Le chanvre, un allié pour réduire le CO2 ?

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Le chanvre, un allié pour réduire le CO2 ?
Le chanvre, un allié pour réduire le CO2 ?

Africa-PressCongo Brazzaville. On ne cesse de vanter son intérêt pour l’environnement : le chanvre. En France, leader européen, sa production est en plein boom. Et si cette plante millénaire nous aidait aujourd’hui à réduire nos émissions de CO2 ?

Franck Barbier en est convaincu. Il cultive du chanvre depuis 10 ans et connaît bien son intérêt écologique : “Le chanvre n’a pas besoin d’irrigation. On n’est pas obligé de traiter, on n’est pas obligé de désherber contre les mauvaises herbes, on est pas obligé de la protéger contre les maladies, on est pas non plus obligé de protéger la plante contre les insectes parce qu’il n’y a pas de maladies. Il n’y a pas d’insectes”. Et dans le chanvre, tout est bon : l’extérieur, la fibre, est extrêmement solide, mais on utilise aussi l’intérieur des tiges, le bois, aussi appelé chènevotte, pour par exemple faire du béton et isoler les maisons.

Une culture ancienne, très contrôlée

Dans les esprits, chanvre et cannabis sont souvent associés. Certes ils sont cousins, appartiennent à la même espèce, mais contrairement au cannabis, le chanvre contient très peu de THC, le tétrahydrocannabinol, la molécule psychoactive qui fait tourner la tête. La culture industrielle du chanvre est donc uniquement autorisée, même si très contrôlée, parce que sa concentration en THC est inférieure à 0,2 %. Pour le cannabis, elle est supérieure à 10 %. Autrefois cultivée en masse, puis abandonné pour les fibres synthétiques, cette fibre est de retour et sa production atteint des records historiques. La France a triplé sa surface en 30 ans. Elle est aujourd’hui le premier producteur en Europe.

Incassable à main nue

Alors la recherche sur cette matière pourtant très ancienne est en effervescence. Dans le laboratoire Fibres recherche développement (FRD), Arnaud Day teste le chanvre sous toutes ses formes, pour l’adapter pour l’industrie. “Selon l’application de ces matériaux, on va aller exploiter différentes propriétés. On va apporter une légèreté, par exemple dans certains matériaux, on va apporter un amortissement des vibrations ou une isolation thermique. En apportant des propriétés nouvelles, on va contribuer véritablement à avoir des matériaux plus performants”, nous explique-t-il dans son atelier usine, ses chaussures couvertes de poussière de chanvre.

Rouler au chanvre

Première grosse industrie à y avoir cru, l’automobile fait appel à APM, Automotive performance materials. L’entreprise fabrique une matière à base de chanvre (20 %) et de plastique pour les tableaux de bord des voitures.

“Ces matières remplacent par exemple des fibres de verre avec l’avantage d’être beaucoup plus légères et d’être recyclables”, nous explique son jeune directeur général, Pierre Demortain. Si l’on en croit APM, à ce jour, 3 millions de véhicules roulent tous les jours avec ces matières, sans que personne ne s’en doute, des voitures comme la Peugeot 308, la DS7 de Citroën ou bien la Renault Clio.

“Aujourd’hui en termes d’allègement, on est sur 15 à 25 % sur des applications comme la Clio. Cela va permettre d’avoir un véhicule qui consomme moins d’essence, et donc qui émet moins de CO2.”

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