Africa-Press – Congo Kinshasa. Sur la rive, au creux de la vague, dans les abîmes, l’exposition « Voir la mer » du MAIF Social Club vous transporte dans un océan chaviré et sous pression. Vous y observerez des espèces fascinantes, tout droit sorties des abysses. En prêtant cette collection, l’association Bloom nous émerveille et nous sensibilise à ce monde méconnu.
Absence totale de lumière, grand froid, forte pression… Tel est le lot quotidien des espèces abyssales. Adaptées à ces conditions extrêmes, « elles vivent très longtemps, se reproduisent tardivement, et ont des caractéristiques de vie incroyable », s’émerveille Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom. Il cite notamment les cérats, dont les mâles sont des poches à gamètes agrippées à la femelle, servant uniquement d’appendice reproducteur.
Un combat contre la pêche profonde
« Ces espèces sont extrêmement fragiles car elles sont soumises à de nombreuses pressions humaines au premier rang desquelles figure la pêche industrielle », explique Frédéric Le Manach. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’association a été créée par Claire Nouvian, en 2005: faire interdire la pêche profonde. « À l’époque, il y avait par exemple l’armement Scapêche d’Intermarché qui pêchait jusqu’à 1 500 mètres de profondeur. À ces profondeurs-là, on capture de très vieilles espèces, qui poussent très lentement et se reproduisent très tardivement. La moindre pression peut avoir un impact catastrophique sur le renouvellement de ces populations. »
« C’est plus compliqué de sensibiliser sur du poisson que sur des poussins »
En participant à cette exposition au MAIF social Club, Bloom réitère son ambition d’émerveiller par l’intermédiaire de l’art. « Les poissons sont globalement considérés comme des animaux froids, aphones, gluants, qui sentent mauvais… C’est beaucoup plus compliqué de sensibiliser sur du poisson que sur des poussins », explique le directeur scientifique. Le but de cette exposition est clair: « faire prendre conscience de la beauté et de la fragilité de l’océan ».





