PDCI Soumaïla Bredoumy En Garde À Vue En Côte D’Ivoire

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PDCI Soumaïla Bredoumy En Garde À Vue En Côte D'Ivoire
PDCI Soumaïla Bredoumy En Garde À Vue En Côte D'Ivoire

Par Jeanne Le Bihan (à Abidjan)

Africa-Press – Côte d’Ivoire. De retour à Abidjan après plus de quatre mois passés à Paris, Soumaïla Bredoumy a été aussitôt convoqué par la justice ivoirienne, et placé en garde à vue. Ses avocats demandent sa libération, arguant de son immunité parlementaire.

Une nouvelle arrestation, et non des moindres, a été confirmée par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Porte-parole et secrétaire exécutif adjoint de la formation politique ivoirienne, Soumaïla Bredoumy a été placé en garde à vue le 26 novembre, après avoir été convoqué par le service des enquêtes générales de la préfecture de la police d’Abidjan, à 10 heures.

Soumaïla Bredoumy avait quitté la Côte d’Ivoire pour Paris en juillet 2025, dans un contexte de tensions préélectorales et alors que trois responsables du PDCI venaient d’être placés en garde à vue par la section de recherche de la gendarmerie. Ce proche de Tidjane Thiam avait rejoint ce dernier dans la capitale française, d’où il a continué ses activités à distances jusqu’à l’élection présidentielle.

Onze chefs d’accusation

Le député de Tankessé-Kokomian-Tienkoikro (Tanda, dans l’est du pays), candidat à sa réélection aux élections législatives du 27 décembre, est visé par une longue liste de chefs d’accusation: actes terroristes, appel à l’insurrection, appels à la haine et à la xénophobie, vol, incendie volontaire de biens publics et de biens privés, incitation au meurtre, complot contre l’autorité de l’État, atteinte à la sûreté de l’État et à l’ordre public, incitation à la révolte populaire, inobservation d’une décision de justice ou administrative, et dénonciation calomnieuse.

Soumaïla Bredoumy est arrivé à Abidjan un mois après le scrutin, le 23 novembre. Le surlendemain, il a reçu une convocation, à laquelle il s’est présenté accompagné de ses deux avocats, l’ancien bâtonnier Luc Adjé et Me Jean-Chrysostome Blessy.

« Aussitôt la procédure commencée, nous avons tenu à rappeler que M. Bredoumy était un député de la nation à l’Assemblée nationale, dont la session est en cours, a précisé Me Blessy dans une vidéo publiée le jour même sur les réseaux sociaux. Il ne pouvait donc ni être entendu ni retenu. » La justice ivoirienne argue pourtant du flagrant délit des faits, à la suite desquels Soumaïla Bredoumy se serait aussitôt rendu à l’étranger.

Une mise en garde destinée à Thiam?

L’intéressé a, sur les conseils de ses avocats, décidé de garder le silence avant d’être placé en garde à vue. « Il est poursuivi pour toutes les infractions qui sont dans le Code pénal ivoirien ! On peut aimer ou non Bredoumy, mais c’est un député de la Côte d’Ivoire », ironise Me Blessy.

Ses avocats tentent désormais de faire jouer l’article 68 de la Constitution, selon laquelle « la détention ou la poursuite d’un député est suspendue si l’Assemblée nationale le requiert ».

Faut-il voir dans cette nouvelle arrestation une mise en garde destinée au président du parti, Tidjane Thiam? Si, pour l’heure, aucune procédure judiciaire n’a été engagée à son encontre, le candidat inéligible à l’élection présidentielle n’a pas encore fait son retour en Côte d’Ivoire.

Les chiffres officiels font état de 11 morts, 71 blessés, et de 1 658 interpellations au cours de la période électorale. De nombreux militants et responsables du PDCI et du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), les deux principaux partis d’opposition ayant fait front commun, sont derrière les barreaux.

Source: JeuneAfrique

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