Espèces marines ayant survécu à l’extinction de masse

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Espèces marines ayant survécu à l'extinction de masse
Espèces marines ayant survécu à l'extinction de masse

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Un gisement découvert dans le sud de la Chine offre aujourd’hui la vision la plus complète des écosystèmes marins qui ont suivi la première extinction de masse de l’histoire animale, survenue il y a environ 513,5 millions d’années lors de l’événement de Sinsk. Le biote de Huayuan éclaire une période longtemps restée invisible du registre fossile, celle de l’immédiat après-crise.

Un foisonnement évolutif brusquement stoppé

La majeure partie de nos connaissances sur l’explosion cambrienne, qui a débuté il y a environ 540 millions d’années, provient de rares gisements comme ceux du Mont Burgess au Canada. Elle est pourtant fondamentale dans l’histoire de la vie sur Terre: c’est une période de changements et d’expérimentations évolutives qui a constitué la base de la plupart des grands groupes d’animaux modernes. La faune de Burgess contient également une quantité de configurations cellulaires énigmatiques et exotiques qui se sont révélées être autant d’essais évolutifs infructueux.

L’événement de Sinsk marque en effet un coup d’arrêt net dans la dynamique de l’explosion cambrienne. Sur le plan biologique, l’événement de Sinsk se traduit par une vague d’extinctions touchant surtout les organismes des eaux peu profondes, avec l’effondrement des récifs d’archéocyathes, des sortes d’éponges, qui structuraient alors les plateaux continentaux. Alimentée par une combinaison de bouleversements tectoniques, de volcanisme, de réchauffement global et d’anoxie marine, cette crise met fin à la phase la plus explosive de la diversification cambrienne et impose de nouvelles contraintes aux écosystèmes marins.

Une diversité préservée

C’est dans ce contexte de crise que s’inscrit le biote de Huayuan, découvert dans une carrière de la province du Hunan et datée d’environ 512 millions d’années. Il s’agit d’un gisement du même type que celui du Mont Burgess qui préserve des organismes à corps mou avec une finesse remarquable. En quatre campagnes de terrain, menées entre 2021 et 2024, les paléontologues chinois ont collecté près de 9000 spécimens, représentant 153 espèces animales réparties dans 16 grands groupes. Près de 60 % de ces espèces étaient jusqu’ici inconnues, comme le révèlent les chercheurs dans la revue Nature.

La richesse de Huayuan ne tient pas seulement au nombre d’espèces, mais à la qualité de leur conservation. Des tissus cellulaires, des systèmes digestifs complets, des structures nerveuses et des appendices délicats sont visibles chez de nombreux fossiles. Les chercheurs y identifient des arthropodes variés, des éponges, des cnidaires, des vers, mais aussi des radiodontes entièrement préservés. Certains membres de ce groupe pouvaient dépasser les deux mètres de longueur: ils furent les premiers super-prédateurs à avoir chassé sur Terre.

Une faune foisonnante dans les eaux profondes

L’analyse comparative de cette faune avec d’autres biotes du Cambrien indique que les milieux profonds ont été moins affectés par l’événement de Sinsk que les environnements côtiers. Alors que les plateformes peu profondes subissent de plein fouet l’anoxie et les variations du niveau marin, les zones plus profondes semblent avoir servi de refuges. Ces milieux auraient permis à des lignées de survivre, de se diversifier et, dans certains cas, d’innover, avant de recoloniser ultérieurement les habitats côtiers.

En comblant l’intervalle entre les faunes antérieures et postérieures à l’événement de Sinsk, le biote de Huayuan permet de comprendre que la première extinction du Cambrien a été un phénomène contrasté, spatialement différencié, où la profondeur des océans joue un rôle clé.

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