Africa-Press – Côte d’Ivoire. De la sortie d’Abidjan aux villes de l’intérieur, l’état de salubrité le long des axes routiers ivoiriens suscite indignation et incompréhension. Ordures ménagères, déchets plastiques et immondices jonchent les routes nationales et internationales, révélant une défaillance criante des autorités locales et une urgence environnementale à l’échelle nationale.
Le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à travers les discours officiels ou les performances économiques. Il se lit aussi dans l’état de ses rues, de ses routes et de son environnement immédiat. À ce niveau, la Côte d’Ivoire renvoie aujourd’hui une image préoccupante.
En quittant Abidjan pour rallier les villes de l’intérieur, notamment sur l’axe Abidjan–Bondoukou, le constat est sans appel. Dans de nombreuses localités traversées, les abords des routes se sont transformés en véritables dépotoirs à ciel ouvert. Des montagnes d’ordures ménagères, de sachets plastiques et de déchets divers s’étendent parfois sur plusieurs centaines de mètres, offrant aux usagers une vision désolante et indigne d’un pays qui se veut émergent.
À Akoupé, la situation atteint un seuil alarmant. Certaines portions de la voie sont presque impraticables, obstruées par des amas de déchets abandonnés sans le moindre contrôle. Cette insalubrité flagrante, pourtant visible de tous, riverains, voyageurs, autorités administratives, ne semble susciter aucune réaction ferme. Les maires, sous-préfets, préfets et Présidents de conseils régionaux donnent l’impression d’un abandon pur et simple de leurs responsabilités en matière de salubrité publique.
Plus préoccupant encore, alors que cette insalubrité constitue une menace directe pour la santé publique, l’environnement et l’attractivité du pays, les priorités semblent ailleurs. Les forces de l’ordre paraissent davantage mobilisées sur des enjeux politiques ou des querelles partisanes que sur la protection du cadre de vie des populations.
Cette situation interroge sur l’effectivité des politiques publiques de salubrité et sur la capacité des autorités locales à faire respecter les règles élémentaires d’hygiène et d’environnement. L’absence de sanctions contre les contrevenants et le manque de campagnes de sensibilisation renforcent un sentiment d’impunité et de résignation.
Pourtant, aucun pays ne peut prétendre à un développement durable sans une politique rigoureuse de gestion des déchets, une éducation citoyenne continue et des mesures coercitives appliquées sans complaisance. La Côte d’Ivoire a besoin d’un environnement propre, respecté et protégé pour redevenir une nation qui inspire confiance, fierté et admiration.
La lutte contre l’insalubrité ne doit plus être reléguée au second plan. Elle constitue une exigence de gouvernance, de civisme et de respect envers les générations présentes et futures. Il y va de l’image du pays, de la santé de ses citoyens et de la crédibilité de ses institutions.
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