Africa-Press – Congo Kinshasa. La Coupe d’Afrique des Nations a, une fois de plus, démontré son pouvoir de rassembler les Congolais. Pendant la compétition au Maroc, presque tout le pays ne parlait que de football. Pouvoir, opposition, société civile, jeunes et vieux, y compris même certains animateurs de groupes armés, semblaient unis derrière les Léopards. Le ballon rond a créé une rare communion nationale, faisant oublier, pour un moment, les divisions et les difficultés du quotidien.
Grâce à cette participation à la CAN, la RDC a donné l’impression d’un pays apaisé. La joie populaire, les débats sportifs et l’espoir d’un bon parcours ont masqué des crises pourtant profondes. Pendant que les Léopards avançaient dans la compétition, beaucoup de Congolais avaient le sentiment que le pays allait mieux, au moins dans les cœurs et dans les esprits.
Mais le mardi 6 janvier 2026, la défaite face à l’Algérie a mis fin à cette parenthèse enchantée. Le rêve s’est arrêté brusquement. Avec ce revers, l’euphorie est retombée et la réalité a repris toute sa place. Les Congolais ont dû, une fois encore, regarder en face les problèmes qui les accompagnent au quotidien.
Le premier de ces problèmes reste l’insécurité. À l’Est du pays, le M23 contrôle encore plusieurs zones du territoire national. Malgré les démarches militaires, politiques et diplomatiques, la situation demeure préoccupante. D’autres groupes armés, comme les ADF, la CODECO ou les Mobondo, continuent également de semer la mort et la peur dans plusieurs régions.
Sur le plan économique, la situation reste difficile. Le dollar a certes baissé face au franc congolais, mais les prix des produits de première nécessité n’ont presque pas changé. Pour la population, la vie reste chère et le pouvoir d’achat demeure faible, loin des espoirs suscités par les moments de fête autour du football.
La crise politique ajoute à ce climat déjà lourd. Les relations entre le pouvoir et l’opposition sont marquées par la méfiance. Par ailleurs, sur le plan économique et social, les agents de l’État réclament leurs salaires et demandent surtout une amélioration de leurs conditions de vie. À cela s’ajoutent les infrastructures en mauvais état, l’accès difficile aux soins de santé et une gratuité de l’enseignement primaire toujours vivement critiquée.
En définitive, la défaite des Léopards face à l’Algérie apparaît comme un rappel brutal à la réalité. Le football a offert une pause, un moment de joie et d’unité. Mais cette parenthèse est désormais refermée. Après l’Algérie, les Congolais redescendent sur terre, conscients que les vrais combats du pays restent à mener, loin des stades et des projecteurs.





