Félix Tshisekedi obtient l’adhésion des gouverneurs pro-Kabila

RDC : Félix Tshisekedi obtient l’adhésion des gouverneurs pro-Kabila
RDC : Félix Tshisekedi obtient l’adhésion des gouverneurs pro-Kabila

Africa-PressCongo Kinshasa. La majorité des gouverneurs de province, sous pression et désarçonnés par l’éclatement de la coalition de Joseph Kabila dont beaucoup sont issus, ont promis loyauté à Félix Tshisekedi. Mais avaient-ils le choix ?

En avril 2019, à l’issue du scrutin des gouverneurs, l’heure était à l’effervescence et à l’autosatisfaction dans les rangs du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de Joseph Kabila qui, après avoir remporté la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat, obtenait la majorité des postes à la tête des 26 provinces du pays.

Près de deux ans plus tard, c’est un retournement total et pour le moins inattendu de la situation qui s’est joué lors de la conférence des gouverneurs, qui se tenait à Kinshasa les 28 et 29 décembre. Dans une motion commune, les gouverneurs ont en effet assuré Félix Tshisekedi de leur soutien, et se sont engagés à « soutenir le nouvel élan (…) dans la dynamique de l’union sacrée de la nation ».

« Avions-nous le choix ? »
« Comment pouvait-il en être autrement, alors que la maison FCC est en train de couler ?, glisse à Jeune Afrique un gouverneur issu de la coalition de Joseph Kabila qui a requis l’anonymat. La majorité parlementaire que nous détenions à l’Assemblée s’est effritée après la déchéance du bureau de Jeanine Mabunda et si le Sénat résiste toujours, il est actuellement sur un fil, constate notre source. Dans ce contexte, nous, gouverneurs, avions-nous le choix ? »

En ouvrant lundi les travaux de cette conférence des gouverneurs, Félix Tshisekedi avait à nouveau dressé le constat de l’échec de l’alliance de circonstance nouée depuis son arrivée au pouvoir entre Cap pour le changement (Cach), sa coalition politique, et le FCC, celle de Kabila.

« Au niveau des provinces – pour ne parler que de cet échelon du pouvoir – la crise de cette coalition s’est également ressentie dans l’action de certains exécutifs et de certaines assemblées provinciales, où certaines décisions ont été prises non pas en fonction de l’intérêt des administrés, mais des orientations de la plateforme d’appartenance des acteurs concernés, a regretté le président congolais. Ne pouvant rester insensible devant une telle situation, en tant que garant de la nation et du bon fonctionnement des institutions, j’ai donc tiré toutes les conséquences. »

Les menaces de Tshisekedi
Leur demandant d’adhérer pleinement à l’« union sacrée » qu’il est en train de constituer autour de sa personne, il a aussi mis en garde ceux qui ne s’y rallieraient pas. « Les actes de sabotage des nouvelles politiques publiques que je compte impulser ne seront ni tolérés, ni impunis », a-t-il martelé, annonçant que, désormais, la mise en œuvre de son programme et de ceux des gouvernements provinciaux sera « suivie et évaluée trimestriellement ».

Le chef de l’État congolais a également formellement interdit aux gouverneurs « toute participation à toute entreprise susceptible de mettre en danger, de suspendre ou d’interrompre dans notre pays l’État de droit, son indépendance, sa souveraineté, son unité. »

Désarçonnés par la débâcle du FCC, et harcelés par des motions de défiance dans leurs assemblées provinciales respectives, tous ont décidé d’adhérer à l’« union sacrée ». Une exception, seulement : Zoé Kabila, gouverneur de la province du Tanganyika. Si le frère de l’ancien président de la République a accepté d’apposer sa signature au bas de la motion commune, il s’est refusé à rejoindre formellement l’union sacrée.

Joseph Kabila, de son côté, tente de réorganiser ses troupes depuis Lubumbashi, où il séjourne actuellement. Il espère notamment parvenir à reconquérir la majorité perdue à l’Assemblée nationale. En face, Félix Tshisekedi, qui a reçu samedi ses nouveaux alliés Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, a entamé les discussions avec ces derniers sur le futur partage des responsabilités au sein du bureau de l’Assemblée nationale, mais aussi de l’exécutif. L’objectif étant de parvenir à un accord formel dans les prochains jours.

 

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