RDC : guerre des clans au sein du parti de Félix Tshisekedi

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RDC : guerre des clans au sein du parti de Félix Tshisekedi
RDC : guerre des clans au sein du parti de Félix Tshisekedi

Africa-Press – Congo Kinshasa. Depuis que Jean-Marc Kabund-a-Kabund est passé soudainement de président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à prisonnier à Makala, les plus puissants responsables du parti présidentiel savent que la chute peut être douloureuse. Cette fois-ci, c’est Victor Wakwenda, jusque-là président de la Convention démocratique du parti (CDP), une sorte de parlement du parti, qui l’a appris à ses dépens.

Lundi 21 novembre, le septuagénaire a été arrêté et incarcéré durant 24 heures à la prison centrale de Kinshasa. Il lui est reproché la « propagation de faux bruits » pour avoir déclaré que « le pays [était] mal géré », selon des informations fournies par son avocat. Il a également été déchu de ses fonctions et exclu du parti par la commission de discipline de l’UDPS.

Attaque et riposte

Des sanctions prises après plusieurs jours de bras de fer avec Augustin Kabuya, à la tête du secrétariat général du parti de Félix Tshisekedi, l’une des trois instances qui dirige l’UDPS avec la Convention démocratique du parti (CDP) et la Commission électorale. L’affaire a commencé le 12 novembre, lorsque les quatre fédérations UDPS de la ville de Kinshasa se sont réunies autour de la CDP.

Victor Wakwenda a ouvert une brèche qu’il ne sera même pas en mesure de refermer

Victor Wakwenda, prend alors la parole pour critiquer la gestion d’Augustin Kabuya. « Les dysfonctionnements sont tels que même les courriers [envoyés par] les structures internes du parti sont sans suite », regrette-t-il, annonçant la destitution de Kabuya du poste de secrétaire général. Quelques jours plus tard, des manifestants contre Wakwenda protestaient devant le siège de l’UDPS, à Limete. Projectiles, pneus brûlés, cocktails Molotov étaient lancés tandis que les militants réclamaient le départ de Kabuya.

La riposte ne s’est pas fait attendre. «Je ne sais pas s’il s’agit d’un problème d’âge ou de santé mentale. Le monsieur [Victor Wakwenda] a ouvert une brèche qu’il ne sera même pas en mesure de refermer », a répliqué Augustin Kabuya. Alors que Félix Tshisekedi, président de l’UDPS, est accaparé par ses fonctions à la tête de l’État, c’est en réalité une bataille pour le leadership au sein duœ parti qui se joue.

Relations tendues

Il s’agit bien là d’une nouvelle crise pour ce parti déchiré par des rivalités internes et des ambitions divergentes. Après des années d’opposition, l’UDPS semble ne pas réussir à se muer en réel parti de gouvernement, quatre ans après son accession au pouvoir.

En outre, l’UDPS entretient souvent des relations tendues avec ses partenaires politiques. Du parti de Joseph Kabila, à l’époque de leur alliance, à celui de Moïse Katumbi, qui n’est plus un véritable allié, en passant par les formations de Vital Kamerhe ou encore de Jean-Pierre Bemba, « l’UDPS veut que tout le monde s’aligne derrière elle, le contraire vous expose aux insultes et calomnies », regrette un responsable politique partenaire. Un état des lieux préoccupant, alors que Félix Tshisekedi est candidat à sa propre succession, lors de l’élection présidentielle prévue en décembre 2023, et qu’il compte sur sa machine politique pour mener campagne.

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