Africa-Press – Congo Kinshasa. Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a ordonné un audit complet des revenus des exportations minières et des actifs de l’État, avertissant que le manque de contrôle empêche le pays de bénéficier pleinement de ses exportations record de cuivre et de cobalt.
La République démocratique du Congo est l’un des principaux fournisseurs de cobalt et de cuivre, et possède d’énormes réserves de lithium, d’or et de coltan, ce qui en fait un terrain de compétition dans la lutte mondiale pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels.
Le gouvernement congolais a signé des accords distincts concernant les minéraux avec les États-Unis et la Chine, alors que ces deux puissances cherchent à constituer des stocks de minéraux essentiels pour soutenir la transition vers une énergie propre et des véhicules électriques fonctionnant sur batteries.
La République démocratique du Congo a exporté environ 3,4 millions de tonnes métriques de cuivre en 2025, en hausse par rapport à 3,1 millions de tonnes en 2024, tandis que les exportations de cobalt ont atteint environ 220 000 tonnes, selon des chiffres présentés lors d’une réunion du conseil des ministres présidée par Tshisekedi.
Reuters a rapporté ce mois-ci que la République démocratique du Congo a exporté environ 955 000 tonnes métriques de cuivre entre janvier et mars 2026, en baisse par rapport à environ 1,09 million de tonnes l’année précédente.
Malgré l’augmentation de la production, Tshisekedi a déclaré que le pays perd des revenus en raison d’un contrôle insuffisant, de partenariats non transparents impliquant des actifs miniers de l’État, de la fuite des bénéfices à l’étranger et de la fuite de capitaux via des importations frauduleuses.
Le président a ordonné un audit complet dans un délai de 30 jours pour identifier les revenus non perçus et les lacunes dans la gestion des partenariats miniers, selon le procès-verbal de la réunion. Le rapport n’a pas précisé les mécanismes et l’étendue des audits.
Il a également donné des instructions aux autorités pour relier complètement les douanes, les agences portuaires, la banque centrale et les banques commerciales, soulignant la nécessité de suivre toutes les exportations et importations de minéraux via une chaîne d’approvisionnement traçable. Le procès-verbal a indiqué que les résultats préliminaires seront annoncés d’ici le 15 juin.
La République démocratique du Congo, qui est l’un des pays les plus pauvres du monde, a récemment lancé des réformes dans le secteur minier pour renforcer le contrôle de l’État sur ce secteur afin d’augmenter les revenus.
Un audit gouvernemental a révélé que les grandes entreprises minières avaient sous-évalué près de 16,8 milliards de dollars américains entre 2018 et 2023, ce qui pourrait réduire les ressources allouées au gouvernement et aux communautés locales.





