19 septembre 2016 – 19 septembre 2021: Félix Tshisekedi appelé à ne pas oublier les martyrs de la démocratie

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19 septembre 2016 - 19 septembre 2021: Félix Tshisekedi appelé à ne pas oublier les martyrs de la démocratie
19 septembre 2016 - 19 septembre 2021: Félix Tshisekedi appelé à ne pas oublier les martyrs de la démocratie

Africa-PressCongo Kinshasa. 19 septembre 2016 – 19 septembre 2021, il y a cinq ans de cela, la marche de l’Opposition, à la tête d’affiche Étienne Tshisekedi, était brutalement réprimée par des hommes en uniforme, sous l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila.

A cette occasion, Moïse Moni Della interpelle Félix Tshisekedi sur la nécessité de commémorer cette date historique pour la lutte contre la dictature, l’injustice…

En effet, le 19 septembre 2016, l’Opposition réclamait la convocation du corps électoral pour des élections dans le délai constitutionnel. Ce jour-là, plus de quarante personnes, selon les Nations-Unies, étaient tombées sous les balles.

Le président du parti Conade (Conservateurs de la nature et démocrates), Moïse Moni Della, a été arrêté alors qu’il démarrait à peine sa marche au niveau de Kasa-Vubu, avant d’être transféré à la prison centrale de Makala.

Aujourd’hui, il appelle Félix Tshisekedi, opposant hier et au pouvoir aujourd’hui, à ne pas jeter dans les oubliettes cette journée qui a déclenché, selon lui, le processus de l’alternance politique.

“J’aimerais avant tout saluer la mémoire de ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur. C’est un combat qui me rappelle curieusement le 4 janvier 1959, évènement détonateur du processus de l’indépendance de notre pays”, a-t-il déclaré dimanche 19 septembre 2021.

Donc, pour lui, le 19 septembre date historique pour la démocratie, est ce que le 4 janvier est pour l’indépendance. “Il y a toujours dans l’histoire d’un peuple des dates pareilles”, renchérit-il.

Moni Della se souvient qu’il y a eu beaucoup de morts notamment au siège de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), au siège du MLP( Mouvement Lumumbiste Progressiste)… “C’est une date que j’aimerais qu’on puisse commémorer. J’ai pris l’engagement, jusqu’à ce que je quitterai cette terre, de la commémorer pour me rappeler de ceux qui sont morts pour la justice et l’indépendance”, a-t-il promis.

Il estime que ce serait un “sacrilège” si le président Tshisekedi ne se rappelle pas de cette date. Il rappelle également le 16 février, date commémorative des martyrs de la marche chrétienne.

D’ailleurs, après ces tueries, Moïse Moni Della avait déposé une plainte contre Joseph Kabila, alors président en fonction. Cette plainte avait une valeur pédagogique, selon son auteur. “Ma plainte n’était pas pour me venger. Aujourd’hui, je me réjouis que tout le monde porte plainte. J’avais aussi porté plainte contre Tango Four, Kalev, Boshab, le procureur… C’était pour dire qu’on est contre l’impunité dans ce pays atteint du syndrome de Stockholm, où les gens adulent leurs bourreaux. Quelqu’un qui a volé l’argent de l’Etat est appelé « grand prêtre ». Or ailleurs, des gens comme ça sont bannis de la société. Il faut qu’il y ait des gens comme nous qui refusent de s’accommoder des antivaleurs”, a-t-il martelé.

L’orateur demande à Félix Tshisekedi de se souvenir de Thérèse Kapangala, Rossy Mukendi, Chebeya et bien d’autres. Ceux qui sont vivants doivent être honorés, poursuit-il.

Ce jour-là, le 19 septembre, “je me suis rappelé les premières leçons reçues chez Tshisekedi : vaincre la peur. J’avais vu un peuple sans arme qui avait vaincu la peur. La peur était du côté du pouvoir”.

Il réalise aujourd’hui que si le peuple veut quelque chose, il finit par l’obtenir. “Nous avons obtenu l’organisation des élections sans Kabila. Cette journée a été déterminante pour le reste. Kabila était désarmé ce jour-là”, se réjouit-il.

Malheureusement, constate Moni Della, ceux qui étaient opprimés hier oppriment aujourd’hui. “Ça me fait très mal”, regrette-t-il.

“Je pouvais dire qu’avant Kabila égale après Kabila. Mais je ne vais pas regretter le régime de Kabila. On a lutté avec les amis de l’UDPS contre la répression et on avait dit : « plus jamais ça ! ». Il y a beaucoup de choses qu’on peut reprocher à Martin Fayulu comme humain, mais on ne peut pas lui reprocher le fait d’avoir organisé une marche qui est même l’expression de la respiration d’une démocratie. Surtout que selon la Constitution, nous sommes dans un régime d’information et non d’autorisation. Il a marché pour l’indépendance de la Ceni, un sujet qui n’est pas tabou. Lorsque je vois la répression de cette marche, je m’interroge sur le sens du combat des treize parlementaires, d’Etienne Tshisekedi et des millions des Congolais. C’est comme si on était à l’époque de Mobutu ou de Kabila. Nous devons être corrects et objectifs. Hier, on mettait tous les morts de la répression sur le dos de Kabila. Tshisekedi doit éviter cela. Ceux qui font cela, sont en train de le salir. Ce sont des gens qui parlaient de Kabila matin, midi, soir…”

Toutefois, reconnaît-il, il y a “quand même” quelques avancées. “Il y a une certaine justice. Mais elle est devenue théâtrale : on arrête quelqu’un le matin, le lendemain il tombe malade, après on le libère”.

Moni Della conclut que, s’il y a un parti qui a beaucoup de martyrs au Congo, c’est bien l’UDPS qui a expérimenté la répression du régime Mobutu et des Kabila père et fils. Il invite ce parti à être très regardant du respect des droits de l’homme.

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