Africa-Press – Congo Kinshasa. Au lendemain de l’annonce par l’informateur secrétaire général du parti présidentiel de briguer le poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, la bataille pour la conquête du perchoir est relancée. Sur les réseaux sociaux, c’est une véritable passe d’armes. Les partisans de Kamerhe, Bahati et Mboso revendiquent tous la présidence pour leur leader. Difficile arbitrage pour Félix Tshisekedi qui risque de se créer l’inimitié de deux cardinaux qui ne seront pas choisis.
Les pro-Bahati ont été les premiers à dégainer en faisant circuler sur la toile une liste reprenant le nombre d’élus de leur regroupement politique avec toutes les mosaïques AFDC. Un message qui tranche le débat, selon eux, sur la force politique qui doit prendre la présidence de la Chambre basse du Parlement. À la tête de la deuxième force politique de la majorité après l’Udps, Modeste Bahati Lukwebo se voit en droit de revendiquer ce poste. De l’avis de ses partisans, il est le digne successeur de Mboso. 122 élus (37 nationaux et 76 provinciaux) sont sortis des rangs de son regroupement politique et de ses mosaïques. La notion du poids politique demeure le seul argument que se prévaut le camp Bahati pour espérer distancer la concurrence lors du choix final.
Kamerhe de droit, président de l’Assemblée nationale
Au quartier général de l’UNC, aucun cadre ne prête attention à ce débat que la hiérarchie du parti considère comme de caniveau. Le bon sens aurait voulu que les deux challengers de VK à ce poste s’abstiennent. D’abord, les deux ténors de la mouvance présidentielle, Bahati et Mboso venaient de diriger les deux Chambres. Dans leur tête, ils doivent désormais intégrer l’idée de l’alternance, rappelle un cadre USN. Deuxièmement, Kamerhe, même s’il ne se vante pas, a le plus grand nombre d’élus par rapport aux regroupements de Bahati et Mboso. Troisièmement, VK, insistent ses partisans, « a le plus mouillé le maillot lors de la campagne électorale. Il est presque le seul à avoir fait presque la grande partie du pays pour prêcher Tshisekedi. Le leader de l’UNC a pris d’énormes risques de faire accepter le candidat Tshisekedi dans les fiefs réputés hostiles. La réalité est là. Le Sud-Kivu a donné beaucoup de voix au président, preuve du travail de fourmi abattu par Kamerhe». Quatrièmement, souffle un pro-Kamerhe, son chef de file a le droit, au nom de l’accord de Nairobi ayant enfanté le CACH, de prendre les rênes de la Chambre basse du Parlement. De toute façon, se vante un élu UNC, de ces trois prétendants, seul Kamerhe a le meilleur profil. Même si les partisans de Mboso le chargent d’avoir des ambitions démesurées, le camp de l’ancien vice-Premier ministre de l’Economie parle d’une fuite en avant d’un baobab qui peine à aller en retraite bien qu’il ait perdu toute la lucidité pour conduire une Chambre qui nécessite l’énergie et la clairvoyance. Mais Kamerhe lui-même a répété à plusieurs occasions qu’il est là pour servir la nation, quel que soit le poste. Une belle manière de confondre ses détracteurs.
Mboso veut rempiler
À plus de 80 ans, le briscard Mboso refuse de vivre reclus comme l’ancien président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, dans sa coquette villa de Kinshasa. Debout sur ses deux pieds, le vieux loup, avec un poids politique faible par rapport aux deux autres compétiteurs, ne compte pas abdiquer. Il reste dans la course tout en avançant le même argument qui avait fait pencher la balance en sa faveur lors de la législature passée. L’octogénaire prétend n’avoir aucune ambition politique qui générait le chef de l’État dans la mise en œuvre de ses schémas politiques. L’ex-speaker dit à qui veut l’entendre qu’il travaille uniquement pour servir le président Tshisekedi. Mboso n’hésite pas à s’en prendre aux ambitieux qui, une fois au perchoir, tenteront, dit-il, de gripper la machine Tshisekedi. À plusieurs reprises, il a rappelé aux hommes du sérail de Fatshi que ne pas le désigner à la présidence de la Chambre basse serait une erreur politique fatale face aux appétits gloutons de ses concurrents. Dans ces tiraillements, il brandit toujours son bilan politique. Lui qui a évincé Mabunda et le FCC, avant de forcer la désignation de Kadima à la tête de la commission électorale contre les catholiques et les protestants pour arriver à cette victoire finale de Fatshi. “Il a commandé une équipe qui a gagné, pourquoi alors le changer ?”, se plaint un de ses proches. De loin ou de près, le patriarche s’approprie fièrement le succès électoral, mieux la réélection de Félix Tshisekedi. Pour Mboso, reprendre la direction de la Chambre basse ne sera que justice pour les hauts faits réalisés à l’Assemblée nationale sous son règne.
Au sommet de l’État, jusque-là, c’est le silence radio. Tshisekedi paraît avoir ses calculs que personne ne maîtrise. Il aurait promis à ses trois hommes de main le même poste. Le moment de trancher arrive bientôt. La pilule sera amère pour les deux bonzes qui ne seront pas désignés au perchoir. Ils devront se rabattre sur le gouvernement ou d’autres institutions. Mais malheureusement là-bas, ils ne seront pas chefs de corps.
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