Africa-Press – Congo Kinshasa. Un ancien diplomate belge, Étienne Davignon, est décédé à l’âge de 93 ans, avant de comparaître devant le tribunal dans l’affaire de l’assassinat du leader congolais Patrice Lumumba en 1961, après être devenu en mars dernier la première personne à faire l’objet d’une accusation officielle dans cette affaire historique.
L’institut de recherche a confirmé la nouvelle de son décès, mettant ainsi fin à la procédure judiciaire contre la dernière personne encore en vie parmi les accusés dans l’enquête belge sur l’assassinat de Patrice Lumumba.
La justice belge avait décidé en mars 2026 de renvoyer Davignon devant le tribunal pour des accusations liées à des crimes de guerre, en raison de son implication présumée dans l’exécution extrajudiciaire du leader congolais il y a 65 ans.
Cette décision était considérée comme une dernière tentative de faire la lumière sur l’un des assassinats politiques les plus marquants du XXe siècle.
Patrice Lumumba était devenu le premier Premier ministre de la République démocratique du Congo après son indépendance de la Belgique en 1960, avant d’être évincé du pouvoir quelques mois plus tard et tué le 16 janvier 1961 par des sécessionnistes soutenus par la Belgique.
L’assassinat de Lumumba est perçu comme l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire coloniale belge et a constitué un tournant majeur dans le parcours des mouvements de libération africains à cette époque.
Le parquet belge a déclaré que Davignon, qui était alors un diplomate débutant, avait participé à la détention illégale de Lumumba ou à son transfert, lui refusant son droit à un procès équitable et impartial.
Il a également été accusé d’avoir participé à l’assassinat de deux alliés politiques de Lumumba, à savoir Maurice Mpolo et Joseph Okito.
Davignon a nié toutes les accusations et attendait une décision sur un appel qu’il avait interjeté contre la décision de le renvoyer devant le tribunal avant son décès.
La famille de Lumumba avait salué la décision du tribunal belge à l’époque, considérant que l’affaire ne représentait pas la fin d’une longue bataille, mais « le début d’un affrontement que l’histoire a toujours exigé », selon ses mots.
Avec le décès de Davignon, l’affaire criminelle se clôt pratiquement, la cour ayant confirmé que les dossiers concernant les autres accusés ne resteraient pas ouverts en raison de leur décès.
Après son travail en République démocratique du Congo, Davignon est devenu l’une des figures influentes au sein de l’institution belge, occupant le poste de chef de cabinet du Premier ministre belge Paul-Henri Spaak à la fin des années 1960.
Il a également été commissaire européen de 1977 à 1985, avant d’occuper des postes de direction dans plusieurs grandes entreprises belges et étrangères.





