Africa-Press – Comores. Apres dix ans d’absence du FMI sur l’accompagnement structurel, les Comores commencent peu à peu à réapparaitre dans les cercles du Fonds après l’accord signé le 1er juin dernier sur la Facilité Elargie de Crédit à hauteur de quarante-trois millions de dollars.
Sous la direction de Sukhwinder SINGH directeur d’Africa Training Institute et d’AFRITAC-SUD, le comité de pilotage de cette organisation régionale qui regroupe 13 pays d’Afrique Australe s’est réuni à Moroni durant deux jours pour passer en revue plusieurs dossiers liés aux reformes structurelles que les Comores doivent entreprendre à la suite de cet accord. « Il s’agit de la réunion du comité d’orientation d’AFRITAC-SUD (centre régional d’assistance technique) du FMI pour l’Afrique Australe. Le centre fournit un appui technique dans des domaines tels que la gestion budgétaire, la fiscalité, gestion des finances publiques, gestion de la dette, politique monétaire, supervision et règlementation bancaire… », précise le directeur SINGH lors de la présentation de cette réunion de haut niveau au ministère des finances avant l’ouverture des travaux l’après-midi du lundi 19 juin dernier.
La nouvelle représentante résidente du FMI en Union des Comores Rima TURK qui a pris part à cette rencontre avec la presse dans la matinée, est revenue sur le prêt de quarante-trois millions de dollars du FMI qui représente selon elle « le premier engagement financier avec le Fonds Monétaire International depuis 2013 ». Un prêt qui exige des efforts structurels du gouvernement comorien en matière budgétaire et dans le domaine de la macro-économie notamment pour permettre une reprise rapide de l’économie qui a été impactée par des facteurs exogènes dont la pandémie de Covid-19 et récemment la guerre en Ukraine qui a fait replonger le pays après une année 2022 qui a connu un semblant de redressement.
Un peu plus loin, la nouvelle représentante résidente est revenue sur les conditions de réussite de ce nouveau programme d’appui structurel assis sur trois axes majeures. « La mobilisation des recettes internes soutenue par des reformes structurelles, l’assainissement du secteur bancaire par l’achèvement de la restructuration de la banque postale publique la SNPSF afin de limiter les passifs budgétaires éventuels à l’avenir, et le troisième pilier c’est le renforcement de la gouvernance grâce à des reformes de la gestion des finances publiques et la lutte contre la corruption », souligne-elle. Ce troisième pilier notamment sur la lutte contre la corruption est conditionné dans le Mémorandum de Politiques Economiques et Financières de la cellule anti-corruption.
Au nom du chef de l’Etat, la ministre de la santé, Loub Yacout a montré toute la satisfaction de l’Etat comorien d’accueillir un tel évènement. « Notre pays est ravi d’héberger cette première réunion présentielle post-covid du centre régional de développement des capacités pour l’Afrique australe, une institution qui contribue au renforcement des capacités dans nos pays membres », avance-t-elle. Et la ministre de faire le parallèle entre la réunion de l’AFRITAC-SUD et les efforts du continent à mettre en place des reformes financières dignes de ce nom. « Dans ce même élan des reformes au sein du continent africain, la réforme de l’architecture financière mondiale se pose encore aujourd’hui avec acuité et pour les mêmes raisons nous interpellent tous », poursuit-elle. Cette réunion du comité de pilotage de l’AFRITAC-SUD a été honorée par la participation de plusieurs délégués venus des treize pays membres.
Le Ministre de l’économie Ahmed Bazi représentant le ministre des finances absent du territoire a soulevé les problèmes que traverse l’économie comorienne qui a dû faire face à la pandémie de Covid et le début de la guerre en Ukraine. « Dans ce contexte particulièrement difficile l’atteinte des objectifs de renforcement des capacités macro-économiques à moyen terme est devenue encore plus importante », dit-il.
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