Dialogue National Inclusif: PDSC Exclut AFC-M23

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Dialogue National Inclusif: PDSC Exclut AFC-M23
Dialogue National Inclusif: PDSC Exclut AFC-M23

Africa-Press – Congo Kinshasa. Dans son discours prononcé lors de l’échange des vœux avec le Corps diplomatique, le 31 janvier 2026, à la Cité de l’U.A, à Kinshasa, le Président de la République, Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a abordé, entre autres choses, la question du Dialogue national inclusif, réclamé par certaines des forces politiques et sociales de notre Pays.

La position prise à cette occasion par le Président de la République à ce sujet du Dialogue a suscité un débat national. Tandis que la plupart la soutiennent, d’aucuns s’yopposent. La principale pomme de discorde réside dans l’exclusion des rebelles par le Chef de l’État.

En effet, dans son discours ci-haut évoqué, le Président de la République martèle comme suit: « Dialogue oui, mais pas avec ceux qui ont commis des crimes envers nos populations ».

Ceux qui revendiquent l’inclusion des rebelles au Dialogue allèguent que le Président Tshisekedi se contredit en acceptant un Dialogue inclusif tout en excluant les rebelles; que cette porte fermée aux rebelles vide le Dialogue de son caractère inclusif. Ils renchérissent en disant que, ce faisant, le Président Tshisekedi passe à côté de la solution, car il ne peut pas chercher la fin de la guerre en excluant du Dialogue ceux-là mêmes qui sont auteurs de la guerre.

Pour sa part, le Parti Démocrate et Social-Chrétien (PDSC) de Joseph Ileo et André Bo-Boliko, parti membre de l’Union Sacrée de la Nation, donne raison au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et soutient donc totalement sa position.

Plus qu’un simple soutien à la position du Chef de l’État, le PDSC alerte l’opinion nationale et internationale sur deux raisons qui commandent l’exclusion de l’AFC/M23 du Dialogue national inclusif.

1. D’abord au point de vue juridique

S’il est acceptable que la recherche de la cohésion nationale pour parler d’une seule voix et chercher ensemble des stratégies, des voies et moyens de mettre fin à une guerre face à un ennemi commun qui agresse la nation peut conduire à un dialogue national inclusif, c’est-à-dire un dialogue mettant autour d’une même table la Majorité au Pouvoir, l’Opposition et la Société civile, on doit néanmoins reconnaître qu’il y a lieu de faire un distinguo entre les Opposants non-armés et les Opposants armés.

En effet, les Opposants armés massacrent, violent, recrutent des mineurs, commettent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, etc, tous faits prohibés par la Constitution et punis par les lois, lesquels faits les exposent à des poursuites judiciaires devant les Cours et Tribunaux tant nationaux qu’ internationaux.

Ayant commis tous ces actes qui ont violé la Constitution et étant punis par les lois, les rebelles de l’AFC-M23 et autres doivent, en vertu de la lutte contre l’impunité prônée par la Constitution, être exclus de toute blanchisserie politique et répondre de leurs actes devant les Cours et Tribunaux, le caractère inclusif du Dialogue ne signifiant pas la suspension de la Constitution ni des Cours et Tribunaux.

Si pendant le Dialogue inclusif, un grand leader qui y participe est attrapé en flagrant délit de meurtre ou de viol de mineur, par exemple, le Procureur ne sera pas empêché de le poursuivre par le caractère inclusif du Dialogue. Le Président Félix Tshisekedi ne commet donc aucune contradiction, aucune incohérence, quand il envisage la possibilité d’un Dialogue national inclusif tout en excluant, avec raison, de celui-ci les rebelles de l’AFC-M23 et autres, dont la responsabilité pénale est, sans doute, engagée.

C’est ici le moment et le lieu de souligner à l’attention de ceux qui les soutiennent et traquent la vertu du « Pacte social » à venir d’assurer la fin de la guerre, que les rebelles de l’AFC-M23 ont foulé aux pieds le « Pacte social contenu dans l’Accord Global et Inclusif signé le 17 décembre 2002 à Pretoria, en Afrique du Sud, à l’issue du Dialogue Intercongolais tenu à Sun-City et à Pretoria en Afrique du Sud, Accord Global et Inclusif aujourd’hui coulé dans la Constitution du 18 février 2006.

Joseph Kabila n’était-il pas à Sun-City et à Pretoria? N’était-il pas engagé par l’Accord Global et Inclusif évoqué ci-haut? N’a-t-il pas signé et promulgué la Constitution du 18 février 2006? Ignore-t-il que tous ces instruments interdisent de chercher le Pouvoir par les armes? Qu’est-ce qui donnera plus de force de contrainte et de persuasion au Pacte social à venir que produira le nouveau Dialogue national inclusif?

Il faut prévenir la récidive et barrer la voie au retour cyclique des malheurs de notre Peuple meurtri trente ans durant par l’action cynique de nos ennemis. Mettons hors d’état de nuire les rebelles.

Les soutenir, les soustraire à l’action légale et légitime de la justice par un Dialogue blanchisserie, c’est consacrer l’impunité combattue par la Constitution, c’est favoriser la récidive et le retour cyclique de la guerre et des malheurs du Peuple Congolais, c’est banaliser les souffrances du Peuple congolais, c’est faire preuve de manque de compassion, c’est trahir le Peuple congolais,

2. Ensuite au point de vue politique

Les rebelles de l’AFC-M23 sont les bras séculiers de Kagame dans sa guerre contre le Congo en vue d’annexer l’Est de ce Pays au Rwanda et même de coloniser le Congo en instaurant à Kinshasa un Pouvoir qui lui soit redevable et docile, travaillant à son service.

Comme lui et les faiseurs de rois avaient promis à Laurent Kabila et mené avec celui-ci, en 1996-1997, la guerre de Banyamulenge devenue par stratégie guerre de l’AFDL, Kagame, toujours avec l’aide des faiseurs de rois, promet aujourd’hui le Pouvoir de Kinshasa à ses supplétifs de l’AFC-M23.

Kagame change de pions et de structures (Banyamulenge, AFDL, RCD, M23), mais son objectif reste le même: l’annexion de l’Est du Congo au Rwanda et la Colonisation du Congo par l’instauration de ses vassaux à Kinshasa.

Alléchés par la promesse d’être intronisés à Kinshasa, les cadres de I’AFC-M23 soutiennent mordicus Kagame et concourent avec acharnement à sa lutte au bout de laquelle ils aperçoivent la prise par eux du Pouvoir de Kinshasa. Ils sont les supplétifs de Kagame, la doublure de Kagame, ils sont Kagame lui-même. Et l’intention, les ardeurs de Kagame ne faiblissent pas. Il ne peut y renoncer sans être contraint par une force extérieure.

Face à cet agresseur acharné qu’est Kagame, le Peuple congolais doit s’ingénier à réaliser son « Delenda Carthago », s’ingénier à trouver les voies et moyens de l’anéantir.

Et le Dialogue national est conçu comme une rencontre de Congolais parlant d’une seule voix pour rechercher de commun accord les stratégies, les voies et moyens de vaincre l’ennemi commun Kagame,

Cela étant, il n’est pas indiqué et on ne peut pas se permettre d’associer les supplétifs ou doublure de Kagame à ce Dialogue où les Congolais s’ingénient à trouver les stratégies de vaincre Kagame.

Dans le même ordre d’idées, la présence de l’AFC-M23 au Dialogue, c’est la présence des yeux, des oreilles et de l’intelligence de Kagame.

Le Dialogue aura été infiltré et piégé et ne produira aucune stratégie qui soit ignorée de Kagame. D’où le PDSC se demande si on ne doit pas examiner profondément la position de ceux qui pensent que le Dialogue devrait se tenir après la fin de la guerre. Et, si pour des raisons de force majeure ce Dialogue devait se tenir avant la fin de la guerre, on devrait procéder à un tri rigoureux des participants.

Et qu’on se garde de comparer des faits incomparables comme certains comparent Moïse Tshombe et les Gendarmes katangais aux rebelles de l’AFC-M23. Moïse Tshombe ne visait pas l’annexion du Katanga à un pays étranger. Sa guerre de sécession n’avait pas duré trente ans ni tué plus de dix millions de Congolaises et Congolais pour l’annexion du Katanga à un pays étranger. Nous sommes ici en présence d’un génocide ayant pour objectif l’annexion de l’Est du Congo au Rwanda et même la Colonisation du Congo par le Rwanda.

Fait à Kinshasa, le 07 février 2026

Présidence nationale

MBUYI MWALABALA Large Albert

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