La RDC Active le Suivi du Cessez-Le-Feu à L’Est

5
La RDC Active le Suivi du Cessez-Le-Feu à L'Est
La RDC Active le Suivi du Cessez-Le-Feu à L'Est

Africa-Press – Congo Kinshasa. Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a envoyé trois officiers des forces armées dans la ville de Goma, dans l’est du pays, pour rejoindre le mécanisme de vérification conjointe chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu entre Kinshasa et l’Alliance des forces pour le changement/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Cette initiative vise à activer un mécanisme dont la mise en œuvre était suspendue depuis des mois, malgré les accusations mutuelles entre les deux parties concernant des violations sur le terrain et des attaques contre des civils.

Les trois officiers, Cosmas Ben Iboul, Freddy Lukuli Boufanda et André Kitoko Demonikeni, sont arrivés à Goma le 13 juillet à bord d’un vol de la mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République Démocratique du Congo (MONUSCO).

Ils représenteront le gouvernement congolais au sein du mécanisme de vérification conjointe élargie (EJVM+), connu en français sous le nom de MCVE+, qui a été créé pour surveiller l’application de l’accord de cessez-le-feu signé entre le gouvernement congolais et le Mouvement du 23 mars.

L’idée de créer ce mécanisme découle de l’accord de cessez-le-feu signé dans la capitale qatarie Doha le 14 octobre 2025, qui stipule la formation d’un mécanisme commun pour surveiller le respect de la trêve. Le 2 février 2026, les compétences et la structure du mécanisme ainsi que ses procédures de travail ont été adoptées, mais sa mise en œuvre a été entravée pendant plusieurs mois.

Les discussions qui se sont tenues à Montreux, en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, ont permis des avancées sur ce dossier, avec la signature par le gouvernement congolais et le Mouvement du 23 mars, ainsi que par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, d’un protocole d’accord le 14 avril officialisant la création du mécanisme.

Le mécanisme comprend un nombre égal de représentants du gouvernement congolais et du Mouvement du 23 mars, avec un soutien technique et logistique de la mission des Nations Unies (MONUSCO). L’Union africaine, le Qatar et les États-Unis participent en tant qu’observateurs. Sa mission est de surveiller les violations du cessez-le-feu, d’enquêter et de rendre compte, dans le but de réduire l’escalade militaire et de renforcer les chances de stabilisation de la trêve.

La nomination des trois officiers a été officialisée lors d’une réunion tenue le 2 juillet entre le vice-premier ministre et ministre de la Défense congolais Guy Kabumba Moadiamvita et le chef de la mission MONUSCO, James Swan. Les deux parties ont discuté des moyens de protéger les civils, de soutenir les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration, ainsi que de surveiller l’application du cessez-le-feu dans le cadre des processus de négociation à Doha et à Washington.

Malgré cette avancée, des défis subsistent qui entravent le fonctionnement complet du mécanisme, notamment le retard dans le financement, l’achèvement des nominations de tous les membres du mécanisme des deux parties, ainsi que l’absence de garanties de sécurité nécessaires pour accéder aux deux côtés des lignes de front.

La région de Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, connaît également une montée des tensions, le Mouvement du 23 mars accusant le gouvernement de tenter de reprendre le contrôle militaire de la région, alors que des frappes de drones ont eu lieu ces dernières semaines.

Sur le terrain, les deux parties continuent d’échanger des accusations de violation du cessez-le-feu. Les forces armées congolaises ont déclaré dans un communiqué publié le 5 juillet que le Mouvement du 23 mars avait mené des frappes de drones armés de type « TB2 » ciblant des sites dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu les 4 et 5 juillet, entraînant des pertes humaines, des blessures chez des civils et des dommages matériels, notamment dans la ville de Baraka, dans la province du Sud-Kivu. Le mouvement a également été accusé d’exécuter des arrestations arbitraires de jeunes dans les zones sous son contrôle.

En revanche, le Mouvement du 23 mars a déclaré dans un communiqué publié le 14 juillet que ce qu’il a qualifié de « forces de l’alliance du régime de Kinshasa » avaient attaqué plusieurs sites dans la province de Masisi, au Nord-Kivu, notamment Malimo, Miyandja, Gaseni, Ruki et Gatovu, les 12 et 14 juillet. Le mouvement a accusé le gouvernement de préparer une attaque à grande échelle dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, affirmant qu’il continuera à établir un cordon de sécurité pour protéger les civils.

Ces deux récits reflètent la persistance de la méfiance entre le gouvernement congolais et le Mouvement du 23 mars, alors que le mécanisme de vérification conjointe s’efforce de commencer son travail sur le terrain, au milieu de défis sécuritaires et logistiques qui pourraient affecter sa capacité à stabiliser le cessez-le-feu et à contenir l’escalade dans l’est de la République Démocratique du Congo.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here