Glaciers Enquête Sur Une Disparition Documentaire Essentiel

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Glaciers Enquête Sur Une Disparition Documentaire Essentiel
Glaciers Enquête Sur Une Disparition Documentaire Essentiel

Africa-Press – Congo Brazzaville. Le grondement sourd de leur lente progression a laissé place à un bruit de goutte à goutte… et au fracas des effondrements. Les glaciers fondent et les accidents se font de plus en plus fréquents. En 2025, le glacier du Birch, en Suisse, ensevelissait le village de Blatten, et en 2022, le glacier de la Marmolada, en Italie, s’écroulait en faisant 11 morts.

« Un enjeu qui touche l’ensemble des êtres humains, sur tous les continents »

Mais ces tragédies, qui inquiètent de nombreux villages de montagne, ne représentent qu’une partie des menaces liées à la fonte des glaciers. « Dans notre documentaire ‘Glaciers, enquête sur une disparition’, nous avons voulu montrer que ce n’était pas qu’un problème lointain et localisé en périphérie des glaciers, mais bien un enjeu qui touche l’ensemble des êtres humains, sur tous les continents », a expliqué à Sciences et Avenir Judith Rueff, co-réalisatrice du documentaire, qui sort le 24 février 2026 sur Arte.tv.

Avec leur superficie d’environ 700.000 km2, les glaciers, et notamment les calottes du Groenland et de l’Antarctique, constituent 70% des réserves mondiales d’eau douce. Une ressource très précieuse pour les populations et pour les écosystèmes en aval, en particulier dans contexte de faillite hydrique. Ainsi, au Kirghizistan, pays aux 8.000 glaciers, la pression autour d’eau donne lieu à de véritables négociations géopolitiques. L’eau douce, essentielle pour l’agriculture, est devenue une monnaie d’échange contre le charbon kazakh et le gaz ouzbek.

En France, l’eau provenant du glacier du Rhône est également un bien précieux. Elle alimente les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires et limite la salinité du sol dans les vignes de Camargue. Incarnant ces enjeux sur tous les continents grâce à des scientifiques, des économistes, des dirigeants et des habitants, le documentaire dresse un panorama des filières impactées et des populations touchées.

Crise pour l’eau douce et montée des océans

« La force de ce film est qu’il remet la science là où elle devrait être, c’est-à-dire au sein de la société. Les résultats de la recherche doivent être transmis au grand public et doivent nourrir les politiques », a exprimé Heïdi Sevestre, glaciologue française participant au documentaire, lors d’une projection en avant-première.

De plus, en parallèle de l’assèchement des réserves d’eau douce, le parcours de la glace fondue termine inévitablement dans l’océan. La fonte des glaciers perturbe ainsi les courants marins comme le Gulf Stream, et participe à la montée des eaux. « Dix-huit des plus grandes villes du monde sont situé en zone côtière et l’eau monte. Cela devrait être une préoccupation majeure pour nos dirigeants », soulève Pierre-Olivier François, co-réalisateur du film.

« On a tendance à oublier ces enjeux climatiques au profit des enjeux économiques ou militaires, mais c’est un combat qui va être déterminant dans les années à venir », poursuit le réalisateur. Ainsi, pour ne pas oublier ce sujet et le faire valoir au centre des discussions, l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a déclaré à partir de 2025 une « Décennie d’Action pour les Sciences Cryosphériques », autrement dit les sciences relatives aux zones de glace (banquise, glaciers, pergélisol, calottes polaires).

« Etablir une protection juridique de très haut niveau pour la cryosphère »

« Une idée prisée parmi les scientifiques et les décideurs mobilisés, serait d’établir une protection juridique de très haut niveau, l’équivalent du Traité sur l’Antarctique, mais pour toute la cryosphère », explique Judith Rueff.

Finalement, pour rallier le plus grand nombre à cette cause, Judith Rueff et Pierre-Olivier François ont opté pour une approche aussi sensible que rationnelle. Jonglant entre des images spectaculaires et animations explicatives, cette enquête donne des clés de compréhension, tout en rendant hommage à la beauté fragile de ces géants de glace. « Je me souviens lorsque j’ai marché pour la première fois sur un glacier, le glacier du Rhône, j’avais l’impression d’être sur une bête préhistorique, un dinosaure, c’était impressionnant », conclut Judith Rueff.

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