Gbagbo sèche les larmes de ses partisans Wê sortis meurtris des guerres de 2002 et 2010/11

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Côte-d’Ivoire: Gbagbo sèche les larmes de ses partisans Wê sortis meurtris des guerres de 2002 et 2010/11
Côte-d’Ivoire: Gbagbo sèche les larmes de ses partisans Wê sortis meurtris des guerres de 2002 et 2010/11

Africa-PressCôte d’Ivoire. Le président Laurent Gbagbo a reçu le peuple WÊ ce weekend à Mama dans une ambiance exceptionnelle marquée d’émotions, d’actions symboliques et historiques.

Ils attendaient ces moments et lui aussi. C’est désormais chose faite.

La prochaine étape entre eux sera sa visite dans les régions du Guémon et du Cavally que les cadres s’attelleront à préparer. En attendant, c’est soulagés, apaisés, guéris qu’ils sont tous rentrés chez eux et garderont ces instants gravés dans leur mémoire.

Ce que Gbagbo a dit au Wê

Chers amis, je voudrais d’abord saluer les chefs de village qui sont là. Nous sommes à Mama et

Mama est un petit village. Nous faisons partie d’un ensemble de 7 villages et chaque fois qu’il y a une

circonstance, nous nous réunissons tous ensemble. Nous sommes les Blouga. Je voudrais saluer tous

les chefs de ces villages qui sont réunis et à qui j’impose toujours des sacrifices parce que quand je

suis là, il y a des gens qui viennent. Ayahooo, Ayahooo. Je voudrais aussi saluer les chefs de terre.

Mais aujourd’hui, c’est le jour tant attendu. C’est la visite des Wê. Je vous salue ! Moi j’en ai une à la

maison, c’est Viviane. J’en ai une qui est en permanence à la maison, c’est la femme de mon fils donc

j’ai du Wê chez moi. Mais vous tous, du Guemon et du Cavally, je suis heureux de vous voir mais

avant de parler, compte tenu de ce que vous avez souffert, je demande que nous nous levons tous

pour observer une minute de silence, en mémoire de tous ceux qui sont morts. (1 minute observée)

Je vous remercie !

Vous savez, ce pays wê est un pays martyre. En 2005 déjà, quand j’étais aux affaires, j’étais en Angola, je partais pour le Rwanda, quand on m’a annoncé que

des massacres avaient eu lieu à Duékoué. Je suis revenu, j’ai été obligé de prendre des mesures

exceptionnelles : J’ai nommé une administration militaire à Duékoué, Guiglo, Taï, Bloléquin pour que

la force s’oppose à la force. J’ai mis à la disposition des administrateurs militaires, les éléments de la

gendarmerie de Toroguhé et j’ai nommé au dessus d’eux tous un administrateur militaire, qui était

d’ailleurs un wê, fils du pays. Ça a eu le temps de calmer les choses. C’est en imitation à cette

administration militarisée que j’ai créé, à Abidjan, le CECOS que j’avais confié à Guiai BI Poin parce

qu’il était Directeur de l’Ecole de Gendarmerie et donc il disposait d’hommes, de troupes, pour faire

face à la délinquance à Abidjan. Après ça, il y a eu les événements de 2010-2011 où ce peuple là

encore a payé un grand prix. Des morts, des morts, des morts. Ce que nous devons rechercher , c’est

la fin de ce cycle de morts politiques. On doit pouvoir faire la politique sans qu’il n’y ait de morts.

C’est pourtant facile à comprendre mais beaucoup ne le comprennent pas. Le coûte que coûte

n’existe pas en politique. Et ce n’est pas une question de partis politiques. Nous sommes ici

aujourd’hui, il y a des amis, des camarades du PDCI-RDA avec nous, et puis dans cette vaste

assemblée, je suis sûr qu’il y a du tout. Donc ce n’est pas une question de partis politiques, c’est une

question d’abandonner l’idée du coûte que coûte. Il faut abandonner l’idée du coûte que coûte. Si on

ne m’a pas élu, on ne m’a pas élu ! Si on m’a élu, on m’a élu ! Mais si on a élu l’autre, il faut que je

sache qu’on a élu l’autre ! Oulaye Hubert, je vous avais demandé de faire des études sur tout ce qui

est arrivé dans le pays wê, continuez à aller jusqu’au bout ! Allez jusqu’ au bout ! Je le demande, ce

n’est pas parce que les wê sont mes parents, mais c’est parce que c’est la Côte d’Ivoire et tout ce qui

arrive en Côte d’Ivoire, on doit savoir pourquoi cela est arrivé.

Dans le livre que j’ai publié en 1983,

j’ai expliqué pourquoi il y avait eu le problème du Sanwi, j’ai expliqué pourquoi il y’avait eu le

problème du Guébié, j’ai expliqué pourquoi à Séguéla, il y avait eu le problème de Sekou Sanogo,

parce que quand on n’explique pas pourquoi il y a des morts quelque part, on ne peut pas arrêter le

cycle de violence qui entraîne les morts. Donc il faut réfléchir, il faut étudier, toujours étudier et

encore étudier. Peuple wê, Yako ! Yako mes parents ! Yako mes pères ! Yako mes sœurs ! Je vous

salue ! Mais les solutions sont encore devant, il faut qu’on cherche les solutions et qu’on les trouve. Il

faut qu’on les cherche et qu’on les trouve. Il ne suffit pas de dire, Oui nous les wê on nous a tué, non,

non non non. Un être humain qu’on tue, on doit expliquer pourquoi on l’a tué. On doit expliquer

pourquoi on l’a tué, pourquoi il est mort. Donc je vous salue pour votre bravoure. Je vous salue tout

simplement parce que vous êtes venus me saluer mais vous vous êtes dans votre rôle de parents,

moi mon rôle d’homme politique c’est de chercher ce qui nous fait agir, ce qui fait que les hommes

posent des actes graves. Pourquoi ? Pour un poste ? Je vais faire tuer ! Pourquoi ? Ce pourquoi là doit

trouver explications.

Pour le moment, nous n’avons que nos larmes pour pleurer, nos yeux pour

pleurer, mais on ne va pas passer toute la vie à pleurer. À un moment donné, il faut que ça s’arrête.

J’appelle tout le monde à prendre son sang froid et à s’asseoir et à réfléchir. Moi un moment, je me

suis dit, les Wê ont beaucoup de forêts donc les gens vont les attaquer pour prendre leurs forêts.

Pour prendre les caféiers, les cacaoyers, donc les gens les attaquent. Peut être que c’est ce qui

explique ça. Mais si c’est ça c’est grave ! Si c’est ça, c’est grave, il faut encore réfléchir. Et je continue

de réfléchir.

Il y a un prêtre qui est originaire de Duékoué, je ne sais pas si quelqu’un se souvient de lui, Doué Bertin. C’est un monsieur qui est très brave. J’étais au

séminaire avec lui. Lui il revenait de la guerre d’Algérie et quand il est arrivé en Côte d’Ivoire, il avait

une seule idée, il voulait être Prêtre. Il était âgé et on lui a demandé s’il voulait être prêtre, il a dit

Oui. Et il a repris ses études du Cours Élémentaire jusqu’au Grand Séminaire. Et je l’ai perdu de vue

puisque moi, j’avais quitté le séminaire. Un jour, je faisais une tournée politique et puis je le retrouve

avec sa soutane. Nous étions tellement heureux. Si vous partez, dites-lui que je le salue et que j’ai les

meilleurs souvenirs de lui, parce que chaque fois, en prison à la Haye ou en Belgique, je voyais les

images des tueries de Duékoué, je le voyais, il était toujours là en train de chercher à dégager les

morts, à repérer les puits où les gens avaient jeté les corps. Il a beaucoup fait pour que les morts

aient une sépulture. Bertin, dites-lui que je le salue et que je garde de très bons souvenirs de lui. Je

l’ai vu à l’œuvre, marchant de fosses communes à fosses communes, je l’ai vu secourir les gens.

Et

puis, peuple wê, vous avez une grande richesse, la forêt. Et quand je suis allé en 2005, j’ai été ahuri

de voir le nombre d’allochtones et d’étrangers qui étaient dans ces forêts. Parce qu’on les avait sorti

pour les regrouper à la Préfecture, à la Mairie. J’étais étonné. Hubert, il faut continuer de creuser.

Chers frères, cheres sœurs, la route est longue, je suis heureux de vous voir. Mais je suis aussi obligé

de tenir compte du fait que la route est longue. Vous avez un fleuve à traverser, heureusement qu’il

ya des ponts maintenant (rires). Je me dois de vous libérer pour que vous puissiez partir le plus tôt

possible pour arriver dans vos villages le plus tôt possible. Je salue tous ceux qui ne sont pas venus,

qui auraient voulu venir mais qui n’ont pas eu les moyens. Et puis je salue aussi tous ceux à qui on a

dit de ne pas venir parce que ça allait faire trop de monde (rires). Et vous êtes venus voir si c’est

effectivement moi qui suis venu, c’est bien moi qui suis venu (Applaudissements). Vous m »avez vu, je

vous ai vu, mais vous m’avez fait beaucoup de dons. On dit jamais qu’il ya trop de dons parce que les

biens qu’on vous offre sont toujours les biens de DIEU. Donc on dit jamais qu’il ya trop de dons mais

vous m’avez fait beaucoup de dons. Je vous remercie ! Ya viande, le riz, même la sauce vous m’avez

donné. Les béliers, tout ça !

Mes Chefs, kiffy, on va manger hein (rires), tout ça on va manger (rires).

Ils nous ont apporté à manger, merci beaucoup, merci beaucoup ! Je voudrais saluer tous les alliés

surtout ceux du PDCI qui sont avec nous. Dites mes Merci au Président BÉDIÉ. Il ya des fois où on est

là et puis dans nos régions, on dit lui là il est FPI, lui là il est PDCI hein, il est trop brave mais or nos

parents sont tous les mêmes, nos coutumes sont les mêmes. On peut même s’asseoir, tu peux lui

dire, allons tu vas m’accompagner au bandji, il va croire que tu veux l’empoisonner, il va croire que tu

vas l’empoisonner or c’est autour du bandji que vous pourrez discuter des différends donc je vous

remercie d’être venus. Je remercie aussi tous les miens, tous mes frères, tous mes camarades qui

sont venus, tous les bétés qui sont venus des 7 villages de Blouga et même d’ailleurs qui sont venus

m’aider à accueillir mes étrangers. Je voudrais les remercier aussi. Ayahoo, Ayahoo et vous, que DIEU

vous bénisse ! Les Wê, que DIEU vous bénisse ! Que DIEU vous garde en vie ! Que DIEU vous

raccompagne dans vos villages tranquillement et que chacun dorme chez lui ce soir paisiblement ! Je

 

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