Parc National de l’Upemba: Enquête sur le massacre d’écogardes

0
Parc National de l’Upemba: Enquête sur le massacre d'écogardes
Parc National de l’Upemba: Enquête sur le massacre d'écogardes

Africa-Press – Congo Kinshasa. Alors que le Parc National de l’Upemba panse ses plaies, l’heure est à l’exigence de justice. Dans une note de plaidoyer urgente transmise depuis le jeudi 5 mars aux plus hautes autorités de la République Démocratique du Congo, l’ASBL Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) condamne avec la dernière fermeté l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 3 mars contre le Quartier Général de Lusinga.

Le bilan, encore provisoire, est lourd: sept agents du parc ont été « sauvagement abattus », tandis que plusieurs autres sont portés disparus et des équipements ont été pillés. L’attaque, attribuée à des hommes armés non encore identifiés, a coûté la vie à Subira Bonhomme (Chargé de programme), Blaise Kambale Bwachanakazi (Agent financier), Ngoy Mateta Jean Paul (RH et OPJ), Dr Ruth Osodu (Vétérinaire), Samuel (Motard attaché au parc), Tchimanga Shambuyi Jean Claude et Kilolo Beya Benjamin (tous deux écogardes).

Pour l’ACEDH, cet « acte criminel d’une extrême gravité » ne saurait rester impuni. L’organisation, basée à Beni, rappelle que ces décès s’inscrivent dans une sinistre litanie: en deux décennies, plus de 200 agents de conservation ont été tués dans les différentes aires protégées du pays (Virunga, Kahuzi-Biega, Réserve de la Faune à Okapis, etc.), sans que des enquêtes approfondies ou des procès exemplaires aient eu lieu.

Dans sa note adressée principalement au Vice-Premier Ministre de la Défense et à l’Auditeur Général des FARDC, l’ACEDH soulève de « vives préoccupations ». L’ASBL dénonce une « SOP (sans objet précis) d’impunité » qui ternit l’image d’un secteur pourtant crucial pour la vision du pays. « Ces actes démontrent que défendre la nature en RDC est un travail dangereux malgré son importance. Ces victimes sont tombées à cause de leur engagement pour la protection de la biodiversité, patrimoine commun de l’humanité », insiste le texte.

Au-delà de l’indignation, le plaidoyer signé par son Secrétaire Exécutif, Olivier Ndoole se veut un appel pressant à l’action. L’organisation estime que “la vision RDC Pays Solution en matière climatique” ne peut être crédible sans garantir la sécurité de ceux qui protègent ces poumons verts.

Pour ce faire, la recommandation la plus significative de cette note est sans équivoque: l’ACEDH exige des autorités judiciaires et sécuritaires qu’elles mettent fin à ce cycle de violence par une réponse ferme et structurée.

De plus, l’organisation demande avec insistance l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses, indépendantes et transparentes afin d’identifier, localiser et arrêter les auteurs, coauteurs et complices de cette attaque. Elle réclame également l’organisation d’un procès public, impartial et équitable dans les meilleurs délais, afin d’établir les responsabilités et de rendre justice aux familles des victimes.

« Les victimes ont payé de leur vie à cause de leur engagement. Leur sacrifice appelle une réponse politique et judiciaire ferme et exemplaire », martèle le document.

Des mesures structurelles pour les « protecteurs de la nature »

En parallèle de ces poursuites judiciaires, l’ACEDH exhorte l’État congolais à engager des réformes profondes pour adapter la protection des aires protégées au contexte actuel. Cette organisation des défenseurs de l’environnement a proposé plusieurs pistes:

– Le renforcement concret de la sécurité des agents des parcs.

– Une réforme des politiques de protection spéciales, intégrant les nouveaux outils technologiques.

– La mise en application effective du décret n°15/012 portant création du CorPPN (Corps de Protection des Parcs Nationaux) pour déployer ses brigades sur le terrain.

« Les meilleures politiques climatiques sont celles qui prennent en compte la protection de ceux qui protègent le climat », conclut l’ACEDH, en rappelant à l’État congolais son obligation de garantir la sécurité de ses citoyens, particulièrement ceux qui, au prix de leur vie, œuvrent pour le patrimoine naturel commun.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here