Africa-Press – Comores. Depuis quelques mois, des délestages frappent différentes régions de l’île de Ngazidja. De Foumbouni à Mitsamiouli, en passant par Moroni, la population craint de revivre le cycle infernal d’une crise énergétique, malgré la présence de centrales solaires dans certaines zones.
À quelques mois du mois sacré de ramadan, la population comorienne se demande si elle va bénéficier de l’électricité durant cette période. En cause, la reprise des délestages depuis plusieurs mois dans différentes régions de Ngazidja. À la centrale de Foumbouni, la région de Mbadjini Ouest est confrontée à des coupures intenses. Dans un communiqué publié ce mardi, l’entreprise publique a informé ses clients des zones s’étendant de Macorani à Ouzioini, ainsi que d’Ouzioini à Ntsini Moipanga, qu’un délestage serait observé ce jour entre 18h et 23h, en raison d’une panne survenue au niveau du groupe de Foumbouni. Un délestage parmi tant d’autres.
À la centrale de Mitsamiouli, la situation est similaire. Les habitants ont le courant de 07h à 15h, puis de 18h à 23h. Mais de 23h à 07h, c’est le noir total. « En plus d’être délestée de 23h à 07h, la région de Mitsamiouli subit également deux à trois coupures dans la journée », nous confie un agent de la SONELEC, avant d’ajouter: « Le problème à Mitsamiouli, c’est que la direction a supprimé la centrale thermique qui se trouvait sur place, la jugeant inutile. » À Oichili, il est question d’un problème de synchronisation entre le solaire et la thermique. Une situation purement technique, mais qui doit être résolue pour éviter d’autres difficultés. Selon nos informations, c’est cette centrale solaire d’Oichili qui est censée alimenter le Centre Hospitalier Universitaire El Maarouf.
À Moroni et ses environs, les coupures se sont intensifiées ces dernières semaines. Selon notre interlocuteur, il y a eu une baisse de régime au niveau des deux centrales thermiques. « Les moteurs ne tournent pas à plein, donc la production est en deçà de la demande », explique-t-il. Pire encore, les coupures à répétition inquiètent la population. Beaucoup redoutent pour leurs appareils électriques. « La SONELEC doit prendre le temps de résoudre ses problèmes. Mais des coupures toutes les dix minutes, ce n’est vraiment pas bon. Nos appareils et nos lampes risquent de griller », alerte une habitante de Moroni. Et l’on se demande si on aura du courant au mois de ramadan. “On risque de revivre le même scénario de chaque année: acheter de nouveaux moteurs pour répondre aux besoins de la clientèle au mois de ramadan”.
Une fois de plus, les interrogations concernant l’achat des moteurs refont surface, malgré la restructuration de l’entreprise. Un opérateur économique local s’interroge également: « Dès l’achat de ces moteurs, j’ai émis des doutes. Et aujourd’hui, on nous dit qu’ils ne tournent plus à plein régime, cela en dit long. » Par ailleurs, un ancien cadre de l’entreprise apporte des précisions sur les moteurs: « Avec des moteurs reconditionnés, on peut tenir jusqu’à neuf mois. Or la SONELEC dispose de moteurs neufs ; on en est à onze mois et on constate déjà une baisse de régime. C’est incompréhensible. » À l’approche du Kashikazi, période de pluies dans l’archipel, la société aura fort à faire. Avec les difficultés liées au solaire dans le nord et le sud, auxquelles s’ajoutent les aléas climatiques, la direction de la SONELEC devrait dès à présent se préparer à répondre à la demande de sa clientèle.
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