Virus Nipah en Inde: L’Europe Doit-Elle S’inquiéter?

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Virus Nipah en Inde: L'Europe Doit-Elle S'inquiéter?
Virus Nipah en Inde: L'Europe Doit-Elle S'inquiéter?

Africa-Press – Congo Brazzaville. Signalée en janvier 2026, la circulation du virus Nipah en Inde ne doit pas inquiéter outre mesure les Européens, assure le Centre de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une agence de l’Union européenne. Il assure que le risque de transmission pour les personnes qui souhaiteraient se rendre dans le pays asiatique est « très faible ».

Le virus a été détecté chez deux infirmiers, un homme et une femme, travaillant dans le même hôpital situé dans l’Etat indien du Bengale-Occidental. Une enquête est toujours en cours pour identifier la source de l’infection. L’institut AIIMS (All India Institute of Medical Sciences) de Kalyani, qui s’est rendu sur place pour mener les investigations, expliquait alors que « le virus Nipah est une maladie infectieuse très mortelle, mais sa capacité de propagation est limitée ».

Et le ECDC semble confirmer cette tendance. Dans un communiqué publié le 29 janvier 2026, l’agence se montre rassurante et note que « le nombre limité de cas et leur lien apparent avec un seul établissement de soins suggèrent qu’il n’y a pas de transmission communautaire à ce stade ».

196 cas contacts négatifs pour l’infection

Le virus Nipah est un virus à ARN du genre Henipavirus. Il est dit « zoonotique »: il se transmet de l’animal à l’humain mais une transmission entre humains est ensuite possible. L’infection peut être asymptomatique. Dans le cas contraire, on observe, dans un premier temps, de la fièvre, des céphalées, des douleurs musculaires, des vomissements et des maux de gorge, liste l’Organisation mondiale de la santé. Ensuite, le patient peut subir des vertiges, de la somnolence et une altération de l’état de conscience. Certaines personnes peuvent aussi présenter de graves problèmes respiratoires.

« Dans les cas graves, on observe une encéphalite et des convulsions, qui évoluent vers le coma en 24 à 48 heures », précise l’OMS. Chez les personnes survivantes d’une encéphalite, 20% des patients gardent des séquelles neurologiques (changement de personnalité, fatigue extrême, convulsions). En cas d’infection, cette maladie est grave: le taux de létalité se situe entre 40% et 75%, selon la souche virale impliquée et les soins apportés au patient.

Les résultats obtenus pour le moment par les autorités indiennes sont cependant rassurants. Ils révèlent que sur 196 personnes ayant été en contact avec l’homme et la femme infectés, toutes sont symptomatiques et ont été testées négatives pour une infection au virus Nipah. De leur côté, des pays asiatiques ont pris des précautions afin de limiter la propagation du virus, notamment le dépistage, dans les aéroports, des passagers qui proviennent d’Inde.

Une introduction en Europe peu probable

Concernant une diffusion du virus au-delà des pays asiatiques, sur le Vieux continent, le risque est minime. « La voie la plus probable d’introduction du virus Nipah en Europe serait par le biais de voyageurs infectés, relève l’ECDC. Bien que l’importation du virus ne puisse être exclue, elle est considérée comme improbable ». Le virus a également peu de chances d’atteindre l’Europe car il a pour réservoir naturel des chauves-souris qui ne sont pas présentes sur le continent mais plutôt dans le sud de l’Asie, les pays attenants à l’océan Indien et l’Océanie.

Pour les Européens qui voudraient se rendre en Inde, là encore « le risque d’infection » est « considéré comme très faible ». L’agence sanitaire énumère cependant quelques précautions à prendre pour les gens qui voudraient se rendre tout particulièrement dans le Bengale-Occidental. Par exemple, éviter le contact avec les animaux domestiques ou sauvages et leurs fluides (urine, sang…) et leurs déjections. En effet, le virus est très contagieux chez les porcs. Les chevaux, les chèvres, les moutons, les chats et les chiens peuvent aussi y être sensibles.

Les chauves-souris réservoirs du virus étant frugivores, il ne faut prendre aucun risque concernant les aliments qui peuvent aussi conduire à une infection. Ainsi, il ne faut pas consommer ceux qui auraient pu être touchés par les petits mammifères et ne pas boire le jus de palmier-dattier. Le Centre de prévention et de contrôle des maladies note qu’il est aussi « recommandé de laver, d’éplucher et de cuire les fruits et légumes avant de les consommer afin de réduire le risque d’exposition ».

Il n’existe aucun traitement ni aucun vaccin pour venir à bout du virus Nipah une fois l’infection déclarée. Si le risque est faible, les précautions doivent néanmoins être respectées scrupuleusement.

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