Africa-Press – Congo Kinshasa. À quelques jours des examens du deuxième trimestre, la situation des élèves déplacés devient préoccupante dans la sous-division Kalehe 2 (territoire de Kalehe, groupement de Mubuku, Bunyakiri) et dans le territoire d’Idjwi.
Sans nourriture régulière, sans fournitures ni uniformes depuis la rentrée scolaire 2025-2026, beaucoup abandonnent les cours en cette période de révisions.
« Plusieurs élèves n’étudient plus parce que leurs parents sont à bout », résume Endeleya Claire, syndicaliste des enseignants de Mubuku.
La crise humanitaire et économique locale a tari les revenus des familles. « Il est impossible de nourrir les enfants scolarisés, encore moins d’acheter cahiers et stylos. Dans les salles de classe, les enseignants constatent des absences prolongées et une incapacité à se concentrer ; l’estomac vide, il est difficile de préparer une épreuve », renchérit-elle.
À Idjwi, les écoles primaires du territoire tentent d’organiser les examens du deuxième trimestre de l’année scolaire 2026, mais les défis sont énormes. Plusieurs enseignants interrogés par le bulletin Habari za Mahali indiquent que la crise économique provoquée par les conflits armés dans la province du Sud-Kivu a fortement affecté la capacité des parents à prendre en charge la scolarité de leurs enfants.
Selon ces enseignants, de nombreux élèves sont régulièrement renvoyés de l’école pour non-paiement des frais scolaires, ce qui perturbe leur apprentissage et affecte leurs performances scolaires. Des enfants qui obtenaient de très bons résultats connaissent aujourd’hui une baisse de niveau.
« Les examens du deuxième trimestre se déroulent dans un contexte très difficile. La guerre a perturbé l’économie des parents et beaucoup ne savent plus comment scolariser leurs enfants », explique un enseignant.
Dans certaines écoles, les conditions matérielles des élèves sont particulièrement préoccupantes. Certains enfants passent les examens sans cahiers ni stylos, d’autres sans uniforme scolaire. Plusieurs viennent à l’école sans avoir mangé, une situation qui affecte leur concentration et leurs capacités d’apprentissage.
« Vous pouvez trouver un enfant qui n’a rien mangé et qui doit passer son examen. Dans ces conditions, il est difficile pour lui de bien réussir », ajoute cet enseignant.
Les syndicalistes et les enseignants appellent les organisations humanitaires à intervenir en urgence pour une aide alimentaire ciblée, la distribution de kits scolaires minimums et un appui aux familles d’accueil afin d’éviter un décrochage massif pendant la période préparatoire aux examens. Pour eux, garantir l’accès à l’éducation et améliorer les conditions d’apprentissage des enfants demeure essentiel pour préserver l’avenir des communautés touchées par la crise.





