Afrique 2021 : des putschs, une pandémie et du terrorisme

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Afrique 2021 : des putschs, une pandémie et du terrorisme
Afrique 2021 : des putschs, une pandémie et du terrorisme

Africa-Press – Congo Brazzaville. Une guerre civile déchire l’Ethiopie, deux putschs ont secoué le Soudan et la Guinée et le terrorisme continue à frapper la Somalie, le Mozambique, le Nigéria, l’Ouganda et la Région du Sahel

L’année 2021 a été particulièrement sévère pour de nombreuses populations du continent africain, qui a connu une continuité des guerres civiles, des actes de terrorisme et de la propagation de la pandémie de la COVID-19, autant d’éléments et de facteurs qui ont causé la mort de milliers de personnes.

L’Afrique, qui s’activait à aller de l’avant sur la voie de la transition vers la démocratie, dans de nombreux pays du continent, une rechute a été constatée après les deux coups d’Etat qui ont été commis en Guinée et au Soudan.

De même, de violents combats ont continué à secouer la province du Tigré (nord de l’Ethiopie) et les affrontements se sont étendus jusqu’aux provinces voisines d’Afar et d’Amhara et se sont mêmes rapprochés de quelques encablures de la capitale Addis-Abeba, avant que les insurgés ne soient repoussés et ne retournent à leurs positions initiales aux abords de leur province.

Des combats ont éclaté dans la province du nord de l’Ethiopie au mois de novembre 2021 entre les forces gouvernementales du Premier ministre, Abiy Ahmed, et les unités armées du « Front populaire de Libération du Tigré » (FPLT), faisant des milliers de morts et provoquant le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.

Des Coups d’Etat militaires

Au mois d’octobre dernier, l’armée soudanaise a pris le contrôle, sous la houlette du général Abdelfattah al-Burhan, du pouvoir et s’est emparée du gouvernement codirigé par les civils. Ce putsch a provoqué des protestations imposantes pour soutenir la démocratie.

Des secouristes soudanais ont affirmé que plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et des centaines d’autres ont été blessées par les forces de l’ordre qui réprimaient les manifestations dans le sang.

La prise du pouvoir par l’armée soudanaise a suscité une condamnation internationale ainsi que des sanctions, s’agissant notamment de la baisse du volume des aides et de nombreux pays, dont des puissances occidentales, ont réclamé un retour rapide du pouvoir civil.

Les plus récentes informations qui parviennent de la capitale soudanaise, Khartoum, indiquent que les forces de l’ordre usent de la violence et du harcèlement sexuel, pour tenter d’empêcher les femmes de prendre part activement aux manifestations, dans la mesure où cette frange de la société a constitué une partie intégrante et fondamentale des protestations continues qui soutiennent la démocratie.

Au mois de septembre également, les forces armées guinéennes ont commis un coup d’Etat et déposé le président Alpha Condé (au pouvoir depuis 2010). L’emblématique président a été remplacé par le chef des putschistes, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, patron des Unités spéciales guinéennes et ancien officier à la Légion étrangère française.

Attaques terroristes

Les actes terroristes ont continué à faire des morts en Afrique, en particulier, en Somalie, au Mozambique, au Nigeria, en Ouganda et dans la Région du Sahel.

En 2021, des informations quasi quotidiennes rapportent des attentats-suicides en Somalie, œuvre du Mouvement « Shebab », affilié à l’organisation terroriste d’Al-Qaïda, et qui combattent depuis plusieurs années pour faire chuter le gouvernement.

Entre-temps, l’Ouganda a enregistré en octobre et en novembre plusieurs attaques à la bombe ainsi que des attaques-suicides perpétrées par les « Forces démocratiques alliées » (ADF). Il s’agit d’un groupe rebelle ougandais, qui est affilié à Daech et qui a comme base arrière la RD Congo, pays voisin de l’Ouganda.

Au Mozambique, les Forces régionales ont parachevé leurs missions pour apaiser la situation dans le nord du Mozambique, après que des éléments de Daech s’étaient emparés de la région de Palma dans la province de Capo-Delgado, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés.

L’ancien président sud-africain emprisonné

Au mois de juillet 2021, l’ancien président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, (79 ans) a été emprisonné dans un pénitencier de la province de Kwazulu-Natal, après avoir été condamné à 15 mois de prison pour outrage à magistrat.

Zuma avait refusé de comparaître devant une commission judiciaire qui enquête sur des accusations de corruption à son encontre, au cours de son mandat présidentiel, qui a duré près d’une décennie (2009-2018).

L’emprisonnement de Zuma a provoqué de violentes protestations qui avaient fait 300 morts et des pertes matérielles estimées à plusieurs milliards de dollars pour les compagnies et les sociétés qui ont été pillées par les sympathisants de l’ancien président. C’est la première fois qu’un ancien président sud-africain est inculpé et emprisonné.

Toutefois, Zuma a obtenu ultérieurement une libération conditionnelle pour des motifs de santé, en date du 5 septembre, et ce après avoir purgé seulement deux mois en prison.

Au mois de décembre écoulé, un tribunal de la capitale Pretoria a ordonné son emprisonnement, estimant que libération pour des motifs de santé lui a été accordé de manière illégale. Zuma a déposé un recours contre cette décision.

Omicron

L’Afrique a continué à supporter la charge de la pandémie de la COVID-19, en dépit de son obtention de millions de doses de vaccins, qui ont à peine suffi les besoins du continent.

L’Afrique du Sud a, pour sa part, été soumise à une sorte d’embargo de fait, interdisant le voyage et les déplacements de leurs ressortissants et des personnes résidant sur son sol, après la découverte du nouveau variant, Omicron, sur son territoire.

Des médecins et des spécialistes sud-africains avaient annoncé, au mois de novembre dernier, la découverte d’un nouveau variant de la COVID-19, qui a été baptisé Omicron. et qui est marqué par une large et rapide contamination, en comparaison avec les précédents variants.

A la suite de cela, plusieurs pays occidentaux avaient imposé un embargo et une interdiction de voyage aux ressortissants et aux résidents sur le territoire sud-africain ainsi que plusieurs Etats du continent, de peur de voir ce variant réaliser une percée dans ces pays européens. Cette réaction avait provoqué une vague de colère au niveau du continent africain.

Le président du Malawi, Lazarus Chakwera, actuel président du bloc régional du Groupe de développement du Sud de l’Afrique, composé de 16 pays, a qualifié l’embargo de « terrorisme et de ne pas être fondé sur la science ».

De son côté, le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a, au cours d’une réunion du Forum de coopération sino-africain, tenu dans la capitale sénégalaise Dakar, lancé : « Nous nous devons de résister face aux restrictions de voyage injustifiées et dépourvues de motifs scientifiques et qui impactent négativement sur les économies en développement ».

Des contaminations au virus

Alors que les leaders africains se mobilisaient pour obtenir les vaccins au profit de leurs populations, plusieurs Parmi eux ont été contaminé au virus de la COVID-19. Il s’agit notamment de chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des ministres.

Les résultats du dépistage du président de la Namibie, Hage Geingob, et de la première dame de ce pays, Monica Geingob, ont été contaminés au virus au mois de mai dernier, de même que le président sud-africain Cyril Ramaphosa, l’a été au mois de décembre.

De nombreux ministres et opposants politiques en Afrique du Sud ont été également atteints du virus mais se sont rétablis rapidement.

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