Africa-Press – Comores. Le vieillissement est caractérisé par un déclin général de l’organisme, avec notamment des pertes en masse musculaire et masse osseuse… Et le cerveau est aussi concerné. Avec l’âge, celui-ci rétrécit, dans un processus naturel qui nous affecte tous, mais qui peut être plus ou moins rapide en fonction de l’individu. Or, la mémoire aussi a tendance à décliner, même chez les personnes en bonne santé. Des chercheurs de l’Université d’Oslo, en Norvège, se sont intéressés à cette corrélation entre volume du cerveau qui diminue et mémoire qui se détériore. Leurs résultats, publiés le 21 novembre 2025 dans la revue Nature Communications, montrent que cette association se renforce chez les seniors, et que la vitesse de ces déclins est influencée par d’autres facteurs, tels que des facteurs de risque pour la maladie d’Alzheimer.
Le volume du cerveau et la mémoire sont associés chez les personnes âgées
Les chercheurs ont utilisé 13 bases de données contenant des images d’IRM du cerveau de personnes qui avaient réalisé des tests cognitifs, pour un total de 10.343 scans d’IRM et 13.460 tests cognitifs chez 3.737 personnes en bonne santé. Puis ils ont évalué le déclin de la mémoire ainsi que la diminution du volume du cerveau, pour déterminer si l’avancement des deux évènements pourrait être lié. À un jeune âge, cette association existait seulement chez les personnes avec un rétrécissement plus rapide du cerveau. Mais à partir de 60-70 ans, ce lien devenait évident chez tous les participants. “En intégrant toutes ces données à partir d’une douzaine de cohortes, nous avons désormais l’image la plus détaillée des changements structuraux qui affectent le cerveau avec l’âge et comment ils sont liés à la mémoire”, résume dans un communiqué Alvaro Pascual-Leone, auteur de l’étude.
Certaines régions du cerveau sont davantage impliquées dans cette association
Cependant, ces associations n’étaient pas homogènes dans tout le cerveau: ce lien entre rétrécissement et perte de mémoire se voit d’abord dans l’hippocampe, structure très importante pour la mémoire. Chez les personnes avec un déclin cognitif plus rapide, ce dernier commence à être associé à un rétrécissement de l’hippocampe à partir de la cinquantaine. Chez celles avec un déclin cognitif plus lent, l’association avec la diminution du volume de cette structure était visible seulement vers les 70 ans.
D’autres régions du cerveau étaient aussi associées à une perte cognitive, à un niveau moindre que l’hippocampe. C’est notamment le cas de l’amygdale (un noyau voisin de l’hippocampe), et des zones du cortex à proximité de l’hippocampe.
La prédisposition à la maladie d’Alzheimer accélère le vieillissement du cerveau
Ces associations suggèrent que le déclin cognitif pourrait être causé par la perte de volume du cerveau, et plus spécifiquement de l’hippocampe et son voisinage. Mais, puisque cette association entre réduction du volume du cerveau et perte de mémoire n’est pas visible au même âge pour tous les participants, les chercheurs ont tenté de comprendre s’il existait des facteurs protecteurs contre ces déclins. Étonnamment, et contrairement aux idées reçues, le niveau éducatif des personnes ne semble jouer aucun rôle protecteur, ni pour la perte de volume du cerveau, ni pour le déclin de la mémoire, ni pour l’association entre les deux.
Étonnamment aussi, et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le principal facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer (l’allèle APOE ε4) ne renforçait en rien cette association non plus. Certes, les personnes avec cette version du gène APOE présentaient un déclin cognitif plus rapide à partir de 60 ans, mais ce n’était pas le cas pour le rétrécissement du cerveau, sauf si on prend en compte uniquement l’hippocampe et l’amygdale. Et si on ne regarde que ces structures, l’association entre les deux déclins n’est pas plus forte: ces deux déclins sont plus rapides chez ces individus à partir de 60 ans, mais le rétrécissement de l’hippocampe ne prend pas davantage d’importance chez ces personnes que chez les autres, c’est juste qu’il commence plus rapidement et donc permet de voir cette association plus tôt.
« Le déclin cognitif et la perte de mémoire ne sont pas simplement des conséquences du vieillissement, mais des manifestations de prédispositions individuelles et des processus liés à l’âge qui facilitent la neurodégénération et les maladies, conclut Alvaro Pascual-Leone. Cela suggère que le déclin de la mémoire dans le vieillissement n’est pas seulement causé par une seule région ou un seul gène, mais reflète une vulnérabilité biologique plus large dans le cerveau qui s’accumule avec l’âge. Comprendre cela aidera les experts à identifier précocement les individus à risque et mettre en place des interventions personnalisées plus précises pour améliorer la santé cognitive. »
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