Africa-Press – Congo Kinshasa. Les capitaines de l’industrie minière et le gouvernement ont convenu mercredi à Lubumbashi, au terme de la deuxième session du Cadre de concertation organisée à l’initiative de la Chambre des Mines du patronat congolais, « de mettre en place une commission pour permettre aux différentes parties de s’accorder sur la taxation des métaux accompagnateurs et des sous-produits ».
Les capitaines de l’industrie minière et le ministre des Mines ont convenu mercredi à Lubumbashi, au terme de la deuxième session du Cadre de concertation organisée à l’initiative de la Chambre des Mines du patronat congolais, sur l’exportation du cobalt.
Une circulaire interministérielle sur l’exportation du cobalt sera bientôt signée par le ministre des Mines et son collègue des Finances pour la clarifier la procédure, mieux pour rendre la procédure allégée. « Une circulaire interministérielle, sera signée conjointement par les ministres des Mines et des Finances, afin de clarifier rapidement la procédure d’exportation». La Chambre des Mines sera consultée en amont. La nouvelle a été saluée par les compagnies minières. Cette mesure vise à huiler une machine qui devenait de plus en plus lourde. Elle va aussi renforcer la transparence et la traçabilité. Les deux parties se sont également accordées « de mettre en place une commission pour permettre aux différentes parties de s’accorder sur la taxation des métaux accompagnateurs et des sous-produits ».
En outre, l’exécutif a accepté l’idée de discuter au cours d’une commission sur la question de 5% de participation à céder aux employés. « Toutes les entreprises minières opérant dans le pays sont tenues de respecter les dispositions légales et l’autorité de l’État ». Pour l’envahissement des sites miniers, des mesures seront renforcées mais en même temps, l’État enjoint les entreprises minières de renforcer le dialogue avec les communautés locales. Au sujet des interfences dans le secteur minier, il a été envisagé de mettre en place une structure chargée de gérer toutes les questions. À ce sujet, Louis Watum a été tranchant. Le ministre des Mines a recommandé aux entreprises du secteur de se conformer à la loi pour éviter des tracasseries. Le message est donc clair: « si l’exécutif accède aux doléances des entreprises minières mais le respect de la loi reste non négociable ».
Après trois heures d’échanges à huis clos, le président de la Chambre des Mines, Kassongo Bin Nassor, a exprimé sa satisfaction, rappelant que « toutes les questions ont été abordées. D’ailleurs, les discussions, s’est-il félicité, se sont déroulées sans tabou et en toute franchise ». Preuve de la volonté des parties de privilégier un dialogue direct et sincère.
Des engagements
Une nouvelle phase s’ouvre dans la gouvernance du secteur minier congolais. À l’occasion de cette deuxième session du Cadre de concertation permanente, le ministre des Mines, les services sous sa tutelle et les compagnies minières ont évalué les résultats issus du premier round, avant d’aborder les sujets jugés préoccupants par les opérateurs du secteur. Entre exigences économiques et réglementaires, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba a promis de répondre positivement au cahier des charges des miniers, tout en insistant sur le strict respect de la loi. Ce nouveau face-à-face a marqué une étape importante dans la redéfinition des relations entre l’État et les opérateurs privés.
Devant les participants, le président de la Chambre des Mines, Bin Nassor a insisté sur la nécessité de maintenir le Code minier comme socle fondamental du secteur. « Vous connaissant Mr le ministre des Mines, je reste personnellement convaincu que vous demeurez attaché à la stricte application du code et du règlement miniers, qui constituent les socles d’une gouvernance claire, cohérente et responsable du secteur minier congolais ». Derrière ces propos se profile une inquiétude croissante face à la multiplication d’interventions administratives jugées parfois ambiguës.
La question de la sécurité juridique s’est ainsi imposée comme un point central des discussions. « Ces interventions créent la confusion, fragilisent la sécurité juridique et suscitent des préoccupations légitimes de la part des opérateurs miniers». Pour les opérateurs miniers, la prévisibilité du cadre légal reste une condition essentielle à la poursuite des engagements financiers à long terme dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Entre attentes des investisseurs et rappel à l’ordre de l’État
Face à ces préoccupations, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a adopté un ton ferme, rappelant que l’État demeure le garant de l’ordre et de la conformité. « Nous sommes une nation de production. Nous sommes motivés pour rendre cela possible grâce à chaque personne engagée ici, sur le terrain, un message qui souligne la volonté du gouvernement de soutenir le secteur tout en exigeant le respect strict des règles».
Cependant, le ministre Kabamba a dénoncé les manquements observés chez certains opérateurs, notamment en matière environnementale. « Sur plus de 3 500 entreprises, je n’ai reçu qu’environ 70 réponses, soit un taux de conformité de seulement 2 %. » Un constat alarmant qui justifie, selon lui, le renforcement des contrôles et des sanctions.
Dans ce contexte, le membre de l’executif Suminwa dit assumer pleinement sa mission de régulation. « Ces mesures ne sont pas arbitraires, mais constituent des rappels nécessaires à l’application effective de la loi». L’executif veut ainsi réaffirmer son autorité face à des dérives susceptibles de fragiliser l’ensemble du système. La protection de l’environnement et des travailleurs figure parmi les priorités. « La sécurité, la protection de l’environnement et la responsabilité sociale ne sont pas des options. Ce sont des obligations essentielles et universelles pour la survie des entreprises». Un avertissement qui prouve la détermination des autorités à imposer des standards plus stricts. autorités à imposer des standards plus stricts.
Des progrès, réformes structurelles et encadrement du secteur
Le secrétaire général aux Mines, Jacques Ramazani Lutuba, a mis en avant les réformes engagées pour assainir le secteur. « Les problématiques liées aux catastrophes environnementales affectent directement la population, en particulier dans les zones où opèrent les entreprises minières». Le ministère entend désormais structurer son action à travers une matrice de suivi et des mécanismes de contrôle renforcés.
Des avancées sont signalées dans l’encadrement de l’exploitation artisanale. « Nous notons également des avancées en ce qui concerne les droits relatifs aux zones d’exploitation artisanale (ZEA) ».Ces initiatives visent à mieux intégrer les exploitants artisanaux dans l’économie formelle et à réduire les conflits avec les opérateurs industriels. Les autorités affirment également leur volonté de normaliser les pratiques du secteur. « Il convient de souligner la prise de mesures réglementaires et d’ordonnances visant à normaliser, encadrer et assainir le secteur minier». Une démarche essentielle pour renforcer la crédibilité du pays auprès des investisseurs internationaux.
Au-delà des réformes, l’objectif reste clair: protéger les communautés locales et l’environnement tout en assurant la viabilité économique du secteur, pilier des finances publiques congolaises.
Somika et son énergie solaire
Dans la matinée, avant l’ouverture des travaux, le ministre des Mines, le président de la Chambre des Mines ainsi que l’ensemble de la délégation ont effectué une visite guidée au site de Lupoto, appartenant à la Société Minière du Katanga, situé dans le territoire de Kipushi. Sur le terrain, la délégation ont pu apprécier les installations énergétiques. Ses panneaux solaires photovoltaïques produisent du courant continu estimé 39 Mw qui permet à l’entreprise de tourner ses activités par insuffisance de l’énergie électrique de la Société nationale d’électricité. « Nous sommes un important producteur de cathodes de cuivre, d’hydroxyde de cobalt (II) et d’acide sulfurique de haute qualité. Notre site principal s’étend sur 48 hectares et est doté d’un laboratoire ultramoderne fonctionnant 24 h/24 et 7 j/7 pour effectuer des contrôles de qualité et faciliter une livraison rapide », a indiqué son manager.
Le secteur minier, le poumon de l’économie congolaise
La RDC s’est hissée dans le trio de tête des producteurs mondiaux du cuivre entre 2024-2025, grâce aux projets Kamoa-Kakula, Tenke Fungurume et KCC. Concernant le cobalt, la RDC reste le premier producteur mondial, représentant plus de 70 % de l’offre globale. « Entre 2020 et 2024, le secteur minier s’est affirmé comme le véritable moteur, mieux encore l’accélérateur de l’économie congolaise, représentant plus de 95 % des exportations et près de 47 % des recettes publiques ». Les revenus miniers ont connu une croissance spectaculaire, passant d’environ 2,5 milliards USD en 2020 à plus de 7,3 milliards USD en 2022, avant de se stabiliser autour de 6 à 7 milliards USD en 2023 et 2024. Pour l’année 2025, certaines analyses maintiennent le même niveau de revenus qu’en 2024, du fait de l’interdiction d’exportation du cobalt, mesure prise en février 2025 et levée en octobre », sans qu’aucune exportation n’ait été effectuée jusqu’à la fin de l’année.
Ainsi, sur l’ensemble de cette période, le secteur minier a généré un cumul estimé à près de 33 milliards USD, confirmant son rôle stratégique dans la consolidation des finances publiques et dans le renforcement de la position internationale de la RDC.
Voilà pourqoui la Chambre des Mines s’est fixée comme objectif de faire du secteur minier congolais « un levier de développement local effectif », tout en assurant la sécurité et la stabilité des sites industriels et des communautés locales.





