Africa-Press – Congo Kinshasa. Le conflit qui déchire l’est de la RDC a connu un nouvel épisode vendredi. Kinshasa a rappelé samedi ses ambassadeurs en poste à Nairobi au Kenya et auprès de l’EAC. La décision du gouvernement congolais intervient 24 heures après l’annonce par Corneille Nangaa de la création d’une alliance politique comptant des groupes rebelles pour “sauver le pays”.
« Le gouvernement via le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères a décidé de rappeler les ambassadeurs John Nyakeru (Kenya) et Jean-Pierre Masala, ambassadeur de la RDC auprès de l’EAC avec résidence à Dar es-Salaam », a déclaré à l’agence Anadolu, Alain Tshibanda, porte-parole du ministre des affaires étrangères de la RDC. Bien avant, le patron de l’intérieur, Peter Kazadi a convoqué l’ambassadeur du Kenya pour des « explications ».
Le courroux de la RDC
Kinshasa a bondi. Tshisekedi qui a traité tout récemment le président rwandais d’Hilter, avait rompu toute coopération avec la force régionale. Les troupes de l’EAC déployées dans la partie orientale pour combattre les terroristes du M23, lesquels occupent des pans entiers des territoires de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu, se complaisaient dans une sorte de cohabitation tacite avec le mouvement rebelle. Finalement, Kinshasa a décidé de foutre les “bons à rien” dehors pour inefficacité et complicité.
Quelques jours après le retrait de la force régionale, l’ex-président de la commission électorale, Corneille Nangaa est apparu vendredi à Nairobi annonçant la création de ce mouvement politico-militaire dénommée « Alliance Fleuve Congo », “jetant ainsi le froid dans les relations entre le Congo-Kinshasa et le Kenya”.
Nangaa s’est affiché avec ses alliés dans cette alliance anti-Félix Tshisekedi, regroupant diverses entités, dont le M23 et d’autres groupes armés, ainsi que des regroupements politiques. L’objectif principal de son initiative, a-t-il déclaré est la refondation de l’État. « Si pour y parvenir, il faut prendre le pouvoir à Kinshasa, nous le prendrons », a-t-il indiqué lors de sa conférence de presse suivie en direct sur internet. Selon lui, les groupes armés affiliés à son alliance sont disséminés dans l’ex-province orientale (Nord – Est) et dans l’espace Katanga (Sud – Est), les deux Kivu (Est) et l’Ituri (Nord – Est).
Vendredi dans la soirée, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya a déclaré devant la presse qu’on « ne peut pas comprendre qu’un pays comme le Kenya, avec qui nous travaillons de manière étroite pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC, puisse abriter des activités subversives de cette nature. Ils nous doivent des explications ».
Corneille Nangaa avait été sanctionné par les États-Unis en 2020 pour corruption dans le processus électoral ayant conduit à la proclamation de Félix Tshisekedi comme président élu. L’opposant s’est exilé mi-2023 estimant ne plus être en sécurité après avoir critiqué la gouvernance de Tshisekedi qu’il n’a eu de cesse de qualifier de « chaotique » sur fond de « dérives dictatoriales ».
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Congo Kinshasa, suivez Africa-Press





