Stratégie Nationale Alimentation et Climat Jugée Timide

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Stratégie Nationale Alimentation et Climat Jugée Timide
Stratégie Nationale Alimentation et Climat Jugée Timide

Africa-Press – Congo Brazzaville. Le texte de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, publié par les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé, évoque « une limitation de la consommation de viande et de charcuterie », et non une réduction. Il préconise en revanche de « réduire la consommation de viande importée ». Une initiative saluée par le Syndicat national de la restauration collective, dont les entreprises plébiscitent « l’origine France » pour 72 % de la viande et 99 % des produits frais.

Parmi les objectifs affichés figure « une évolution progressive vers des régimes alimentaires conformes aux recommandations du PNNS (Programme national nutrition santé) ». Cela implique « une augmentation de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes, une consommation suffisante mais limitée de poisson et de produits laitiers, ainsi qu’une limitation de la consommation de viande et de charcuterie ».

Censée définir l’action du gouvernement d’ici 2030 pour promouvoir une alimentation saine et réduire les émissions de gaz à effet de serre, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) est issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat et de la loi Climat adoptée en 2021. Elle était attendue avant juillet 2023, mais sa publication a été retardée à plusieurs reprises.

Des « renoncements »

L’alimentation représente environ un quart de l’empreinte carbone des Français, dont 61 % proviennent des produits d’origine animale. Les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande.

Le terme de « limitation » est privilégié par le ministère de l’Agriculture. Le mot « réduction » figurait dans un projet initial soutenu par le ministère de la Transition écologique. Ce remplacement avait déjà entraîné un premier report, en septembre, de la publication de la stratégie par Matignon, qui avait substitué à l’idée de réduction celle d’ »une consommation de viande équilibrée ».

Recommandations actuelles pour les produits carnés

– Charcuterie: ne pas dépasser 150 g par semaine.

– Viande (hors volaille): limiter la consommation à 500 g par semaine.

– Qualité des produits: privilégier des produits locaux ou issus de l’agriculture biologique.

« Nous sommes soulagés que la stratégie soit enfin sortie, nous avons craint qu’elle ne soit enterrée, a déclaré à l’AFP Stéphanie Pierre, chargée des questions de santé publique à France Assos Santé, qui regroupe des associations de patients. Mais nous nous attendions à une stratégie beaucoup plus courageuse. » Stéphanie Pierre dénonce des « renoncements ». Elle y voit l’influence de « lobbies agroalimentaires » et regrette un manque de volonté pour encadrer la publicité en faveur de la « malbouffe » ciblant les mineurs.

Et quelques avancées

Serge Hercberg, co-créateur du Nutri-Score, s’est également félicité de la publication de la Snanc. Mais il regrette lui aussi « une frilosité et une timidité sur certains points, comme l’absence d’avancées majeures en matière de réglementation de la publicité et du marketing », qui exposent encore de nombreux enfants à la promotion d’aliments dont la consommation excessive est délétère pour la santé. Il déplore également l’absence d’ »objectif immédiat de réduction de la consommation des aliments ultra-transformés ».

Le ministère de l’Agriculture se montre réservé sur le lien entre ces produits et les risques pour la santé, estimant que les données restent insuffisamment définies. Le document final appelle ainsi à davantage d’études sur le sujet comme l’avait déjà demandé l’Anses.

Sur le volet environnemental, le texte affiche plusieurs objectifs, tels que « déployer un affichage environnemental volontaire encadré pour les produits alimentaires mis sur le marché » ou encore lutter contre le greenwashing. La Snanc vise également une réduction de 50 % du gaspillage alimentaire des ménages d’ici 2030, notamment via des campagnes de communication et une simplification des informations relatives aux dates de péremption.

Pour le Réseau Action Climat (RAC), qui fédère des ONG environnementales, le texte comporte « beaucoup d’angles morts malgré certaines avancées ». L’association de défense des animaux L214 dénonce quant à elle « l’absence d’ambition sur la réduction de la consommation de viande », qui constitue selon elle « la seule voie vers un système alimentaire et agricole viable ».

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