Possible rencontre Tshisekedi-Kagame: mais de quoi vont-ils parler et sur quoi peuvent-ils s’entendre ?

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Possible rencontre Tshisekedi-Kagame: mais de quoi vont-ils parler et sur quoi peuvent-ils s'entendre ?
Possible rencontre Tshisekedi-Kagame: mais de quoi vont-ils parler et sur quoi peuvent-ils s'entendre ?

Africa-Press – Congo Kinshasa. Un tournant peut-être dans la recherche de la paix dans la région des Grands lacs. Le dirigeant rwandais a ouvert lundi la voie à une rencontre avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi pour discuter de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, a annoncé Tete Antonio, ministre angolais des Affaires étrangères à l’issue d’un sommet bilatéral à Luanda.

L’option d’un tête-à-tête entre les deux protagonistes a été levée lundi 11 mars à l’issue d’une rencontre entre Paul Kagame et le président angolais Joao Lourenço, médiateur de l’Union africaine (UA) dans la crise rwando-congolaise. « Il a été convenu que le président rwandais Paul Kagame accepterait de rencontrer le président congolais Félix Tshisekedi à une date qui sera indiquée par le médiateur”, a expliqué à la presse Téte António, avant d’ajouter que chaque partie doit encore travailler à cette date. Fin février, la présidence congolaise avait indiqué sur son compte X, citant également M. Téte, que « le président Félix Tshisekedi aurait donné son accord de principe pour rencontrer son homologue du Rwanda ». Elle rappelait également que « Félix Tshisekedi exige le retrait du territoire congolais des troupes du RDF (armée rwandaise), la cessation des hostilités et le cantonnement des rebelles du M23 avant de rencontrer Paul Kagame ».

Mais de quoi vont-ils parler, rien n’a été décidé, même le lieu et le jour d’un possible échange entre les deux. “Lourenço va-t-il calmer les deux dirigeants aux langages débordants ?”, s’est interrogé un ancien diplomate à la retraite. La rencontre est à encourager mais le narratif sur le conflit de l’est congolais est diamétralement opposé selon qu’on se trouve à Kigali ou à Kinshasa.

– Kagame plaintif et alarmant –

L’année dernière lors de la cérémonie de prestation de serment de deux ministres nommés par lui, le président Paul Kagame, devant tous les élus nationaux de son pays, avait eu l’occasion de s’expliquer finalement pourquoi et comment il s’est introduit dans la guerre en République démocratique du Congo. Malheureusement, il n’avait pas tout dit à son peuple, préférant plutôt lancer des piques à son homologue Félix Tshisekedi. Kagame avait donné l’impression de connaître une saison d’évaluation politique. Le dirigeant rwandais a rappelé pourtant du bout des lèvres que” la paix pour la RDC est la paix pour le Rwanda”. Paul Kagame qui a toujours véhiculé l’image de belliciste, a finalement fait remarquer que son pays est “intéressé par un voisin stable”. “Nous ne créons pas de terrain de conflit, pas du tout. Nous sommes intéressés à construire et à construire jusqu’à ce que nous soyons là où nous voulons être”, avait-il affirmé.

Pour lui, le Rwanda n’a aucun désir de faire la guerre parce que, rappelle-t-il, il y a goûté et sait à quel point c’est mauvais et coûteux, et ne devrait donc pas être celui qui crie à la guerre. “Nous savons ce que signifie la guerre. Si vous cherchez quelqu’un qui s’y connait, n’hésitez pas à me contacter”, a-t-il insinué.

Le président rwandais est revenu sur sa chanson fétiche, les FDLR. Une problématique qu’il alimente pourtant à dessein et qu’il a fini par internationaliser à partir des richesses que lui et ses alliés puisent au pays de Félix Tshisekedi.

“Le problème doit être abordé dans le bon contexte. Il y a plus de 120 groupes armés en RDC. Le problème ne peut pas être seulement le soi-disant M23. La Monusco est déployée en RDC pour faire face à la situation depuis plus de 20 ans. Il n’y a pas un seul jour où ces forces de l’ONU ont combattu les FDLR, mais elles ont été si désireuses de combattre le M23”, a cogné Paul Kagame. Pourtant, le même chef de l’État ferme toutes les portes à un dialogue interwandais avec les FDLR.

– Tshisekedi prêt à déconstruire le discours de Kagame –

La dernière fois quand les deux présidents en conflit (Tshisekedi et Kagame) s’étaient rencontrés le 16 février à Addis-Abeba en Éthiopie en marge d’un mini-sommet de l’Union africaine dirigé par l’Angolais Lourenço, le chef de l’État congolais avait déconstruit le discours mensonger de son homologue rwandais. Dans son intervention, M. Tshisekedi avait balayé tous les prétextes fallacieux avancés par Paul Kagame pour justifier la guerre qu’il mène dans l’est de la RDC.

Se voulant protecteur des Tutsi congolais, fustigeant le refus du gouvernement congolais d’accéder aux revendications du M23, Paul Kagame se dévoile quand il s’agit de proposer la solution au chaos sécuritaire dans l’est du Congo. À ce sujet, Tshisekedi a toujours fait remarquer à son homologue rwandais qu’il ne peut pas prétendre devenir protecteur d’une communauté d’un pays voisin (RDC).

Devant le président angolais João Lourenço, Félix Tshisekedi avait dépeint un Kagame mal avisé et obnubilé par le pillage des ressources naturelles de la RDC au profit du Rwanda et ses complices.

Cette guerre n’est pas une invention de la République démocratique du Congo. C’est une guerre pour continuer le pillage de mon pays et faire le bonheur du Rwanda et de ses complices. On ne peut pas prétendre devenir protecteur d’une communauté d’un pays voisin. Je veux la paix mais pas à n’importe quel prix, a martelé Félix Tshisekedi.

– Pas de négociations avec le M23 –

Le chef de l’État congolais ne bouge pas d’un iota sur ses exigences. Intransigeant, Tshisekedi réaffirme sa ferme opposition de discuter avec le mouvement terroriste. Il exige toujours le retrait immédiat du M23 des zones occupées et le lancement du processus de cantonnement des prétendus rebelles.

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