Les souvenirs de la musique congolaise : biographie et œuvres de Tabu Ley Rochereau (3)

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Les souvenirs de la musique congolaise : biographie et œuvres de Tabu Ley Rochereau (3)
Les souvenirs de la musique congolaise : biographie et œuvres de Tabu Ley Rochereau (3)

Africa-Press – Congo Brazzaville. Inspiré par la présence des « Claudettes », jeunes filles qui accompagnaient Claude François (artiste musicien français) lors de ses prestations, Rochereau recrute en 1969 des danseurs et danseuses appelées « Les Rocherettes », groupe composé de Marietou, Angélique, Annie et Saïdi Marie Claire qu’il emmène à Paris, en 1970, pour agrémenter deux concerts à l’Olympia. Les Rocherettes, une vraie attraction au plan scénique.

Tabu ley Rochereau, grande star de la musique congolaise moderne, fut le premier artiste africain à se produire à l’Olympia en 1970. Evénement d’une haute portée artistique au cours duquel les Rocherettes émerveillèrent le public. Accompagnées de Rochereau, elles tinrent également la dragée haute à James Brown et à la Fania all stars de Célia Cruz, lors du festival qui eut lieu à Kinshasa, en 1974, au stade du 20 mai en marge du combat du siècle entre Mohamed Ali et Georges Foreman.

A noter que l’une des Rocherettes du nom de Marietou fut immortalisée par Tabu ley dans une de ses chansons intitulée ‘’Karibu ya Bintu’’ dans laquelle il la pleure suite à son suicide après le succès de l’Olympia, emportée par une crise de jalousie pour avoir vu son homme dans les bras d’une autre. Signalons également qu’au cours de son évolution dans l’univers musical kinois, Tabu Ley Rochereau a parrainé plusieurs orchestres de la troisième génération.

En effet, en 1968, ayant été suspendu de toutes les activités musicales durant trois mois pour son retard au gala organisé par Mobutu, préférant répondre à l’invitation du baptême de la fille d’un autre dignitaire du régime en la personne de Victor Nendaka, Tabu Ley met ses instruments à la disposition des musiciens de l’orchestre Thu Zaïna. Cette faveur permit aux musiciens de ce groupe de maîtriser le maniement des instruments et de peaufiner leur répertoire.

En 1971, Kinsangani Espérant et ses compagnons, entre autres, Clément Djoboke, Djo Mabuse bénéficient de la bienveillance de Tabu ley qui accepte de parrainer l’orchestre Tabu National lors de sa sortie officielle le 15 août de la même année, à la Maison blanche, et le discours inaugural fut prononcé par la rocherette Marie Claire Saïdi. Zaïko Langa Langa, à son tour, bénéficie aussi des faveurs de Tabu Ley. Les musiciens de ce groupe, après leur sortie officielle, répétaient avec les instruments de l’Afrisa international à Kingabwa, afin de mettre au point leurs premières chansons enregistrées au studio Phillips.

L’orchestre Stukas Boys de Lita Bembo, Lomingo Alida et autres, après avoir connu plusieurs dissidences en son sein, fut parrainé également par Tabu Ley qui lui dota des instruments et adopta le nom de Stukas Ley dont sa femme, Thété, fut la marraine du groupe.

Papa Wemba, dont l’idole de sa jeunesse fut Tabu Ley Rochereau, sollicita à ce dernier un parrainage en vue de la sortie officielle du Viva La Musica. Outre l’epace scénique le Type K (propriété de Tabu Ley) mis à la disposition de Wemba et son groupe, Rochereau avait aussi investi des sommes d’argent et mobilisé toute la logistique pour la réussite de cet événement (location du matériel de son et trois rangées de projecteurs). Cette sortie officielle connut un succès immense au bar Type K qui fut pris d’assaut par un public venu très nombreux assister à la naissance de ce nouveau-né de la musique congolaise.

Les quatre exemples susmentionnés illustrent bien une autre facette de Tabu Ley Rochereau dans son parcours artistique, à savoir son parrainage des orchestres jeunes qui ont occupé le gotha musical kinois que bon nombre de mélomanes ignorent. Ce fut une contribution à l’épanouissement de la musique congolaise moderne.

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