RDC: Report des Manifestations, Dialogue ou Fracture?

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RDC: Report des Manifestations, Dialogue ou Fracture?
RDC: Report des Manifestations, Dialogue ou Fracture?

Africa-Press – Congo Kinshasa. Le coalition d’opposition en République Démocratique du Congo, connue sous le nom de « coalition 64 », a annoncé le report de la marche pacifique prévue mercredi devant le Palais de la Nation à Kinshasa, visant à s’opposer à un projet de modification de la constitution. Cette décision fait suite à un appel lancé par des leaders religieux en faveur du dialogue, mais a également ouvert un débat sur la pertinence de cette démarche au sein même de l’opposition.

Selon une source locale, le « Congrès des présidents » des partis membres de la coalition a décidé de reporter la marche en réponse à l’appel des responsables religieux chargés par le président Félix Tshisekedi d’organiser un dialogue national, qui ont demandé à l’opposition de suspendre ses actions pour préparer un climat propice à la discussion.

La coalition a fixé un délai jusqu’au 15 août 2026 pour que le président Tshisekedi convoque officiellement un dialogue national inclusif, avertissant que si cela ne se tenait pas dans le délai imparti ou si les engagements restaient sans traduction concrète, elle appellerait les Congolais à reprendre des actions civiles pacifiques. La coalition a également annoncé qu’elle maintiendrait ses structures à l’intérieur et à l’étranger en état de « mobilisation et de vigilance maximale ».

De plus, la coalition a établi des lignes rouges, mettant en garde contre ce qu’elle considère comme des actes provocateurs, notamment la poursuite du processus de modification de la constitution, et a explicitement mentionné la possibilité d’adoption d’une loi sur le référendum.

Contexte de la crise

Tshisekedi a annoncé vendredi l’organisation d’un dialogue national après une réunion avec des représentants des confessions religieuses, et le gouvernement a qualifié cette initiative d’opportunité pour renforcer la cohésion nationale, annonçant qu’une feuille de route serait publiée dans les jours à venir.

Tshisekedi est président depuis 2019, et son mandat actuel, qui est le dernier selon la constitution, doit se terminer fin 2028, le texte limitant à deux le nombre de mandats de cinq ans chacun. La majorité présidentielle soutient un projet de loi controversé prévoyant la tenue d’un référendum pour modifier la constitution, une démarche qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat.

Divergences au sein de l’opposition

Le report de la manifestation a mis en lumière des divergences au sein de l’opposition. Le leader de l’opposition Laurent Onimba a appelé à une « dissolution claire » de la coalition, estimant que la façade d’unité en son sein était désormais obsolète et ne reflétait plus la réalité politique, et a exhorté la population à se distancier de la coalition, selon un site d’information local.

D’autre part, Kurnai Nanga, coordinateur de « l’Alliance du Fleuve Congo/M23 », a refusé de participer à tout dialogue avec les autorités de Kinshasa, considérant que les discussions politiques ne constituaient pas une solution durable à la crise. Dans une vidéo, il a accusé le pouvoir de ne pas respecter ses engagements, affirmant que la priorité devait être accordée à la reconstruction des institutions de l’État, en définissant quatre priorités: une armée capable de défendre le territoire, une police protégeant les citoyens, une justice indépendante et une administration publique plus efficace.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a déclaré que le dialogue proposé devrait contribuer à construire une « frontière intérieure unie » face à ce qu’il a qualifié d' »agression rwandaise », ajoutant que les participants devraient partager un engagement commun à défendre le pays.

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