Africa-Press – Congo Kinshasa. L’annonce de Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire pour la RDC, est d’une « franchise brutale ». Le Plan de réponse humanitaire pour 2026 nécessite 1,8 milliard de dollars américains. Mais face à la raréfaction des budgets mondiaux, les humanitaires ont dû trancher dans le vif. Sur les 15 millions de Congolais dont la survie dépend d’une assistance immédiate, seuls 7 millions ont été retenus dans les programmes d’aide.
Le « tri » humanitaire: Un dilemme moral sans précédent
Pour la première fois, la communauté internationale ne se contente plus de déplorer un manque de fonds ; elle planifie effectivement l’exclusion de plus de la moitié des vulnérables. Ce « choix douloureux » est la conséquence directe d’une chute vertigineuse des financements.
En 2024, les États-Unis portaient à bout de bras 70 % de l’effort humanitaire en RDC. En 2026, ce pilier s’est fissuré à une « vitesse fulgurante » , laissant le pays — pourtant premier programme américain au monde par le passé — dans un vide financier abyssal.
Une explosion des besoins sur fond de chaos sécuritaire
Si l’argent manque, les causes de la détresse, elles, ne faiblissent pas. Le pays est pris dans un étau de violences multiples:
L’ombre des « autorités de facto »: Dans l’Est, de vastes zones échappent au contrôle de l’État. Les ONG nationales y travaillent sous une pression constante, rendant l’acheminement de l’aide périlleux et, souvent , politisé.
Le brasier de l’Ituri: Les atrocités commises par les ADF et les affrontements persistants bloquent l’accès aux populations les plus isolées, là où les besoins sont les plus criants.
5,3 millions de déplacés: Le prix de l’indifférence
Le bilan humain est vertigineux. La RDC compte désormais 5,3 millions de déplacés internes, dont la grande majorité s’entasse dans les quatre provinces de l’Est. À ce chaos s’ajoute un phénomène de retour massif: 4,1 millions de personnes sont revenus dans leurs zones d’origine depuis début 2025.Cependant, ces retours ne sont pas toujours synonymes de paix. Si certains sont volontaires, beaucoup sont forcés, renvoyant des familles entières dans des zones encore sous contrôle rebelle, sans ressources ni protection, aggravant un cycle de précarité déjà insoutenable.
Vers une catastrophe silencieuse?
En limitant son intervention à 7 millions de personnes, l’aide internationale se concentre uniquement sur les « urgences des urgences ».
Mais que deviendront les 8 millions de laissez-pour-compte? Privés de nourriture, de soins de base et d’eau potable, ils constituent une bombe à retardement sanitaire et sociale pour la région.





