Tchad se Retire de la CPI sous Pression US

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Tchad se Retire de la CPI sous Pression US
Tchad se Retire de la CPI sous Pression US

Africa-Press – Congo Kinshasa. Le gouvernement tchadien a annoncé sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale, accusant la Cour de “sélectivité manifeste” et de se concentrer de manière déséquilibrée sur les pays africains, ainsi que de son efficacité limitée depuis le début de ses activités en 2002. Cette annonce fait suite à des rapports indiquant qu’un responsable américain a appelé le Tchad à reconsidérer son adhésion à la Cour.

Un porte-parole du gouvernement tchadien, Gassim Sharif, a déclaré que la décision a été prise après un examen approfondi du fonctionnement et du bilan de la Cour, concluant que son efficacité est restée “limitée et inégale entre les régions du monde”. Il a précisé que N’Djamena a officiellement informé le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, de sa décision de se retirer du système de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale.

Critique de la concentration sur l’Afrique

Le gouvernement tchadien a critiqué ce qu’il considère comme une concentration des enquêtes de la Cour sur le continent africain, estimant que la répartition des dossiers et des affaires reflète des critères doubles dans le traitement des violations commises dans différentes régions du monde. Selon les chiffres fournis dans le communiqué gouvernemental, 9 des 13 enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création concernent des pays africains, contre 4 enquêtes dans d’autres régions.

Le communiqué ajoute que 6 des 7 personnes actuellement détenues par la Cour sont poursuivies dans des affaires liées à des situations africaines. La Cour décrit ses dossiers comme “situations en cours d’enquête”, incluant des pays et des régions à l’intérieur et à l’extérieur de l’Afrique, tandis que la concentration initiale des affaires sur le continent a été un sujet de critiques répétées de la part des gouvernements africains.

Outil de domination et de néocolonialisme

Sharif a déclaré que la décision tchadienne s’inscrit dans une “vision africaine globale”, accusant la Cour de s’être transformée en “outil de domination et de néocolonialisme”. N’Djamena a affirmé que le retrait ne signifie pas un abandon de la lutte contre l’impunité, mais reflète son rejet de ce qu’elle considère comme une application sélective de la justice internationale, sans responsabilité équilibrée concernant les crimes commis dans le monde entier.

Nouvelle vague de retraits

Cette décision tchadienne intervient après que le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont déposé des notifications officielles auprès des Nations Unies pour se retirer du système de Rome en juin 2026. Le retrait de ces trois pays sera effectif un an après la réception de la notification par les Nations Unies, sauf s’ils reviennent sur leur décision avant cela.

Le Venezuela a également informé les Nations Unies le 24 juillet de sa décision de se retirer de la Cour, l’accusant de biais géographique et politique contre les pays du Sud mondial.

Le Burundi a été le premier pays à se retirer effectivement de la Cour en 2017, tandis que l’Afrique du Sud et la Gambie avaient annoncé leur intention de se retirer en 2016 avant de revenir sur leurs démarches par la suite.

Pressions américaines sur la Cour

Cette décision intervient à un moment où la Cour fait face à des pressions croissantes de la part des États-Unis, qui ne sont pas membres du système de Rome, en raison de ses enquêtes et des mandats d’arrêt émis par celle-ci.

Washington a salué la décision du Venezuela de commencer son retrait et a appelé d’autres pays à prendre des mesures similaires, tandis que des rapports indiquent qu’un responsable américain a exhorté le gouvernement tchadien à reconsidérer son adhésion à la Cour.

La Cour fait également face à une crise interne après le licenciement de son procureur, Karim Khan, en même temps que des efforts pour choisir un successeur, dans un contexte de manœuvres américaines visant à affaiblir son fonctionnement et à exercer des pressions sur ses responsables.

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