Prix Orange du livre en Afrique : Jean-Aimé Dibakana lauréat 2024

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Prix Orange du livre en Afrique : Jean-Aimé Dibakana lauréat 2024
Prix Orange du livre en Afrique : Jean-Aimé Dibakana lauréat 2024

Africa-Press – Congo Brazzaville. Le jury de la 6e édition du Prix Orange du livre en Afrique a récompensé, le 18 mai, lors du Salon international de l’édition et du livre de Rabat, au Maroc, l’essayiste et romancier congolais Jean-Aimé Dibakana, auteur de l’ouvrage “Le psychanalyste de Brazzaville”, publié par Les Editions Les lettres mouchetées à Pointe-Noire. Il succède à l’écrivaine malgache, Michèle Rakotoson, pour “Ambatomanga, la douleur et le silence”, œuvre publiée à l’Atelier des nomades Maurice.

Le Prix Orange du livre en Afrique récompense un roman écrit en français par un écrivain africain et publié par une maison d’édition africaine. L’objectif est de promouvoir des talents littéraires d’Afrique francophone et leurs maisons d’édition situées sur le continent. Le lauréat perçoit une dotation de 10 000 euros et bénéficiera d’une campagne promotionnelle assurée par la Fondation Orange.

Le jury de cette année était composé d’Ivan Amar, journaliste ; Kidi Bebey, journaliste-éditrice-auteure ; Yahia Belaskri, journaliste-écrivain ; Eugène Ebodé, écrivain ; Prudentienne Houngnibo Gbaguidi, libraire, vice-présidente de l’Association internationale des libraires francophones du Bénin ; Valérie la Meslée, journaliste ; Nicolas Michel, journaliste-écrivain ; Nétonon Noël Ndékéry, écrivain ; Gabriel Mwènè Okoudji, psychologue/poète; et Michèle Rakotoson, écrivaine, lauréate 2023.

Réagissant à chaud après l’obtention du Prix Orange remporté quelque temps après son Grand Prix littéraire d’Afrique noire, Jean-Aimé Dibakana a confié être habité par deux sentiments. D’abord, celui d’une reconnaissance. « Je me rends compte que le travail que j’ai fourni est reconnu par d’autres, d’autant que ce travail est parti d’un point qui est le Congo, mais, bien évidemment, traite également de l’ailleurs, de l’Afrique et du monde en général », s’est-il exprimé, heureux de constater que malgré justement cette spécificité d’une provenance locale, son ouvrage a parlé à tant de lecteurs qui ne sont jamais allés au Congo ni même en Afrique, et qui ne sont pas Africains.

En second, le sentiment d’un honneur avec la certitude que ce Prix représente un réel grand espoir afin qu’il permette au livre de mieux se faire connaître. « Donc, c’est vraiment comme un jeu de lumière qui a été mis sur le livre et je pense que cela permettra de le faire connaître au plus grand nombre », espère-t-il.

À la question de savoir si l’auteur a voulu raconter son histoire à travers un roman didactique/pédagogique ou juste une manière de se réapproprier un tout petit pan de l’histoire telle qu’elle s’est passée, même s’il y a des scènes imaginaires, il a répondu avoir eu la volonté particulière de parler de l’histoire de son pays entre 1960 et 1970.

« Je voulais juste comprendre, en fait, ce qui s’est passé, durant cette période-là, sur ces événements-là dont j’entends parler, et qui me questionnent en tant qu’individu, en tant que citoyen, en tant que Congolais… J’ai voulu vraiment comprendre en me mettant dans un pur travail de création et sans nul autre objectif. Maintenant, comme vous le savez, lorsque l’on a écrit un texte, il ne vous appartient plus. Chaque lecteur l’interprète à sa manière » , a-t- il expliqué.

Et de confier: « Je suis effectivement d’accord que, bien que fictif, mais parfois, on dit que la fiction nourrit bien la réalité, ce livre apporte un éclairage. Donc je parle de faits réels que j’essaie de mélanger avec des faits inventés de toutes pièces, mais c’est vraiment pour faire comprendre et sans objectif particulier ».

Né au Congo, Jean-Aimé Dibakana est essayiste et romancier. Docteur en sociologie de l’Université Panthéon Sorbonne, il enseigne cette discipline et travaille pour une communauté d’agglomération en région parisienne.

Ses publications en tant qu’essayiste sont signées Jean-Aimé Dibakana Mouanda et il a adopté, pour ses romans, le pseudonyme de Dibakana Mankessi. Il explique avoir fait ce choix pour distinguer ses activités de scientifique de celles d’artiste. Il dit aussi, enjoué, qu’il assume ainsi sa schizophrénie.

Il est également l’auteur de plusieurs articles publiés dans des revues scientifiques, et co-auteur de plusieurs ouvrages: Les TIC, miroir de la société“, Histoire et sociologie de la pauvreté en Afrique, L’Afrique des familles“, édités, tous trois, chez L’Harmattan. Les ouvrages Histoire et sociologie de la pauvreté en Afrique et 25 pères fondateurs du Congo-Brazzaville“, sont aussi de lui.

Le Psychanalyste de Brazzaville

(Editions Les Lettres mouchetées, Congo, 454 pages, 18 euros)

Pour son troisième roman, Dibakana Mankessi a choisi un angle particulièrement accrocheur en vue d’incarner l’agitation politique qui a secoué son pays, la République du Congo, nouvellement indépendant dans les années 1960. Il donne, en effet, la parole à une kyrielle de personnages, hommes et femmes, inconnus et célébrités, Africains comme Européens, désireux de trouver des réponses aux problèmes psychiques qu’ils traversent durant cette période.

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