par échantillon de 0,056 %. Si à première vue, ces concentrations paraissent très faibles, il n’en est rien.

Les chercheurs écrivent ainsi que « la dose journalière d’éthanol estimée et ajustée à la masse corporelle qui en résulte pour les pollinisateurs associés est considérable ». Elle équivaut bien souvent à une dose standard d’alcool consommée par un humain de 70 kg au cours de la journée. Par exemple, le colibri d’Anna (Calypte anna) consomme 0,2 gramme d’éthanol par kilogramme de poids corporel par jour. Et l’abeille européenne (Apis mellifera) en consomme 0,05 gramme par kilogramme de poids corporel par jour.

Un effet sur le comportement?

Une question se pose immédiatement: cette consommation modifie-t-elle le comportement des animaux? Ces oiseaux et abeilles consomment de petites quantités d’alcool tout au long de la journée, ce qui ne semble pas assez pour les affecter de cette façon. D’ailleurs, certaines espèces sont connues pour éviter les concentrations d’éthanol trop élevées.

« Les colibris sont comme de petites chaudières, remarque dans un communiqué Aleksey Maro, co-auteur de l’étude. Ils consomment tout très rapidement, donc on ne s’attend pas à ce que quoi que ce soit s’accumule dans leur sang ». Néanmoins il reconnait que, chez ces animaux, « l’éthanol pourrait avoir d’autres effets que celui de provoquer un léger effet euphorisant, comme chez l’humain. » De prochaines études devraient donc se concentrer sur les potentiels effets de cette consommation sur le métabolisme des animaux.

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