Nord-Kivu: Un Mois Sans Internet Dans Trois Zones

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Nord-Kivu: Un Mois Sans Internet Dans Trois Zones
Nord-Kivu: Un Mois Sans Internet Dans Trois Zones

Africa-Press – Congo Kinshasa. Depuis plus d’un mois, les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, dans la province du Nord-Kivu, vivent un isolement numérique quasi total. Placées sous le contrôle du M23/AFC, ces zones sont confrontées à l’arrêt complet des services de télécommunication: internet, appels vocaux et SMS sont indisponibles. Cette coupure prolongée plonge les populations dans une situation critique, affectant profondément la communication, l’économie locale et la vie quotidienne. Pour les habitants, rester connecté relève désormais de la débrouille… et du sacrifice financier.
Se connecter au prix de l’ingéniosité

À Rutshuru, certains habitants tentent de capter un signal en provenance de l’Ouganda en se rapprochant de la frontière. C’est notamment le cas à Bunagana, Kinyandoni ou encore Ngwenda. D’autres ont dû réinventer leur activité pour survivre. Espoir B., ancien gérant de publiphone, a trouvé une alternative: grâce à des cartes SIM ougandaises Airtel et MTN, il partage la connexion captée dans un point précis, facturant 1 000 francs congolais la demi-heure.

Une solution ingénieuse, mais limitée aux zones où le réseau étranger parvient à passer. « Je débourse 1 000 francs congolais et on me connecte au Wi-Fi pour trente minutes », témoigne un résident, sous couvert d’anonymat.

Une économie locale asphyxiée

Pour de nombreux habitants, l’interruption de l’internet signifie tout simplement l’arrêt des activités génératrices de revenus. Simphorien, opérateur de transferts de mobile money, confie son désarroi: « Depuis cette coupure, c’est impossible de travailler ».

Dans une région où les paiements numériques pallient l’absence d’infrastructures bancaires, cette paralysie des services financiers aggrave la précarité de familles déjà fragilisées par l’insécurité.

Des explications partielles, un silence persistant

Le 27 janvier dernier, Vodacom RDC a indiqué que son Centre Technique du Nord-Kivu avait été victime d’une intrusion, entraînant « la perte de la supervision et du contrôle du réseau, incluant les services voix, SMS, internet et M-Pesa ». Les autres opérateurs de téléphonie mobile n’ont, à ce jour, publié aucune communication officielle.

Du côté des autorités mises en place par le M23/AFC, aucune déclaration publique n’a été faite, si ce n’est une source évoquant un éventuel rétablissement « au plus tôt ». Quant au gouvernement congolais, il demeure silencieux sur la situation.

Une crise qui affecte aussi les humanitaires

Même la MONUSCO, pourtant présente sur le terrain, subit les conséquences de cet isolement numérique prolongé. Après plus d’un mois de coupure, l’incertitude reste entière, tandis que les populations et l’économie locale continuent de payer le lourd tribut du manque d’accès aux communications et aux services numériques essentiels.

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