Congo-Chine : cinq expériences à tirer de l’évolution des relations sino-congolaises, selon LI Yan

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Congo-Chine : cinq expériences à tirer de l’évolution des relations sino-congolaises, selon LI Yan
Congo-Chine : cinq expériences à tirer de l’évolution des relations sino-congolaises, selon LI Yan

Africa-Press – Congo Brazzaville. A l’occasion du séminaire international franco-congolais organisé récemment à Brazzaville par l’Académie des sciences d’Outre-mer, l’ambassadeur de Chine au Congo, LI Yan, a prononcé un discours dans lequel elle a défini les axes prioritaires du partenariat sino-congolais.

En cette année marquant le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Congo, l’ambassadeur de Chine, LI Yan, pense qu’il faut d’abord développer un partenariat sur la base de « l’égalité, de la sincérité et de l’amitié ». Pour elle, les grands pays doivent traiter les petits pays sur un pied d’égalité, et rechercher les intérêts communs en privilégiant la primauté de la justice.

« Malgré la distance géographique et la différence en termes d’histoire, de culture, de système social et de niveau de développement, la Chine considère toujours le Congo comme un bon frère et un bon partenaire. Cette définition ne changera pas avec le développement de la Chine et l’évolution de son statut sur la scène internationale », a assuré la diplomate chinoise.

Dans ce sens, elle a rappelé la fréquence des échanges de haut niveau entre les deux pays, menés sans relâche au plus haut sommet de l’État par les présidents Denis Sassou N’Guesso et Xi Jinping. Elle a cité notamment les différentes visites d’État effectuées par les deux chefs d’État, les entretiens bilatéraux organisés à l’étranger, etc.

Plaidant en faveur d’une action dans le domaine de la sécurité, l’ambassadeur propose « la création d’une architecture de sécurité marquée par l’équité, la justice, l’engagement commun et le partage ». Elle a indiqué que « dans une ère de mondialisation économique, tous les pays sont étroitement liés et interdépendants en matière de sécurité. Aucun pays ne peut faire cavalier seul pour la sécurité absolue, et aucun pays ne peut réaliser la stabilité dans l’agitation d’autrui ».

LI Yan a rappelé que « la Chine, tout en poursuivant la vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable, traduit activement en acte l’Initiative pour la sécurité mondiale avancée par le président Xi Jinping. Elle soutient fermement les efforts du Congo pour préserver la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du pays et les efforts du président Denis Sassou N’Guesso dans sa médiation pour régler les dossiers brûlants régionaux, comme les questions liées à la Libye, à la République centrafricaine et à la République démocratique du Congo».

La Chine souhaite que le Congo fasse pleinement valoir son rôle important en tant qu’« oasis de paix » en Afrique centrale pour trouver les solutions continentales aux questions continentales et défendre la paix ainsi que la stabilité.

Troisièmement, la diplomate estime qu’il faut « rechercher un développement ouvert, innovant, inclusif et bénéfique à tous ». Elle a insisté sur le fait que « La prospérité et la stabilité mondiales ne peuvent pas être construites sur la base de l’appauvrissement des pauvres et de l’enrichissement des riches. Avoir une vie heureuse est l’aspiration commune de tous les pays et la modernisation n’est pas le privilège d’un seul pays ».

La Chine souhaite accompagner l’Afrique sur la voie vers sa modernisation et promouvoir la transition de la coopération sino-africaine dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la route », afin de mettre en œuvre l’Initiative pour le développement mondial avancée par le président Xi Jinping. La Route nationale n°1 en est un exemple concret, a-t-elle rappelé.

Pour répondre parfaitement à la stratégie nationale du Congo sur la diversification économique et de contribuer à la concrétisation du Plan national de développement 2022-2026, l’ambassadeur de Chine a fait savoir que son pays a développé « des projets de haut standard » au service du bien-être de la population et du développement durable dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’hydraulique et de l’agriculture.

Le quatrièmement point concerne la diversité culturelle. A ce propos, l’ambassadeur pense qu’il faut « promouvoir les échanges et l’enrichissement mutuel entre civilisations dans le respect de la différence ». La diversité culturelle crée, d’après elle, « un monde multicolore. De la diversité naissent les échanges, les échanges conduisent à l’intégration, et l’intégration promeut le progrès. L’Afrique a un lien historique et naturel avec « la Ceinture et la route ».

En outre, la diplomate chinoise a relevé que dans l’histoire, la Route de la soie maritime a apporté le thé chinois, la porcelaine et les expériences de développement à l’Afrique, consolidé l’amitié et favorisé les échanges culturels entre la Chine et l’Afrique, devenant ainsi une « route d’amitié, inscrivant dans les annales des relations sino-africaines ».

Pour elle, les échanges humains et culturels sont un moyen important pour promouvoir le rapprochement des peuples chinois et congolais, à l’image de la présence des médecins et agronomes chinois au Congo, des étudiants congolais en Chine, et de l’apprentissage de la langue chinoise à l’Institut Confucius.

Enfin, dans le cadre de la préservation de la nature, l’ambassadeur de Chine propose la construction d’un écosystème « respectueux de la nature et favorable au développement vert ». « L’homme doit préserver la nature et non se mettre au-dessus d’elle. Résoudre les problèmes liés à la civilisation industrielle et vivre en harmonie avec la nature, c’est une responsabilité qui incombe à chaque membre du village planétaire », a-t-elle insisté.

En effet, dans le domaine de la conservation de la forêt tropicale du Bassin du Congo et la réponse au changement climatique, la diplomate chinoise a rappelé le soutien ferme de son pays, citant quelques exemples illustrant la coopération verte sino-congolaise; notamment la participation de la Chine au deuxième sommet des trois bassins forestiers à Brazzaville, la construction des centrales hydroélectriques, la participation de la Chine à la Journée nationale de l’arbre, etc.

« La Chine reste toujours fidèle aux principes de sincérité, résultats effectifs, amitié et bonne foi »

À la lumière de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité et de l’initiative « la Ceinture et la route », la Chine, a dit l’ambassadeur, « reste toujours fidèle aux principes de sincérité, résultats effectifs, amitié et bonne foi dans le développement des relations sino-africaines ». Son pays partage « le même idéal et le même destin avec les peuples africains et recherche le respect mutuel et le développement commun avec les pays africains ».

« Aujourd’hui, l’Afrique est devenue l’un des participants les plus actifs à l’initiative “la Ceinture et la route” et la coopération sino-africaine dans ce cadre aura des perspectives prometteuses. Des dix programmes de coopération aux huit initiatives majeures en passant par neuf programmes, les relations sino-africaines ont avancé à un rythme accéléré, l’amitié et la coopération sino-africaines sont de plus en plus exemplaires », s’est réjouie l’ambassadeur.

Par ailleurs, la diplomate chinoise a annoncé la tenue du 9e Forum de la coopération Chine-Afrique en automne prochain, à Beijing. En effet, six ans après, les dirigeants chinois et africains se retrouveront pour envisager le développement et la coopération, et échanger des vues sur les expériences de gouvernance.

Par ce sommet, la diplomate LI Yan reste convaincue que « la Chine et l’Afrique feront rayonner l’amitié traditionnelle, approfondiront la solidarité et la coopération, ouvriront de nouveaux horizons à l’accélération du développement partagé, et écriront une nouvelle page de la communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de haut niveau et de la communauté d’avenir partagé pour l’humanité ».

Parlant des conflits qui déchirent le monde, notamment celui de la Russie et l’Ukraine, au Moyen-Orient, sans oublier les menaces non-conventionnelles, comme les crises alimentaire et énergétique, le changement climatique et la cybersécurité, qui se font sentir chaque jour davantage, les défis inédits dont fait face l’humanité, les facteurs d’instabilité, d’incertitude et d’imprévisibilité qui se sont nettement multipliés, la solution chinoise, a-t-elle dit, est de « construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, qui est une vision selon laquelle l’avenir de toutes les nations et de tous les pays est étroitement lié les uns aux autres et il faut faire prévaloir la solidarité, l’interdépendance, la coexistence harmonieuse et la coopération gagnant-gagnant ».

L’ambassadeur a rappelé les propos du président chinois, Xi Jinping, qui disait, « dans les turbulences d’une crise planétaire, les plus de 190 pays du monde ne sont pas à bord de leurs petits bateaux respectifs, mais partagent heurs et malheurs à bord d’un même navire géant. Les petits bateaux ne tiennent pas devant les orages, mais un grand navire peut affronter les vagues déferlantes ».

Lors de la conférence de presse avec le président Emmanuel Macron, le président Xi Jinping, a-t-elle ajouté, a également indiqué que « la Chine était prête à travailler main dans la main avec les autres pays du monde pour développer des relations d’amitié et de coopération sur la base du respect mutuel, et affronter ensemble des défis, en vue d’un avenir meilleur ».

Pour elle, l’Initiative « la Ceinture et la Route » « est une illustration de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. Cette Initiative est un bien public mondial lancé par la Chine et qui profite au monde entier ».

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