Le premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été marqué par une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel. Réunis à Abidjan les 14 et 15 mai, les congressistes ont salué une initiative présentée comme « une planche de salut » pour l’Afrique, tout en défendant un discours panafricaniste centré sur la souveraineté des États africains.
« Le congrès apporte son soutien sans faille aux peuples de l’AES et à ses dirigeants et les exhorte à persévérer dans cette voie », a affirmé Aka Emmanuel, président de la table de séance, lors de la lecture de la motion, sous le regard attentif de Laurent Gbagbo.
Dans cette note, le parti estime que « le panafricanisme » repose sur « le rejet de toutes les formes d’asservissement des peuples africains » ainsi que sur « la réaffirmation de la souveraineté de l’Afrique ».
Les congressistes ont dénoncé « avec fermeté » toutes les actions terroristes dans l’AES qu’ils estiment « fomentées par les puissances impérialistes qui se sentent menacées par une volonté pour les Africains de s’approprier leur propre destin ».
Laurent Gbagbo reconduit
Alors qu’il avait annoncé sa volonté de se mettre en retrait de son parti, le président Laurent Gbagbo a été reconduit à l’unanimité à la tête du PPA-CI lors de la première journée du congrès.
Pour les militants, cette reconduction reste essentielle. « C’est très salutaire pour nous que Laurent Gbagbo soit encore là parce que le président Laurent Gbagbo incarne beaucoup de valeurs. Depuis son plus jeune âge, il se bat pour la liberté et la souveraineté et c’est ce que nous voulons », explique Yapo Anderson Didier, secrétaire national régional du PPA-CI dans la région de la Mé.
Un autre point majeur de ce congrès est la radiation de trois membres du parti : Ferdinand Ahilé, Stéphane Kipré et Ahoua Don Mello, ex-candidat à la présidentielle, pour « indiscipline caractérisée ».
Un bilan contrasté après cinq ans d’existence
Après cinq années d’existence, le parti dresse un bilan jugé « contrasté » par certains cadres du parti. Selon le premier vice-président du congrès, Kety Lanciné Soumahoro, le parti regrette la non-participation aux élections présidentielle et législatives, une situation qu’il attribue au régime d’Abidjan.
« Le bilan est mitigé. Il y a des difficultés, mais nous ne nous décourageons pas. Ce congrès nous donne les moyens de continuer la lutte », a-t-il déclaré.
Le samedi, le président Laurent Gbagbo va dérouler ses nouvelles orientations lors de la fête de la renaissance.
