RDC: 18 Civils Tués en Ituri

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RDC: 18 Civils Tués en Ituri
RDC: 18 Civils Tués en Ituri

Africa-Press – Congo Kinshasa. Des chiffres émanant d’organisations de la société civile indiquent qu’au moins 18 civils ont été tués lors d’une nouvelle attaque attribuée au groupe « Forces démocratiques alliées (ADF) » à Mambasa, dans la province d’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo. L’attaque a ciblé plusieurs villages dans le regroupement de Mambimbi Bela.

Le bilan en République démocratique du Congo reste préliminaire, car plusieurs personnes sont toujours portées disparues, tandis que des rapports indiquent la présence continue des assaillants dans la région.

La majorité des victimes sont des mineurs artisanaux d’or qui opèrent dans cette zone minière. Le groupe extrémiste a également enlevé plusieurs personnes.

Appel à la protection

Kambale Bensele Filémon, président de la société civile, a averti que « le bilan pourrait augmenter », appelant les autorités à fournir une protection aux populations, considérant que « l’ennemi se déplace encore dans les villages sans aucune inquiétude ni dissuasion ».

Il a précisé que plusieurs victimes ont été tuées par décapitation à l’aide de machettes, demandant au gouvernement congolais de renforcer le déploiement militaire, rappelant que « le devoir du gouvernement est de protéger les populations et leurs biens ».

Il a également exprimé sa tristesse face à l’absence d’intervention des forces présentes dans la région lors de l’attaque, soulignant que la situation devient de plus en plus douloureuse car « chaque jour, nous enterrons nos concitoyens qui tombent sous les balles ».

Il a déclaré: « Nous n’avons même pas vu d’intervention de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO)… Il est douloureux d’être contraint chaque jour d’enterrer nos concitoyens qui sont tués. »

Une série d’attaques

Cette opération s’inscrit dans une série d’attaques sanglantes menées ces dernières semaines par le groupe des Forces démocratiques alliées, qui a prêté allégeance à l’organisation État islamique et opère dans la zone frontalière entre les provinces d’Ituri et du Kivu Nord.

Les récents actes de violence ont provoqué une nouvelle vague de déplacements de populations.

Jean Folivério, d’une organisation de défense des droits, a déclaré à Radio France Internationale depuis Kinshasa: « Les civils innocents continuent d’être massacrés au milieu d’une inquiétante indifférence. »

Il a appelé la communauté nationale et internationale à agir rapidement, affirmant que « chaque jour qui passe sans réponse efficace expose des milliers de familles à la mort, au déplacement forcé et à la peur. »

Il a ajouté: « Encore une fois, la province de Mambasa est plongée dans le deuil, et les civils innocents continuent d’être tués au milieu d’une indifférence préoccupante. L’attaque récente a également entraîné le déplacement des populations à l’intérieur de la province. Nous ne cessons d’appeler la communauté nationale et internationale à agir rapidement, car il est devenu urgent d’agir. »

Il a insisté sur le fait qu’il « ne peut pas être laissé aux habitants d’Ituri et du Kivu Nord de faire face seuls aux atrocités des rebelles des Forces démocratiques alliées… Nous rappelons que le silence et l’inaction coûtent des vies… Chaque jour qui passe sans réponse efficace expose des milliers de familles à la mort, au déplacement forcé et à la peur. Il est temps de garantir une protection totale aux civils et d’en faire une priorité absolue. »

Contexte des attaques

Cette attaque survient alors que le bilan de l’agression qui a visé, lundi, le village de Nzibanda dans la province voisine de Beni, au Kivu Nord, a atteint 22 morts.

Parmi les victimes se trouve un technicien travaillant pour une des radios locales.

Ces attaques se poursuivent malgré les opérations militaires menées par les forces armées de la République démocratique du Congo en collaboration avec l’armée ougandaise dans la région.

Malgré des années d’opérations militaires conjointes entre l’armée congolaise et l’armée ougandaise, les Forces démocratiques alliées conservent une grande capacité à mener des attaques et à se redéployer.

En novembre 2021, les forces armées congolaises, en collaboration avec les forces de défense populaire ougandaises, ont lancé une opération militaire à grande échelle contre les bastions du groupe à l’est du Congo.

Ces opérations ont connu certains succès, notamment la libération de centaines d’enlevés et la destruction de camps appartenant au groupe.

Cependant, ces opérations n’ont pas mis fin à la menace, en raison de plusieurs facteurs, notamment la complexité géographique, la faiblesse des institutions congolaises et la persistance d’autres conflits armés, ainsi que la capacité du groupe à recruter et à se déplacer à travers les frontières.

De plus, l’engagement de l’armée congolaise depuis début 2025 à faire face à la rébellion du « Mouvement du 23 mars » soutenu par le Rwanda a permis aux « Forces démocratiques alliées » d’élargir leurs activités contre les civils.

Un rapport antérieur d’Amnesty International a indiqué que le groupe a profité de l’occupation des forces gouvernementales et du changement d’attention internationale vers la crise du « 23 mars » pour intensifier ses attaques et commettre davantage d’abus.

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