Pannes D’Électricité Freinent L’Accès à Internet en Afrique

1
Pannes D'Électricité Freinent L'Accès à Internet en Afrique
Pannes D'Électricité Freinent L'Accès à Internet en Afrique

Africa-Press – Congo Brazzaville. Porté par une jeunesse connectée, une forte pénétration du mobile et un engouement croissant pour les services numériques, le continent fait face à un déficit énergétique marqué par la vétusté des réseaux électriques et le manquement d’invesissements. Pourtant, des solutions émergent, entre investissements massifs et énergies renouvelables.

D’après les données du Groupe des Nations unies pour le développement durable (UNSDG), environ 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, soit près de la moitié de la population du continent. Ce chiffre représente plus de 80 % du déficit mondial d’accès à l’électricité. « Même les foyers ou les entreprises déjà connectés au réseau subissent des coupures fréquentes, mettant en péril la fiabilité des services numériques », souligne le rapport de l’UNSDG.

La situation est aggravée par des réseaux électriques obsolètes, un manque d’investissements durables et une gestion inefficiente des ressources. En Afrique du Sud, par exemple, les coupures de courant, connues sous le nom de load shedding, ont coûté près de 51 millions de dollars par jour en 2023. Le pays a subi plus de 2 000 heures de coupures au premier semestre de cette année-là, impactant directement l’économie, les startups et l’écosystème numérique. Au Cameroun, le nombre de délestages a quadruplé entre 2018 et 2021, selon un audit du ministère de l’Eau et de l’Énergie dévoilé début 2025. D’autres pays d’Afrique centrale et sahélienne, comme le Burundi ou le Soudan du Sud, enregistrent des niveaux d’accès à l’électricité parmi les plus faibles au monde.

Le manque d’électricité ne touche pas seulement les grandes infrastructures. Il creuse davantage la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales, riches et pauvres. Entre 60 et 80 % des tours de télécommunication en Afrique subsaharienne sont confrontées à des pannes quotidiennes de 8 à 12 heures, selon Cross Boundary Energy. Cela perturbe l’accès à Internet, la téléphonie mobile et tous les services liés au numérique. Pour les populations rurales, l’absence d’électricité signifie pas d’accès à l’éducation en ligne, aux services de santé numériques ou à l’e-commerce. L’impossibilité de recharger un téléphone ou de se connecter à Internet devient un facteur d’exclusion.

Prioriser l’énergie renouvelable

Face à cette urgence, plusieurs initiatives voient le jour. En avril 2024, le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont lancé Mission 300, un programme ambitieux visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Lors du Sommet africain de l’énergie en janvier 2025, 12 pays ont signé des pactes d’électrification, alignés sur leurs stratégies nationales. Dans le même élan, la Banque mondiale prévoit de mobiliser 30 milliards de dollars d’ici 2030, pour renforcer les infrastructures énergétiques, en s’appuyant sur des mécanismes innovants de financement mixte pour attirer les investissements privés.

Les mini-réseaux (mini-grids) ont également été proposés comme une solution de plus en plus viable, notamment pour électrifier les zones rurales. Selon le rapport State of the global mini-grids market 2024 de SEforALL, 87 % des 3,1 milliards de dollars engagés dans le monde pour les mini-grids ont été dirigés vers l’Afrique, soit 2,7 milliards de dollars. Ces installations ont plus que sextuplé depuis 2018 sur le continent. Entre 2019 et 2021, le nombre de connexions actives en Afrique subsaharienne est passé de 40 700 à plus de 78 000, et continue de croître. Les mini-grids, souvent alimentés par l’énergie solaire, offrent une solution décentralisée, fiable et durable, là où les réseaux nationaux tardent à s’étendre.

Pour que l’Afrique réalise son plein potentiel numérique, la résolution de la crise énergétique est incontournable. « Il ne suffit pas de déployer des câbles ou d’introduire des smartphones: sans électricité, aucune transformation numérique ne peut être durable », martèle UNSDG.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Congo Brazzaville, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here