
Africa-Press – Comores. Le 03 mai dernier, le président Azali Assoumani a nommé par décret le colonel Abdallah Rafick à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Civile (DGSC). Vendredi 16 juin, c’était son 45e jour depuis qu’il est en place. Dans un entretien exclusif accordé à La Gazette des Comores / HZK-Presse, il a évoqué le statut particulier de la DGSC, de l’opérationnalisation des unités locales mais aussi des objectifs fixés par le chef de l’Etat en le nommant à ce poste.
Avant d’occuper le poste de Directeur général de la Sécurité Civile des Comores, le Colonel Abdallah Rafick a occupé divers postes de responsabilité au sein des forces armées comoriennes. Il a notamment servi récemment comme chef d’état major de la composante militaire de l’Eastern African Standby Force (EASF). En tant que Directeur général de la Sécurité Civile des Comores, le Colonel Rafick est chargé de superviser et de coordonner les activités liées à la prévention, à la gestion des risques et aux opérations de secours en cas de catastrophe. Il travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales, les organisations internationales et les acteurs locaux pour assurer la sécurité et le bien-être de la population comorienne. Le Colonel Rafick est reconnu pour sa rigueur, son professionnalisme et son engagement envers le service public. Sa capacité à prendre des décisions rapides et éclairées, ainsi que son leadership exemplaire, lui ont valu le respect de ses collègues et de la communauté dans son ensemble.
Question : Cela fait plus d’un mois que vous êtes à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Civile, que peut-on retenir de ce début de mission à la DGSC ?
Abdallah Rafick : Depuis que je suis là, j’ai fait d’abord un état des lieux, un audit administratif pour voir ce qui a été fait, ce qui n’a pas été fait, ce qui est en cours et de ce que j’ai hérité pour mieux m’approprier les dossiers. En ce qui concerne le statut particulier de la DGSC, ça fait partie des missions qui m’ont été assignées par le président de la République. Il s’agit de le mettre en œuvre pour que le personnel puisse devenir enfin une unité paramilitaire avec les devoirs et les droits qui vont avec.
Question : Quelles sont les missions que le chef de l’Etat vous a assignées en vous nommant à ce poste ?
A.R: Pour ce qui est de la vision du président Azali, c’est de faire de la sécurité civile le centre de développement de nos Etat insulaires. Il est question de transformer les faiblesses d’un Etat insulaires (risques tsunamis, risques volcaniques, risques cycloniques) en une force pour le développement du pays. Il m’a assigné quatre objectifs. Il y’a le statut particulier qu’on a déjà parlé. Le deuxième objectif concerne l’opérationnalisation même de la DGSC. On n’est pas sans savoir qu’il y’a eu une inauguration d’une caserne à Anjouan, caserne qui n’est pas encore occupée. Donc, il faut l’opérationnaliser et y mettre ce qu’il faut. Dans ce même domaine, il y a la validation des politiques nationales, la révision d’un certain nombre de documents qui sont arrivés à terme de leur validité et la coordination. Pour cette opérationnalisation, nous avons mis en œuvre l’organigramme avec les autonomies, les avantages et les services qu’il faut pour que nous puissions aller de l’avant. Le troisième objectif est de mettre en place des unités locales de la protection civile. Nous devons démembrer la DGSC et la faire sortir de Moroni et de Mutsamudu pour que la population ait une visibilité et que nous aussi, ayons un accès direct à la population en cas de catastrophe mais surtout pour les préventions. Le quatrième objectif est la mobilisation des ressources à travers les partenaires. Et pour cela, nous avons eu une réunion avec tous les partenaires stratégiques pour avancer et voir comment mobiliser le maximum de fonds et prévenir et être en mesure à réagir en cas de catastrophe.
Question : Quel est votre plan d’action pour donner plus de visibilité à votre direction ?
A.R: Mon plan d’action est déjà d’avoir un cadre organique clair, avec des profils de poste clairs et des missions bien spécifiques à chacun. Le plan d’action est d’avoir une communication transversale et non verticale. Je compte mettre en œuvre une nouvelle entité qui est la sécurité maritime et nautique, qui, pour la sécurité civile servira d’une tête de pont entre le centre de surveillance de pêche et la garde-côte comorienne. Comme ça, nous serons en mesure d’intervenir sur terre et sur mer. La vision que j’ai fixée par rapport aux objectifs du chef de l’Etat dans le plan d’action, c’est une fois que les unités locales seront installées, nous allons commencer par le soutien des centres régionaux de santé et dans un deuxième temps avoir des unités feu pour participer la prévention au feu de forêt et autres catastrophes.
Question : Les interventions des agents de la DGSC dans les zones de tension sont souvent pointées du doigt par la population, trop laxistes selon elle, que ce que vous pouvez faire pour y remédier ?
A.R: Pour y remédier, il faut de la sensibilisation. Il faut une sensibilisation de notre côté et du côté de la population. On demande une intervention, ici la description de l’intervention n’est pas claire et le temps de prendre pour demander, ça fait une perte de temps. On sort pour intervenir sur quoi : un accident de la route, un bras cassé et autres. En fonction de l’incident ou de l’accident nous pouvons mettre les moyens qu’il faut pour aller à l’intervention. Un autre point, la DGSC ne peut pas aller au delà de la catastrophe. Nous ne sommes pas pyromane. Il faut que le feu couve et que nous puissions intervenir. Donc le temps que le feu commence, le temps qu’on nous prévienne et le temps qu’on prépare les moyens, des fois il y a une lenteur. Mais il faut que la population comprenne et que nous aussi, nous essayons de faire le maximum d’entrainements et de formations pour être en mesure de sauver la population et de protéger leurs biens.
Question : A ce jour, est-ce que la DGSC dispose des moyens logistiques suffisants pour parer à toutes éventualités ?
A.R : vous savez, les moyens ne sont jamais suffisants surtout avec cette nouvelle politique qu’on veut mettre en œuvre de démembrement des unités. Evidemment, nous aurons besoin de beaucoup de moyens logistiques mais nous devons commencer par quelque part. Nous commençons avec le peu que nous avons et une fois que c’est efficace, nous estimons que le gouvernement et les partenaires verront que nous sommes en mesure de faire quelque chose et ils vont nous appuyer.
Question : Quelles sont aujourd’hui les voies de coopération dont vous disposez pour un renforcement des capacités de vos agents surtout en matière de formation ?
R.A : En matière de coopération, c’est une coopération multiforme. Nous avons une coopération avec le Système des Nations Unies mais aussi avec des Etats comme le Japon, la Chine, le Maroc, la France et aussi des agences comme l’AFD, la coopération turque, l’AMC du Maroc. Avec eux, nous discutions des formations pertinentes qui peuvent nous être utiles. Toutes formations, toutes coopérations qui ne fixent pas les objectifs qui sont en relations avec le Plan Comores Emergent, ça ne peut pas nous servir.
Question : Les Comores ont abrité du 12 au 14 juin la conférence ministérielle sur l’économie bleue et les spécificités des Etats insulaires. Quel était la participation de la DGSC dans cet évènement ?
A.R: La conférence tournait autour du thème « Les Etats insulaires au niveau de la protection des côtes », alors comme je vous l’ai dit, la DGSC doit être en mesure d’être sur terre et sur mer mais aussi faire de la prévention au niveau de l’environnement, des mangroves et un certain nombre d’interventions par rapport aux pêcheurs. Et c’est pourquoi nous allons créer la sous direction de la sécurité maritime et nautique pour s’occuper de la navigation non pas pour remplacer la garde-côte mais pour être en mesure de l’appuyer.
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