Urgence Humanitaire: Violences Sexuelles Enfants RDC

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Urgence Humanitaire: Violences Sexuelles Enfants RDC
Urgence Humanitaire: Violences Sexuelles Enfants RDC

Africa-Press – Congo Kinshasa. La violence sexuelle continue de frapper de plein fouet les enfants dans les zones affectées par les conflits en République démocratique du Congo, prenant une ampleur préoccupante et révélant les limites persistantes des mécanismes de protection, de soins et de justice. Les dernières analyses font état d’une détérioration rapide de la situation, alors même que les besoins humanitaires augmentent et que les ressources disponibles s’amenuisent.

Des statistiques distinctes validées par les Nations Unies indiquent une recrudescence significative des violences sexuelles à l’encontre des enfants. Après des niveaux déjà critiques en 2022 et 2023, les cas recensés ont connu une hausse d’environ 30 % en 2024. Les premières données disponibles pour l’année 2025 suggèrent une tendance encore plus alarmante: au cours des six premiers mois seulement, le nombre de cas signalés pourrait déjà dépasser 80 % de l’ensemble des cas enregistrés durant toute l’année précédente.

Les répercussions pour les victimes sont profondes et durables. Au-delà des atteintes physiques, notamment les blessures graves, les grossesses précoces ou non désirées et l’exposition accrue au VIH et à d’autres infections sexuellement transmissibles, les survivant(e)s subissent des traumatismes psychologiques majeurs. Anxiété, dépression, stigmatisation et rejet familial figurent parmi les conséquences les plus fréquemment observées. Pourtant, malgré l’ampleur de ces besoins, l’offre de services spécialisés demeure largement insuffisante, en particulier dans les zones reculées et instables.

Face à cette situation, la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, a appelé à une mobilisation immédiate et ferme. Elle a souligné que la lutte contre les violences sexuelles, notamment en contexte de conflit, impose le respect strict du droit international et la fin de l’impunité. Selon elle, les auteurs doivent être poursuivis, tandis que les femmes et les enfants affectés doivent pouvoir bénéficier sans entrave de services de protection, de soins et d’accompagnement adaptés.

En collaboration avec le gouvernement congolais et plusieurs partenaires, l’UNICEF renforce ses interventions en faveur des enfants victimes, en leur facilitant l’accès aux soins médicaux, au soutien psychosocial, aux espaces sécurisés et à une prise en charge centrée sur les besoins des survivants. Entre 2022 et 2024, le nombre d’enfants accompagnés par l’organisation a progressé de 143 %, pour atteindre plus de 24 200 bénéficiaires dans les provinces les plus touchées au cours de l’année 2024.

Malgré ces efforts, l’ampleur de la crise impose une action collective renforcée. L’UNICEF exhorte les autorités nationales, les parties impliquées dans les conflits, les organisations de la société civile ainsi que la communauté internationale à éradiquer toutes les formes de violences sexuelles contre les enfants, à renforcer et adapter les services de prise en charge des violences basées sur le genre, à garantir des enquêtes crédibles et des poursuites judiciaires effectives, et à investir durablement dans la prévention ainsi que dans les mécanismes communautaires de protection.

L’organisation onusienne tire également la sonnette d’alarme face à la chute brutale des financements humanitaires. En raison de l’insécurité persistante et des restrictions budgétaires à l’échelle mondiale, plusieurs espaces sûrs, cliniques mobiles et programmes communautaires ont été contraints de réduire leurs activités, voire de fermer. À la mi-2025, les actions dédiées à la lutte contre les violences basées sur le genre n’étaient financées qu’à hauteur de 23 %, contre 48 % en 2022, exposant ainsi des centaines de milliers d’enfants dont près de 300 000 dans l’est de la RDC à la perte totale d’une assistance essentielle.

Cette crise humanitaire se développe dans un contexte diplomatique marqué par des avancées encore fragiles. Bien que la République démocratique du Congo et le groupe AFC/M23 aient signé, le 19 juillet 2025 à Doha, une déclaration de principes, après un accord de paix conclu entre Kinshasa et Kigali le 27 juin à Washington, les violences continuent dans plusieurs territoires. Sur le terrain, les populations civiles demeurent confrontées à une insécurité persistante et à une incertitude profonde quant à l’avenir.

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