Africa-Press – Congo Kinshasa. En marge de la commémoration du 4e anniversaire de l’agression de l’Ukraine par la Russie, le deuxième vice-président du Sénat congolais, Modeste Bahati Lukwebo, a livré une analyse sans concession de la situation sécuritaire en RD Congo, établissant un parallèle entre la guerre en Ukraine et l’agression que subit la RDC à l’Est.
Ukraine–RDC: une agression, un même combat
Pour Modeste Bahati Lukwebo, l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’inscrit dans une logique comparable à celle vécue par la RDC. Il rappelle que si des tensions existaient déjà avant l’annexion de la Crimée, l’offensive actuelle constitue une véritable entreprise de conquête territoriale.
Répondant à l’invitation de l’ambassadeur d’Ukraine en RDC, avec l’appui de l’Union européenne, le sénateur a expliqué que cette commémoration visait à rappeler au monde une réalité douloureuse et partagée: « ce qui se passe en Ukraine est pratiquement identique à ce qui se passe chez nous ».
L’Est de la RDC, théâtre d’une agression persistante
Le deuxième vice-président du Sénat a dénoncé ce qu’il qualifie d’« agression rwandaise », menée selon lui à travers les groupes armés de l’AFC/M23. À ses yeux, il ne fait aucun doute que la RDC, à l’instar de l’Ukraine, est victime d’une agression clairement identifiée et largement connue de la communauté internationale.
Il estime que cette situation exige une mobilisation accrue en faveur d’un retour rapide et durable de la paix.
Cessez-le-feu: un danger s’il fige les positions
Tout en reconnaissant les efforts diplomatiques entrepris par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Chilombo, Modeste Bahati Lukwebo met en garde contre une lecture dangereuse du cessez-le-feu.
Selon lui, un cessez-le-feu qui maintiendrait les forces en présence dans leurs positions actuelles reviendrait à entériner la balkanisation du pays. « Garder les positions telles qu’elles sont aujourd’hui, c’est consacrer la partition de la RDC », a-t-il averti.
Retrait des forces étrangères et application des résolutions de l’ONU
Pour le sénateur, la priorité doit être claire: obtenir le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, ainsi que celui des groupes armés qui leur sont affiliés. Il plaide pour l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle au retrait des forces étrangères et à la restauration de la paix.
Il rappelle qu’avant cette crise, la RDC jouissait de son intégrité territoriale et vivait en paix, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu aujourd’hui gravement affectées.
Union européenne: des paroles aux actes
Modeste Bahati Lukwebo reconnaît que l’Union européenne multiplie les déclarations et prises de position, notamment au Parlement européen. Toutefois, il déplore le manque de concrétisation de ces décisions au niveau de la Commission européenne.
Il souligne par ailleurs que la RDC ne peut s’attendre à un soutien financier équivalent à celui accordé à l’Ukraine, estimant qu’il est naturel pour chaque entité de prioriser ses propres intérêts stratégiques.
Compter sur soi-même: armée forte et bonne gouvernance
Le message central de l’intervention de Bahati Lukwebo reste l’appel à l’autonomie stratégique. Selon lui, la RDC doit cesser de dépendre de l’extérieur et investir dans une armée capable de protéger durablement le territoire national.
Il insiste également sur la responsabilité interne, affirmant qu’aucune agression ne peut réussir sans complicités locales. D’où la nécessité, pour les dirigeants comme pour le peuple, de rompre avec les pratiques du passé.
Changer de comportement pour sauver la nation
En conclusion, le deuxième vice-président du Sénat appelle à un sursaut national fondé sur la bonne gouvernance, le patriotisme et la solidité des institutions. Pour lui, seule une gouvernance vertueuse permettra de fermer la voie à l’ennemi et de bâtir une armée forte, garante de la sécurité et de la souveraineté de la République démocratique du Congo.





