Portrait : Andrea Mestre, du témoignage à l’engagement contre le VIH/sida

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Portrait : Andrea Mestre, du témoignage à l’engagement contre le VIH/sida
Portrait : Andrea Mestre, du témoignage à l’engagement contre le VIH/sida

Africa-Press – Congo Brazzaville. Dans l’édition du 21 mai 2021, les lecteurs des « Dépêches du Bassin du Congo » faisaient la connaissance d’une jeune femme séropositive, mariée, mère de trois enfants, libre et épanouie, témoignant à visage découvert de son expérience de personne vivant avec le VIH au travers des réseaux sociaux, faisant d’elle une influenceuse d’un genre tout à fait atypique. Un an après, Andréa s’est engagée au travers d’une association qui vise à libérer la parole autour du VIH/sida…

Le sida, encore considéré comme une « maladie de la honte » sous les cieux du Bassin du Congo et entre les murs indiscrets des foyers du continent, renvoie malheureusement à une image de péché quand bien même tous pèchent et ne se repentent pas. A une époque où le sexe est aussi banalisé qu’exposé et perverti, c’est toujours de l’ordre du jeu de hasard que de contracter le VIH/sida ou pas.

Si ce « Syndrome inventé pour décourager les amoureux » tel que parodié par des âmes ingénieuses mais résolument insoucieuses continue d’enlever des centaines de milliers de vie chaque année à travers le monde, son épine la plus acérée reste sans doute la stigmatisation qui tue silencieusement de l’intérieur, sans laisser de statistiques et précipite les pas des malades vers la mort.

C’est dans un tel contexte que le témoignage d’Andréa Mestre vient s’inscrire tel un graphique blanc sur un tableau résolument noir et ténébreux. Lever le voile sur le vécu du sida en se dévoilant par le biais de ce visage qui sera sans doute scruté pour rechercher les traces, les stigmates de cette maladie ; et sans doute aussi prêter son visage aux insultes, aux railleries, au rejet qui sont parfois gratuits dans un monde qui hait et qui tue pour un rien et même sans cause…

Forte de sa foi, Andréa porte son message tel un flambeau en espérant qu’il soit un réel secours pour toute personne dans une situation similaire mais aussi pour faire prendre conscience au public large que le sida ne tue pas s’il est dépisté tôt, convenablement pris en charge et mieux encore, qu’il ne se transmet pas si la charge virale est indétectable. Le pari est réel tant les préjugés ont le nerf d’acier. Andréa bénéficie d’un atout non pas des moindres, la preuve vivante de son discours : son mari et ses trois enfants, séronégatifs et en bonne santé qui l’accompagnent dans ce combat contre la sérophobie.

« Mouvement contre la sérophobie » est justement le nom qu’elle donne à l’association qu’elle crée qui vient naturellement s’inscrire dans le sillage de son témoignage faisant d’elle, mieux qu’une influenceuse, une véritable personnalité publique conviée autant dans les médias qu’à la table des rois pour porter haut son témoignage, utile et percutant par les faits, la démonstration silencieuse de sa vie.

Au delà de ce côté prestigieux qui s’est invité dans son expérience personnelle, Andréa n’a pas oublié ce pourquoi elle avait eu ce courage de prendre la parole sans la moindre garantie que sa voix serait entendue : aider ceux qui vivaient pareille situation. C’est au sein de l’association « Mouvement contre la sérophobie » qu’Andréa Mestre, secondée de sa sœur jumelle Sandra Yelle, s’engage de manière officielle sous le drapeau français contre le VIH/sida pour une année, 2023, qui se veut riche en activités pour faire reculer dans l’ombre et dans la lumière les affres du VIH/sida.

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