Pourquoi les banques africaines doivent s’ouvrir aux fintechs

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Pourquoi les banques africaines doivent s’ouvrir aux fintechs
Pourquoi les banques africaines doivent s’ouvrir aux fintechs

Africa-Press – Congo Kinshasa. Contraintes de s’adapter pour rester compétitives, les institutions financières ont tout intérêt à se penser comme des écosystèmes ouverts et interconnectés, analyse Ridha Meftah, associé chez EY.

L’air est électrique dans le monde de la finance. Une révolution est en marche, propulsée par l’essor des écosystèmes numériques et l’avènement des interfaces de programmation d’application (API). Autrefois cloisonnées dans leur tour d’ivoire, les banques se voient désormais obligées d’ouvrir leurs portes et de collaborer avec de nouveaux acteurs pour répondre aux attentes des clients et rester compétitives.

Imaginez un monde dans lequel vos achats, vos investissements et vos transactions quotidiennes s’intègrent de manière fluide au sein d’un vaste réseau d’interactions et d’opportunités. C’est la promesse des écosystèmes financiers, où les services financiers ne se limitent plus aux institutions traditionnelles.

S’adapter ou se laisser distancer

Au cœur de cette transformation se trouvent les API, ces interfaces logicielles qui agissent comme des ponts invisibles reliant les banques aux fintechs, aux marketplaces et à une multitude d’autres acteurs. Grâce à elles, les données et les services bancaires deviennent accessibles à tous, ouvrant la voie à une nouvelle ère d’innovation.

Pourquoi cette révolution ? D’abord, parce que les clients exigent plus. Ils veulent des expériences fluides et personnalisées, accessibles à partir de multiples points de contact. Ensuite, parce que les technologies numériques ont transformé le paysage bancaire, réduisant les coûts de collaboration et créant de nouvelles plateformes d’échange. Enfin, parce que de nouveaux acteurs, comme les fintechs et les géants du numérique, bousculent les codes du secteur en proposant des solutions innovantes.

Face à ces changements, les institutions financières ont deux choix: s’adapter ou se laisser distancer. Celles qui choisiront l’adaptation deviendront les acteurs clés de l’économie de demain. Elles devront pour cela développer une stratégie API robuste, bâtir des partenariats solides et investir dans les talents digitaux.

Quatre stratégies possibles

Une étude interne EY sur les API de 30 banques mondiales a permis d’identifier trois catégories d’acteurs: les leaders, qui lancent de nouveaux produits numériques tous les mois ; le peloton intermédiaire, qui essaie de suivre le rythme avec des capacités d’innovation limitées ; les retardataires, qui se contentent de respecter les exigences règlementaires de l’open banking (système bancaire ouvert).

En fonction notamment de leurs forces et de leurs faiblesses, de leurs objectifs stratégiques et du type de clients qu’elles souhaitent cibler, les institutions financières peuvent ainsi adopter quatre stratégies distinctes:

Le maintien du modèle actuel: conserver le modèle économique existant sans apporter de changements radicaux, mais en assurant un accès ouvert conformément aux mandats réglementaires en vigueur ;

La mise à disposition d’infrastructures: fournir aux tiers un accès aux cadres règlementaires ainsi qu’à une vaste gamme de services financiers internes via un ensemble d’API définis ;

Le leadership de produit: identifier et renforcer des partenariats fiables afin d’établir une position dominante dans des catégories spécifiques de produits ;

L’orchestration d’écosystème: développer une proposition de valeur de premier plan à travers la création et la gestion active d’un écosystème complet englobant une gamme étendue de services financiers et de partenaires.

Vers une nouvelle économie de marché

Les écosystèmes financiers transcendent désormais les frontières sectorielles, émerveillant par leur potentiel à instaurer de novatrices plateformes de marché numériques intersectorielles, où les services financiers se positionnent en piliers incontournables. Envisageons un monde où l’acquisition d’un véhicule, la souscription à une assurance, ou encore l’obtention d’un prêt hypothécaire se matérialisent en quelques clics, au sein d’une plateforme unique. C’est l’horizon prometteur que dessinent les API et les écosystèmes financiers.

En d’autres termes, les écosystèmes financiers sont tenus de viser l’optimisation de l’expérience client par l’incorporation de produits financiers à forte valeur ajoutée, tels que les programmes de financement, d’assurance, de gestion des risques et de fidélisation, afin d’accroître la valeur offerte aux clients. Le parcours client se voit ainsi sublimé par une expérience omnicanale, où l’accès à une plateforme unifiée ou à un guichet unique facilite grandement les processus de vérification d’identité et de paiement instantané, réduisant au strict nécessaire le nombre de clics requis.

Pour rester pertinentes, les institutions financières doivent devenir des acteurs clés de l’économie des API. Elles doivent embrasser la collaboration et l’innovation pour créer de la valeur à long terme et survivre dans un marché en constante évolution. En conclusion, la révolution des écosystèmes et des API est une opportunité majeure pour les institutions financières. Celles qui sauront saisir cette opportunité seront les mieux placées pour prospérer dans l’économie de demain. L’avenir appartient à ceux qui sauront embrasser le changement.

Source: JeuneAfrique

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