Que Cherche la Corée du Sud en Afrique?

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Que Cherche la Corée du Sud en Afrique?
Que Cherche la Corée du Sud en Afrique?

Africa-Press – Côte d’Ivoire. La Corée du Sud a accueilli les lundi et mardi derniers la première réunion ministérielle conjointe avec les pays du continent africain, avec la participation de ministres des affaires étrangères et de chefs de délégation de 50 pays sur 54 membres de l’Union africaine, ainsi que des représentants de quatre organisations régionales, dont l’Union africaine et la Banque africaine de développement.

La réunion s’est tenue sous le slogan « Partenariat pour une réponse commune aux défis mondiaux à l’ère de la transformation », et a été ouverte par le ministre des affaires étrangères de Corée du Sud, Cho Hyun, qui a souligné les transformations rapides dans le système international, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des préoccupations concernant la sécurité alimentaire et énergétique.

Cho Hyun a déclaré que « l’instabilité persistante au Moyen-Orient et l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz rendent l’importance géopolitique et économique de l’Afrique plus évidente que jamais », ajoutant que la coopération étroite entre Séoul et les pays africains est devenue une nécessité urgente.

Le ministre coréen a décrit l’Afrique comme le continent de l’avenir, s’appuyant sur trois éléments: sa puissance démographique représentée par sa jeunesse, sa position stratégique à la croisée des chemins maritimes entre les océans Atlantique et Indien et le golfe d’Aden, et ses énormes réserves de minéraux critiques.

La réunion a accordé une importance primordiale au dossier des minéraux critiques utilisés dans les centres de données d’intelligence artificielle, l’industrie automobile électrique et les batteries, les participants s’étant mis d’accord pour renforcer la stabilité des chaînes d’approvisionnement de ces minéraux tout en veillant à accroître la valeur ajoutée locale dans les pays africains, avec un engagement envers des normes environnementales, des normes de travail et de transparence.

Il a été annoncé que les consultations se poursuivraient concernant la tenue du « Deuxième dialogue Corée-Afrique sur les minéraux critiques », une étape qui reflète un changement stratégique notable dans les orientations de Séoul vers le continent, passant d’un modèle d’aide au développement à un modèle de partenariat économique mutuel.

Ce qui a été établi lors du premier sommet

Cette réunion fait suite au sommet Corée-Afrique qui s’est tenu en 2024, où Séoul s’était engagé à financer 14 milliards de dollars pour soutenir les entreprises coréennes investissant sur le continent et à augmenter ses contributions à l’aide au développement officiel à 10 milliards de dollars d’ici 2030. Des accords avaient également été signés pour renforcer le commerce et l’investissement avec huit pays africains, ainsi que des contrats spécifiques concernant les minéraux stratégiques avec la Tanzanie et Madagascar.

En marge de la réunion ministérielle, le ministre des affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, vice-président par intérim de l’Union africaine, a souligné la nécessité d’élever les relations coréo-africaines au-delà de la coopération au développement traditionnel vers un partenariat économique plus profond.

Un deuxième sommet à l’horizon

Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a exprimé son souhait d’organiser un deuxième sommet Corée-Afrique d’ici 2029, ce qui reflète une tendance vers l’établissement d’un cadre de coopération régulier avec le continent, à l’instar des modèles établis par d’autres puissances comme la Chine, l’Union européenne et la Russie. En marge de la réunion, le président coréen a rencontré plus de vingt délégations ministérielles africaines.

Les participants au Forum Corée-Afrique des affaires, qui a réuni des responsables gouvernementaux, des hommes d’affaires et des experts, ont insisté sur la nécessité de traduire l’élan diplomatique en partenariats commerciaux et d’investissement concrets, dans un contexte d’intérêt international croissant pour le continent, en tirant parti de ses marchés de consommation en expansion et de ses réserves de minéraux stratégiques.

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