Perspectives Positives des Banques Africaines pour 2026

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Perspectives Positives des Banques Africaines pour 2026
Perspectives Positives des Banques Africaines pour 2026

Walid Kéfi

Edité par : Feriol Bewa

Africa-Press – Côte d’Ivoire. S&P souligne que la qualité des actifs des banques africaines devrait se stabiliser ou s’améliorer modérément, grâce notamment à l’amélioration de la capacité des ménages à rembourser leurs dettes, dans un contexte de baisse de l’inflation et des taux.

Les perspectives des banques africaines restent globalement positives pour l’année 2026, grâce à des conditions économiques et financières favorables à la croissance des prêts et à l’amélioration de la qualité des actifs dans la plupart des pays du continent, estime l’agence de notation S&P Global Ratings dans un rapport publié le lundi 2 février.

Intitulée « Africa Banking Outlook 2026: favorable conditions support loan growth and asset quality », cette analyse table sur une amélioration de la croissance économique dans la majorité des cinq pays où opèrent les 22 banques notées par l’agence. Une croissance robuste est ainsi attendue en Égypte, au Maroc et au Nigeria, tandis qu’une légère reprise est prévue en Afrique du Sud, sous l’effet d’une bonne dynamique des réformes économiques, de l’augmentation des investissements dans les infrastructures et de la hausse de la consommation. En revanche, l’absence de réformes économiques substantielles assombrit les perspectives de l’économie tunisienne.

Plus généralement, le risque géopolitique, qui constitue un risque majeur pour les conditions de crédit des marchés émergents, n’a pas eu d’incidence significative sur les performances macroéconomiques des pays africains. Ceux-ci restent cependant vulnérables aux tensions géopolitiques qui pourraient perturber les routes commerciales, affecter les prix des matières premières et nuire à la confiance des investisseurs ou des consommateurs.

Des marges contrastées, mais des fondamentaux bancaires solides

L’agence de notation s’attend d’autre part à ce que les banques africaines atténuent l’impact négatif de la baisse des taux d’intérêt grâce à la croissance des volumes des prêts et à la diminution des pertes sur créances. La diversification des modèles économiques contribuera aussi à stabiliser la rentabilité des banques sud-africaines.

Alors que les dépôts des clients devraient rester la principale source de financement des banques, S&P Global Ratings s’attend à ce que la rentabilité de ces dernières varie selon les pays. Elle estime ainsi que les banques marocaines et sud-africaines afficheront une rentabilité résiliente, soutenue par des volumes plus élevés et une baisse du coût du risque qui compenseront la normalisation des gains issus des activités de marché au Maroc et le recul des marges en Afrique du Sud.

À l’inverse, une forte baisse des taux d’intérêt prévisible au Nigeria et en Égypte dans un contexte de repli de l’inflation, entraînera un déclin progressif de la rentabilité des banques, qui sera partiellement atténué par la diminution des pertes sur créances. Les banques tunisiennes continueront quant à elles d’afficher une rentabilité relativement stable, malgré les obstacles que constituent les inefficacités structurelles et le coût du risque qui reste élevé.

Sur un autre volet, la qualité des actifs des banques africaines devrait se stabiliser ou s’améliorer modérément. La baisse de l’inflation et des taux d’intérêt stimulera le revenu disponible des ménages et leur capacité à rembourser leurs dettes. La qualité des actifs des banques nigérianes demeure vulnérable à la volatilité des prix de l’énergie et des devises, puisque 50 % des prêts sont libellés en devises étrangères et environ un tiers sont exposés au secteur des hydrocarbures.

Les banques marocaines et tunisiennes affichent des taux de prêts non performants (NPL) plus élevés que leurs homologues, en grande partie en raison d’un héritage de prêts problématiques. De plus, les réformes réglementaires progressent lentement dans ces deux pays, ce qui entrave les efforts visant à assainir les créances douteuses. À titre d’exemple, le Maroc ne dispose pas de marché secondaire pour les prêts non performants, et la Tunisie a besoin d’un cadre plus accommodant pour faciliter des radiations de prêts plus agressives.

Les notes attribuées aux banques africaines couvertes par S&P Global Ratings varient considérablement à travers le continent africain, allant de « BB » pour les grandes banques sud-africaines comme Nedbank et FirstRand, à « CC » pour une petite banque nigériane confrontée à des problèmes de capitalisation (Ecobank Nigeria). Environ 50 % de ces notes sont assorties d’une perspective positive, principalement au Nigeria et en Afrique du Sud. Pour d’autres banques, la perspective stable est souvent le résultat de l’amélioration de leur profil du risque en 2025. S&P a en effet relevé la notation de 10 des 22 banques qu’elle évalue durant l’année écoulée.

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